Un test positif, une toux inhabituelle, une fièvre qui grimpe… et tout de suite, une question s’impose : qu’est-ce que cela change pendant la grossesse ? Le COVID grossesse continue d’interroger, parce que la grossesse transforme le corps (souffle, circulation, immunité) et parce que les décisions se prennent parfois vite : surveiller à la maison ou consulter, maintenir une échographie ou la décaler, accepter un traitement ou attendre. L’objectif est de comprendre les risques réels, d’identifier les signaux d’alerte, et d’avancer avec un plan clair.
COVID grossesse : de quoi parle-t-on exactement ?
Définition, transmission et spectre des formes
Le COVID-19 est une infection due au virus SARS‑CoV‑2. Le COVID grossesse n’est pas une maladie différente, mais le contexte physiologique modifie parfois l’évolution.
La transmission se fait surtout par l’air (aérosols) et les gouttelettes lors de contacts rapprochés, en particulier en intérieur peu ventilé. Les formes possibles sont très variées :
- asymptomatique (test positif sans signe),
- légère (rhume, toux, mal de gorge, fatigue),
- modérée (fièvre marquée, gêne respiratoire, grande asthénie),
- sévère (atteinte pulmonaire avec besoin d’oxygène),
- critique (détresse respiratoire, soins intensifs).
Pendant le COVID grossesse, beaucoup de femmes enceintes présentent une forme légère, avec fièvre, toux, courbatures, céphalées, parfois perte de l’odorat ou du goût. Une minorité évolue vers une forme plus sévère, surtout si des facteurs de risque s’ajoutent.
Pourquoi la grossesse peut augmenter le risque (immunité, respiration, cœur)
La grossesse entraîne des ajustements normaux, très bien orchestrés… mais qui peuvent réduire les marges de manœuvre en cas d’infection respiratoire.
- Immunité modulée : la réponse immunitaire se rééquilibre pour tolérer le fœtus. Cela ne veut pas dire « défenses à zéro », mais une réponse parfois différente face à certains virus.
- Respiration : l’utérus qui grandit modifie la mécanique ventilatoire. Une atteinte pulmonaire peut devenir gênante plus rapidement.
- Système cardiovasculaire : le volume sanguin augmente, le cœur travaille davantage. Si l’oxygénation baisse, la compensation peut être plus difficile.
À cela s’ajoute un point important pour le COVID grossesse : la grossesse est déjà un état pro‑coagulant, et le COVID peut amplifier cette tendance, surtout dans les formes modérées à sévères.
Facteurs qui modulent le risque (terrain, trimestre, comorbidités)
Toutes les grossesses ne se ressemblent pas. Le risque de complication pendant un COVID grossesse dépend surtout du terrain et du terme.
Facteurs souvent associés à une évolution plus compliquée :
- obésité,
- diabète (préexistant ou gestationnel),
- hypertension artérielle,
- maladie cardiovasculaire,
- pathologie respiratoire chronique.
Le troisième trimestre apparaît plus souvent associé aux formes sévères : la charge respiratoire et cardiovasculaire y est maximale.
COVID grossesse : risques et évolution chez la future maman
Symptômes fréquents et évolution habituelle
Le plus souvent, le COVID grossesse évolue favorablement : repos, hydratation, traitement symptomatique, et amélioration progressive. Une fatigue prolongée peut persister, avec parfois une récupération par paliers.
Signes d’alerte : quand demander une évaluation rapide ?
Vous vous demandez peut‑être : « À partir de quand ce n’est plus un simple virus ? » Quelques signaux doivent faire consulter sans tarder :
- essoufflement qui s’intensifie rapidement,
- difficulté à parler en phrases complètes,
- douleur ou oppression thoracique,
- malaise important, confusion,
- incapacité à s’hydrater, vomissements répétés,
- fièvre persistante mal tolérée,
- impression de dégradation rapide.
Un oxymètre de pouls peut aider à transmettre une information objective à l’équipe soignante, mais il ne remplace pas l’examen clinique.
Risque de formes sévères : ce que montrent certaines données
Le COVID grossesse expose, en moyenne, à un risque plus élevé de forme sévère que celui des femmes non enceintes du même âge, surtout en présence de facteurs de risque.
Dans une cohorte française de femmes enceintes symptomatiques, 15,1 % ont nécessité une oxygénothérapie et 5,7 % une ventilation invasive ou une ECMO. Les proportions varient selon la période (variants), la prise en charge et le niveau de protection vaccinale.
Thrombose : pourquoi l’équipe y pense vite
La grossesse augmente naturellement la coagulation pour limiter les hémorragies au moment de l’accouchement. Le COVID peut, lui aussi, favoriser l’inflammation vasculaire et la formation de caillots.
Conséquence pratique : lors d’un COVID grossesse modéré à sévère, ou en cas d’immobilisation, l’équipe évalue le risque thromboembolique. En cas d’hospitalisation, une thromboprophylaxie par héparine (prévention des caillots) peut être proposée selon les protocoles et votre profil.
Complications obstétricales possibles (dont prééclampsie)
Quand l’infection est plus sévère, les études retrouvent une augmentation du risque de complications obstétricales, notamment :
- prééclampsie (hypertension et atteinte d’organe liée à la grossesse),
- prématurité (souvent indirecte, liée à l’état maternel),
- plus rarement, retentissement sur la croissance fœtale.
Cela ne signifie pas que ces complications vont survenir. Cela signifie que le suivi devient plus vigilant.
COVID grossesse : conséquences possibles sur la grossesse et l’accouchement
Prématurité : un risque surtout lié à la gravité maternelle
Le risque d’accouchement prématuré est surtout augmenté quand le COVID grossesse est sévère : inflammation, altération de l’état général, complications obstétricales, ou décision médicale pour protéger la mère et le bébé.
Suivi obstétrical : domicile ou hôpital ?
Forme légère, état général stable, respiration correcte : un suivi à domicile est souvent possible, avec consignes de surveillance et points réguliers. La téléconsultation peut aider, surtout si l’isolement complique les déplacements.
Forme modérée à sévère (gêne respiratoire, déshydratation, fièvre persistante, facteurs de risque) : une évaluation en présentiel est préférable, et une hospitalisation peut être nécessaire.
Selon les situations, un renforcement de la surveillance fœtale peut être proposé (par exemple échographies de croissance), en adaptant au terme, à la sévérité et au contexte.
Voie basse ou césarienne : ce qui décide réellement
Un test positif n’impose pas, à lui seul, une césarienne. La voie basse reste l’option de référence si l’état maternel et fœtal le permet.
La césarienne se discute :
- pour des indications obstétricales habituelles (souffrance fœtale, présentation, antécédents…),
- ou si l’état respiratoire maternel nécessite une stratégie différente.
Arrivée à la maternité : dépistage, précautions, partenaire
Selon l’organisation, un dépistage peut être proposé à l’arrivée. Des mesures simples protègent tout le monde : masque si symptômes, hygiène des mains, circuit adapté.
La présence du partenaire est souvent possible sous conditions (absence de symptômes, consignes locales). Les règles évoluent selon la situation épidémique : un appel à la maternité évite les mauvaises surprises.
COVID grossesse : risques pour le bébé et transmission mère–enfant
Effets possibles sur le fœtus : surtout indirects
Les données disponibles ne montrent pas d’augmentation nette du risque de malformations liée à l’infection maternelle. Le retentissement pour le bébé est surtout indirect : si la mère fait une forme sévère, la prématurité devient plus probable, avec ses conséquences néonatales.
Transmission verticale (placenta) : rare
La transmission verticale via le placenta paraît rare. Des cas ont été décrits, la recherche progresse, mais la majorité des nouveau-nés de mères infectées ne présentent pas d’infection prouvée à la naissance.
Transmission après la naissance : là où la prévention est la plus utile
Après l’accouchement, la transmission se fait surtout par contact étroit. En cas de COVID grossesse en fin de terme ou de COVID en post-partum, les gestes efficaces restent accessibles :
- lavage des mains avant de prendre le bébé,
- port du masque si toux ou contagiosité,
- aération,
- limitation des visites symptomatiques.
Risques néonataux immédiats
Quand un nouveau-né va moins bien, c’est le plus souvent en lien avec la prématurité ou l’adaptation respiratoire du début de vie, plutôt qu’une infection sévère directement attribuée au SARS‑CoV‑2.
La maternité peut proposer un dépistage du bébé et ajuster la surveillance selon l’état clinique et les protocoles locaux.
À long terme : ce qui est connu, ce qui reste à préciser
Le recul continue de s’accumuler. À ce jour, il n’existe pas de conclusion ferme indiquant un impact développemental spécifique d’une exposition prénatale au SARS‑CoV‑2. Le suivi pédiatrique habituel reste essentiel, d’autant plus si la naissance a eu lieu avant terme.
Vaccin et COVID grossesse : sécurité, bénéfices, moments clés
Vaccins à ARNm : sécurité pendant la grossesse
Les vaccins à ARNm sont considérés comme sûrs pendant la grossesse. Une grande cohorte (plus de 500 000 nouveau-nés) n’a pas retrouvé d’augmentation du risque de malformations congénitales majeures après exposition au premier trimestre : odds ratio pondéré 0,98 (IC 95 % 0,93–1,04).
Autrement dit : pas de signal inquiétant détecté dans ces données.
Vaccination et projet de grossesse : fertilité
Les données disponibles ne montrent pas d’effet négatif de la vaccination sur la fertilité. Se faire vacciner avant la grossesse permet d’aborder le terme avec une protection déjà en place, particulièrement utile en cas de comorbidités.
Bénéfices : moins de formes graves, moins de complications associées
Le bénéfice majeur pendant un COVID grossesse est la réduction du risque de forme sévère et d’hospitalisation. En diminuant ces formes, on diminue aussi le risque de complications obstétricales liées aux infections importantes (dont prématurité et prééclampsie).
Anticorps : placenta et lait maternel
La vaccination maternelle induit des anticorps pouvant traverser le placenta (protection passive du nouveau-né) et présents dans le lait maternel, participant à une protection immunitaire du nourrisson.
Vaccination et allaitement
La vaccination est compatible avec l’allaitement. Allaiter après vaccination est possible, et l’allaitement conserve ses bénéfices habituels.
COVID grossesse : que faire si le test est positif ?
Diagnostic, isolement et gestes réalistes à la maison
En cas de symptômes, un test (PCR ou antigénique selon le contexte) confirme le diagnostic. Prévenez rapidement votre sage-femme, votre obstétricien ou la maternité : le suivi s’adapte mieux quand l’équipe est informée tôt.
À la maison, l’objectif est de réduire la transmission sans épuiser toute la famille :
- aérer fréquemment,
- hygiène des mains avant de s’occuper des enfants,
- masque dans les espaces partagés si vous êtes contagieuse,
- éviter le partage de verres et couverts,
- nettoyer les surfaces souvent touchées.
Traitement symptomatique : fièvre, douleurs, hydratation
Le traitement vise à vous soulager et à éviter déshydratation et épuisement : repos, boissons régulières, et paracétamol en première intention pour la fièvre et les douleurs (en respectant les doses validées par votre professionnel de santé).
Antiviraux : discussion au cas par cas
Selon le terme, les facteurs de risque et la sévérité, un antiviral peut être discuté précocement après le début des symptômes. Par exemple, nirmatrelvir/ritonavir peut être utilisé dans certains contextes chez des personnes à risque de progression, mais la décision dépend des contre-indications et des interactions médicamenteuses. L’équipe pèse le bénéfice attendu et les précautions.
Suivi prénatal : maintenir les rendez-vous importants
Les examens essentiels de grossesse ne doivent pas disparaître du calendrier. Une partie du suivi peut se faire à distance, mais les échographies et bilans nécessaires restent programmés.
Après un COVID grossesse, une surveillance obstétricale renforcée peut être proposée (notamment croissance fœtale), en fonction de la sévérité.
Stress et santé mentale : quand en parler ?
Un COVID grossesse peut réveiller des peurs très concrètes : respiration, bébé, accouchement, organisation à la maison. Si l’anxiété devient envahissante (insomnies, ruminations, attaques de panique), en parler tôt aide souvent : la sage-femme, le médecin traitant ou l’équipe de maternité peuvent proposer un soutien adapté.
Variants et recommandations : pourquoi les consignes changent
Variants : transmissibilité et sévérité peuvent évoluer
Les variants modifient parfois la contagiosité, le risque de formes sévères et la capacité d’échappement immunitaire. Delta a été associé à davantage de formes graves que certaines souches antérieures. Omicron est très contagieux , des formes sévères restent possibles pendant la grossesse, surtout avec facteurs de risque.
La vaccination et les rappels conservent un intérêt majeur pour limiter les formes graves, même si la protection contre l’infection peut diminuer.
S’appuyer sur les recommandations locales actualisées
Indications de dépistage, accès aux antiviraux, règles de présence du partenaire, circuits de maternité : tout cela évolue. Se fier aux consignes récentes de votre maternité et de votre équipe de suivi permet de garder une trajectoire claire.
À retenir
- Le COVID grossesse peut être léger, mais la grossesse réduit parfois les marges respiratoires et augmente le risque de forme sévère, surtout au 3e trimestre et en cas de comorbidités.
- Signes d’alerte : essoufflement qui s’aggrave, douleur thoracique, dégradation rapide, impossibilité de s’hydrater, malaise important.
- Dans une cohorte française de femmes enceintes symptomatiques, 15,1 % ont eu besoin d’oxygène et 5,7 % d’une ventilation invasive ou ECMO (données variables selon périodes et variants).
- La transmission placentaire semble rare , après la naissance, la prévention repose surtout sur hygiène des mains, masque si contagieuse, aération, limitation des contacts symptomatiques.
- La vaccination à ARNm est considérée comme sûre pendant la grossesse et l’allaitement, sans augmentation observée des malformations congénitales majeures.
- Si test positif : soulager les symptômes, surveiller les signes d’alerte, maintenir le suivi prénatal, et discuter d’éventuels traitements au cas par cas.
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Les questions des parents
Le COVID peut‑il être transmis via le lait maternel ?
Rassurez‑vous : les études montrent que la présence d’ARN viral dans le lait est rare et que la transmission infectieuse par le lait n’est pas démontrée. En revanche, des anticorps protecteurs sont souvent retrouvés dans le lait après infection ou vaccination. Allaiter reste possible et bénéfique, en adoptant des gestes simples (hygiène des mains, masque si vous toussez) si vous êtes contagieuse. En cas de forme sévère, l’équipe vous aidera à trouver la meilleure organisation.
Dois‑je faire des tests COVID lors des visites prénatales ou avant l’accouchement ?
La pratique varie : il n’y a pas toujours de dépistage systématique pendant le suivi prénatal. Un test est recommandé si vous avez des symptômes, un contact à risque, ou si la maternité le demande avant une admission. Pour éviter le stress, appelez votre maternité ou votre sage‑femme : ils vous indiqueront la procédure locale et le bon moment pour tester.
Quand se faire vacciner : avant la grossesse ou pendant, et à quel trimestre ?
Se faire vacciner avant la grossesse offre une protection déjà en place, mais la vaccination peut être réalisée à n’importe quel trimestre si vous ne l’avez pas encore faite. L’idée est de protéger la mère et, indirectement, le bébé via des anticorps transmis in utero. Discutez du calendrier des rappels avec votre équipe selon votre situation et les recommandations locales.

Pour aller plus loin :




