Par Heloa, le 12 janvier 2026

Vaccin coqueluche grossesse : protéger bébé dès la naissance

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Femme enceinte discutant avec un médecin à propos du vaccin coqueluche grossesse dans un cabinet médical

La perspective d’une toux qui traîne paraît souvent banale… jusqu’au jour où l’on parle de coqueluche et de nouveau-né. Beaucoup de parents découvrent alors un paradoxe déroutant : le tout-petit est le plus fragile au moment même où il n’a pas encore reçu ses premières injections. Le vaccin coqueluche grossesse s’inscrit précisément dans cette fenêtre délicate. Comment la coqueluche se transmet-elle ? Pourquoi la grossesse est-elle un moment si particulier pour protéger le bébé ? À quel terme se faire vacciner, avec quel produit, et avec quelles garanties de sécurité ?

Vaccin coqueluche grossesse : pourquoi la coqueluche inquiète autant en début de vie ?

Coqueluche : une infection respiratoire très contagieuse

La coqueluche est une infection respiratoire causée par la bactérie Bordetella pertussis. Elle se propage par des gouttelettes (toux, éternuements, paroles rapprochées), et elle circule vite : un adulte peut présenter une toux persistante, parfois sans fièvre, et la confondre avec un simple « rhume qui s’éternise ». Résultat : la transmission se fait sans alerte.

Très souvent, la contamination vient du cercle proche : parent, fratrie scolarisée, baby-sitter, grands-parents, amis venus « juste dire bonjour ». Or, une exposition brève peut suffire.

Nourrisson : pourquoi les premières semaines concentrent le risque

Avant 2 mois, le nourrisson n’a pas encore commencé son propre calendrier vaccinal contre la coqueluche. Et à cet âge, les voies aériennes sont étroites, les réserves limitées, l’épuisement arrive vite.

La coqueluche chez le tout-petit peut provoquer :

  • des quintes de toux longues et rapprochées,
  • des difficultés alimentaires (fatigue, vomissements post-quinte),
  • des épisodes d’apnée (pauses respiratoires),
  • une désaturation en oxygène et, dans certains cas, une hospitalisation.

Grossesse : un moment unique pour transmettre une protection

Pendant la grossesse, l’immunité maternelle s’ajuste : elle tolère le fœtus tout en restant fonctionnelle. Ce n’est pas une immunodépression au sens strict, mais les équilibres immunitaires changent.

Surtout, la grossesse permet une stratégie très particulière : le passage d’anticorps maternels vers le bébé via le placenta. C’est là que le vaccin coqueluche grossesse prend toute sa place.

Objectif : protéger le nouveau-né dès les premiers jours

Le but principal du vaccin coqueluche grossesse est de fournir au bébé, dès la naissance, des anticorps prêts à l’emploi. On parle d’immunité passive : le bébé ne fabrique pas encore ses propres défenses, il reçoit un capital protecteur maternel.

Bonus non négligeable : la mère réduit aussi son risque de faire une coqueluche en post-partum immédiat.

Recommandations officielles : quand et pourquoi une dose à chaque grossesse

Une vaccination à chaque grossesse : la logique derrière la répétition

En France, la vaccination contre la coqueluche est recommandée pendant la grossesse à chaque grossesse, même si une dose a été faite lors d’une grossesse précédente.

Pourquoi répéter ? Parce que les anticorps diminuent avec le temps. Et l’objectif n’est pas seulement un rappel « d’entretien » pour la mère : il s’agit d’obtenir un taux d’anticorps suffisamment élevé au bon moment, pour un transfert placentaire efficace vers le bébé à venir.

Fenêtre 20–36 SA : repères pratiques

Les recommandations françaises situent le vaccin coqueluche grossesse entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée (SA). Dans d’autres pays, on retrouve souvent 27–36 SA. La logique est la même : laisser le temps à la mère de produire des anticorps, puis profiter d’un passage placentaire efficace (IgG) avant la naissance.

« Cocooning » : utile, mais pas équivalent

Le cocooning consiste à vacciner l’entourage proche du bébé (co-parent, fratrie, grands-parents, proches aidants) afin de diminuer les risques d’introduction de la coqueluche à la maison.

C’est un excellent complément. Mais il ne remplace pas le vaccin coqueluche grossesse, car il ne donne pas au bébé une protection immédiate à la naissance.

Quel vaccin utilise-t-on pendant la grossesse ? (Tdap / dTpa / dTcaP)

Sigles différents, même principe

Tdap, dTpa, dTcaP… ces abréviations varient selon les pays. Elles renvoient à un vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche acellulaire (antigènes purifiés, pas de bactérie entière). Parfois, une valence poliomyélite est ajoutée.

Composition et mécanisme : ce que votre corps fabrique, puis transmet

Ces vaccins contiennent des toxoïdes diphtérique et tétanique, et des composants purifiés de Bordetella pertussis (par exemple toxine pertussique, hémagglutinine filamenteuse, pertactine, fimbriae selon les produits).

Après injection, l’organisme maternel produit des anticorps. Une partie traverse le placenta : c’est le transfert transplacentaire.

Noms commerciaux rencontrés en France

Selon la disponibilité, REPEVAX® ou BOOSTRIXTETRA® peuvent être proposés. Le choix dépend des stocks , votre sage-femme, médecin ou pharmacien vous orientera.

Quand faire le vaccin coqueluche grossesse : timing, organisation, situations particulières

Pourquoi 20–36 SA fonctionne bien (et pourquoi 26–32 SA est souvent cité)

La fenêtre 20–36 SA cherche un équilibre : assez tôt pour permettre la montée d’anticorps, assez proche de la naissance pour obtenir des titres élevés au moment du passage placentaire.

Une période fréquemment décrite comme très favorable se situe autour de 26–32 SA. Mais l’idée essentielle reste simple : ne pas dépasser la fenêtre.

Si la grossesse est déjà avancée : faut-il renoncer ?

Si vous êtes encore dans l’intervalle recommandé, le vaccin coqueluche grossesse garde son intérêt.

Si le terme est très proche, la discussion se fait au cas par cas : plus le délai est court, plus le transfert d’anticorps risque d’être limité. Dans ce contexte, on renforce généralement la vaccination post-partum de la mère, le cocooning, et la mise en route sans retard du calendrier vaccinal du nourrisson.

Qui peut vacciner et à quel moment en parler ?

La vaccination peut être réalisée par un médecin ou une sage-femme, et selon l’organisation territoriale, en pharmacie, en PMI ou en centre de vaccination.

Astuce utile : venir avec vos informations vaccinales (carnet, dossier numérique).

Aspects pratiques : prescription et prise en charge

Le parcours dépend du lieu de suivi : parfois prescription puis achat en pharmacie, parfois vaccination sur place. Le professionnel de santé précise les modalités de remboursement.

Comment le vaccin protège le bébé : mécanisme et données d’efficacité

Immunité passive : le placenta comme relais

Après un vaccin coqueluche grossesse, la mère produit des IgG spécifiques. Le placenta transfère progressivement ces anticorps vers le fœtus, surtout au troisième trimestre.

Protection dès la naissance : forte au départ, puis décroissante

Les anticorps maternels diminuent naturellement après la naissance. Cette protection sert de pont, en attendant que la vaccination du bébé prenne le relais.

Efficacité observée : une baisse nette des cas et des formes graves

Les études rapportent une efficacité élevée du vaccin coqueluche grossesse pour prévenir la coqueluche du nourrisson dans les premiers mois, souvent estimée autour de 70 à 95 % selon les contextes.

L’enjeu clinique est concret : moins de détresses respiratoires, moins d’hospitalisations chez les bébés trop jeunes pour être correctement protégés par leur propre schéma vaccinal.

Ce qui fait varier la protection

Le moment exact de la vaccination, la couverture vaccinale globale, la circulation de la coqueluche et l’exposition du nourrisson (fratrie, visites) influencent les résultats.

Sécurité : effets secondaires, surveillance, précautions

Sécurité materno-fœtale : données rassurantes et pharmacovigilance

Les données issues d’études observationnelles et de la surveillance en vie réelle sont rassurantes : la vaccination anticoquelucheuse pendant la grossesse n’a pas montré d’augmentation d’événements graves chez la mère ou le fœtus.

La pharmacovigilance suit ces vaccins de près.

Effets fréquents : simples, transitoires

Après un vaccin coqueluche grossesse, les effets les plus courants restent bénins : douleur au point d’injection, rougeur, léger gonflement, fatigue, parfois fièvre modérée.

Que faire ? Repos, hydratation, mobilisation douce du bras. Pour un antalgique/antipyrétique pendant la grossesse (ex. paracétamol), demandez conseil.

Effets rares : quand demander un avis rapidement

Les réactions allergiques sévères sont très rares, mais doivent être connues : gêne respiratoire, gonflement du visage, malaise important, urticaire généralisée dans les heures suivant l’injection : avis médical en urgence.

Contre-indications et situations à discuter

Contre-indication principale : allergie grave à un composant du vaccin ou réaction sévère après une dose précédente. En cas de fièvre importante, on peut différer de quelques jours.

Coqueluche, grippe, COVID-19 : comment coordonner les vaccinations

Des objectifs différents, pas de redondance

Le vaccin coqueluche grossesse vise prioritairement la protection du nouveau-né dans les premières semaines.

La vaccination contre la grippe et celle contre le COVID-19 ciblent surtout la prévention des formes sévères chez la femme enceinte, avec un bénéfice indirect pour le bébé.

Peut-on les faire au même moment ?

Souvent oui : plusieurs vaccins peuvent être administrés pendant la grossesse, parfois lors d’un même rendez-vous, sur des sites d’injection différents.

Vous préférez espacer ? Possible aussi. Le point à garder en tête : ne pas manquer la fenêtre du vaccin coqueluche grossesse.

Si le vaccin coqueluche grossesse n’a pas été fait

Cocooning renforcé : qui vacciner ?

Sans vaccin coqueluche grossesse, le cocooning prend une place encore plus importante : co-parent, fratrie, grands-parents, proches qui viendront souvent.

Vaccination post-partum : utile, mais pas immédiate pour le bébé

La vaccination de la mère après l’accouchement peut être faite rapidement. Elle protège la mère, mais ne fournit pas au nouveau-né l’immunité passive transmise pendant la grossesse.

Mesures complémentaires réalistes en attendant les premières doses du bébé

Éviter les visites de personnes malades, lavage des mains avant de prendre le bébé, aération, éviter la fumée de tabac, vigilance devant une toux persistante dans l’entourage.

Après la naissance : vaccination du nourrisson et continuité de la protection

Début du calendrier du bébé : dès 2 mois

Le schéma vaccinal du nourrisson contre la coqueluche débute à 2 mois, puis se poursuit selon le calendrier en vigueur.

Pourquoi vacciner bébé même si la mère a été vaccinée

Le vaccin coqueluche grossesse donne un pont de protection, pas une immunité définitive. Les anticorps maternels décroissent : le nourrisson a besoin de ses propres doses.

Rappels : pourquoi ils existent

L’immunité contre la coqueluche diminue avec le temps, après vaccination comme après infection. Les rappels entretiennent la protection et limitent la transmission.

À retenir

  • La coqueluche est très contagieuse , chez le nouveau-né, elle peut entraîner apnées et hospitalisation.
  • Le vaccin coqueluche grossesse vise la protection néonatale grâce au passage d’anticorps via le placenta.
  • En France, le vaccin coqueluche grossesse est recommandé à chaque grossesse, entre 20 et 36 SA.
  • Les vaccins utilisés sont des combinés diphtérie-tétanos-coqueluche acellulaire (Tdap/dTpa/dTcaP).
  • L’efficacité du vaccin coqueluche grossesse est élevée dans les premiers mois (souvent 70 à 95 % selon les études).
  • Les effets secondaires sont le plus souvent bénins , les événements graves sont rares et surveillés.
  • Le cocooning aide, mais ne remplace pas le vaccin coqueluche grossesse.
  • Même après un vaccin coqueluche grossesse, le bébé doit suivre son calendrier vaccinal dès 2 mois.
  • Pour être accompagné dans le suivi de santé de votre enfant, vous pouvez télécharger l’application Heloa : conseils personnalisés et questionnaires de santé gratuits.

Les questions des parents

Le vaccin peut‑il provoquer une fausse couche ?

Je comprends que ce soit une inquiétude très sensible. Les études et la surveillance en vie réelle n’ont pas montré de lien entre la vaccination anti‑coqueluche pendant la grossesse et une augmentation des fausses couches. Si vous avez des antécédents personnels ou des questions précises, n’hésitez pas à en parler avec votre sage‑femme ou votre médecin pour un avis adapté à votre situation.

La vaccination est‑elle obligatoire pendant la grossesse ?

Non, la vaccination n’est pas obligatoire. En France elle est fortement recommandée à chaque grossesse pour protéger le nouveau‑né. Vous pouvez discuter des bénéfices et des alternatives avec votre professionnel de santé pour prendre une décision en toute sérénité.

Faut‑il être à jeun pour se faire vacciner pendant la grossesse ?

Pas besoin d’être à jeun. Il est même préférable d’avoir mangé si vous êtes sujette aux nausées ou aux étourdissements. Si vous avez tendance à faire des malaises lors d’injections, signalez‑le : on vous fera asseoir ou allonger et on gardera un court temps d’observation.

Femme enceinte souriante tenant un dossier médical avant son vaccin coqueluche grossesse

Pour aller plus loin :

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