Un prolapsus après accouchement soulève souvent les mêmes questions chez les parents. Est ce que tout va rentrer dans l’ordre avec le temps, ou est ce que la descente va s’aggraver. Est ce que la sexualité, le sport, le simple fait de porter son bébé risquent d’abîmer encore plus le bassin. Les mots médicaux font parfois peur, les sensations intimes sont difficiles à décrire, et pourtant ce qui se joue là est très concret. L’objectif ici est simple. Mettre des mots sur ce qui se passe dans le corps, expliquer les mécanismes, détailler les options de prise en charge et offrir des repères pour savoir quand et vers qui se tourner. Sans minimiser les difficultés, mais sans catastrophisme non plus.
Au fil des sections, seront abordés la descente d’organes après une grossesse, les types de prolapsus, les symptômes typiques, les examens, la rééducation périnéale, le rôle du pessaire vaginal, les possibilités de chirurgie, la prévention et le quotidien avec un bébé lorsque le bassin est fragilisé.
Prolapsus après accouchement : définition et principaux types
Que signifie exactement prolapsus pelvien après une naissance
Sur le plan anatomique, un prolapsus après accouchement correspond à ce que les soignants appellent un prolapsus des organes pelviens. Autrement dit, un ou plusieurs organes situés dans le petit bassin, habituellement tenus en place par des tissus solides, glissent vers le bas et s’engagent dans le vagin. Il peut s’agir de la vessie, de l’utérus ou du rectum.
Pour comprendre ce mécanisme, il faut imaginer le plancher pelvien comme un hamac musculaire et ligamentaire. Ce hamac est formé par le périnée, les fascias et les muscles du plancher pelvien, tendus entre le pubis à l’avant et le coccyx à l’arrière. Pendant la grossesse, puis lors de l’accouchement, ce hamac est soumis à des contraintes considérables. Poids du bébé, pression de l’utérus, poussées, éventuelles déchirures. Si ces structures sont très distendues ou abîmées, les organes qu’elles soutiennent perdent un peu de leur ancrage et descendent.
Quand la descente reste modérée et interne, elle passe parfois inaperçue. Quand la descente pelvienne s’accentue, on peut ressentir une sensation de boule dans le vagin, ou observer une protrusion pelvienne à l’entrée de la vulve, surtout en fin de journée ou en position debout prolongée.
Ce phénomène touche exclusivement les troubles pelviens féminins, car il dépend de l’anatomie gynécologique. Il ne met pas la vie en danger, mais il peut altérer la qualité de vie, la continence, la sexualité et la manière de bouger.
Les différents types de prolapsus post partum
Après la naissance, plusieurs formes peuvent apparaître, parfois associées.
- La cystocèle correspond au glissement de la vessie vers la paroi antérieure du vagin. En langage simple, la vessie vient bomber dans le vagin. Certaines femmes décrivent des envies fréquentes d’uriner, une fuite urinaire à l’effort ou la sensation de ne pas vider complètement la vessie.
- La rectocèle concerne la paroi postérieure du vagin, poussée par le rectum. Elle peut s’accompagner de constipation, de besoin de pousser très fort pour évacuer les selles, voire du besoin d’appuyer avec un doigt sur la paroi vaginale pour finir la selle.
- Le prolapsus utérin correspond à la descente de l’utérus vers le vagin. Dans les formes avancées, le col, voire une partie de l’utérus, arrive à l’entrée de la vulve. Cela se manifeste souvent par une pesanteur pelvienne, une gêne en marchant et une impression de boule qui sort.
- L’entérocèle implique les anses intestinales qui descendent entre le vagin et le rectum. Plus rare en post partum, elle peut donner une sensation de pression interne profonde.
Dans certains cas, plusieurs compartiments sont atteints en même temps, par exemple une prolapsus vaginal complet combinant cystocèle, descente utérine et rectocèle. Le terme de hernie pelvienne est parfois entendu dans le langage courant, même si ce n’est pas le vocabulaire le plus précis pour ces situations.
Prolapsus transitoire du post partum ou prolapsus installé
Un point essentiel pour les parents concerne l’évolution. Tous les symptômes post-partum de prolapsus ne correspondent pas à une atteinte définitive.
Dans les premières semaines, le bassin reste imprégné d’hormones de grossesse, les tissus sont œdématiés, les cicatrices en cours de consolidation. Une descente d’organes peut alors se manifester de façon assez spectaculaire, puis s’atténuer nettement au fil des mois. On parle alors plutôt de prolapsus transitoire, lié à un étirement maximal mais encore réversible.
À l’inverse, lorsque plus de 6 à 12 mois se sont écoulés, que la rééducation du plancher pelvien a été menée sérieusement et que la gêne persiste ou progresse, on évoque un prolapsus plus chronique. À ce stade, un prolapsus après accouchement peut justifier des options de soutien mécanique comme le pessaire vaginal, voire une intervention chirurgicale si la gêne reste très importante.
Causes et facteurs de risque de la descente d’organes après grossesse
Facteurs liés à la grossesse et à l’accouchement
Pour qu’un prolapsus après accouchement survienne, plusieurs pièces du puzzle se combinent souvent. D’abord, l’histoire obstétricale.
Certaines situations augmentent la probabilité de descente d’organes après une naissance.
- Accouchements par voie basse répétés
Plus le nombre de grossesses et de naissances vaginales est élevé, plus le tissu conjonctif et les ligaments sont sollicités. On parle parfois de multiparité. Les grossesses successives finissent par fatiguer un hamac déjà étiré. - Travail long, poussée prolongée
Un temps expulsif très long signifie des pressions répétées vers le bas. Si les poussées sont réalisées en bloquant la respiration, sans protection du périnée, la pression abdominale se concentre sur les structures les plus fragilisées. - Utilisation d’instruments
Forceps, spatules ou ventouse peuvent être indispensables pour la sécurité de l’enfant ou de la mère. Ils augmentent cependant le risque de lésions musculaires ou nerveuses du bassin, ce qui peut favoriser une future descente pelvienne. - Bébé de poids élevé
Un nouveau né de poids important exerce une pression durable sur le bassin pendant la grossesse, puis lors de son passage. Le risque de troubles pelviens féminins est alors légèrement plus élevé. - Déchirure périnéale ou épisiotomie importante
Plus les muscles du périnée sont atteints profondément, plus le hamac de soutien a besoin de temps et d’aide pour récupérer. Si la réparation a été difficile ou douloureuse, les contractions spontanées peuvent être retardées.
Ces éléments ne constituent pas une condamnation, mais ils expliquent pourquoi deux accouchements très différents peuvent donner des suites périnéales très contrastées.
Facteurs liés au mode de vie et à la santé générale
À côté de l’histoire obstétricale, d’autres facteurs modulent le risque de prolapsus après accouchement.
- Surpoids ou obésité
Une pression permanente sur l’abdomen finit par peser sur le bassin. Le hamac musculaire doit porter à la fois les organes et cette charge additionnelle. - Gestion de la constipation insuffisante
Des selles dures, rares, qui nécessitent de pousser fort plusieurs fois par semaine, entretiennent un stress mécanique sur le rectum et la paroi vaginale postérieure. Cette répétition favorise la rectocèle. - Toux chronique
Une aggravation avec toux (tabac, asthme mal équilibré, allergies non traitées) multiplie les à coups de pression vers le bas. Chaque quintes agit comme une mini poussée d’accouchement. - Activité professionnelle ou sportive avec charges
Port répété de charges lourdes, mouvements de tirage ou de poussée répétés, gestes mal protégés, tous ces efforts peuvent s’additionner à un pelvis déjà fragilisé. - Âge et modifications hormonales
Avec le temps, les fibres de collagène perdent un peu de leur élasticité. Plus tard, la baisse des œstrogènes à la ménopause modifie encore la trophicité des tissus. Même si un prolapsus après accouchement survient souvent assez tôt, la réserve de solidité n’est pas la même à 25 ans et à 45 ans.
Terrain personnel, tissus et hormones
Certaines personnes ont naturellement un tissu conjonctif plus extensible. Hyperlaxité articulaire, tendance aux varices, antécédents familiaux de descente d’organes ou de prolapsus. Ce terrain rend le maillage ligamentaire plus vulnérable à l’étirement.
Pendant la grossesse, les hormones comme la relaxine et les œstrogènes ont un rôle très précis. Elles assouplissent les ligaments pour faciliter l’ouverture du bassin et le passage du bébé. Ce relâchement est indispensable pour mettre un enfant au monde, mais il affaiblit provisoirement les systèmes de soutien. Après la naissance, les fluctuations liées à l’allaitement, avec des taux d’œstrogènes plus bas, continuent d’influencer la tonicité tissulaire.
Comment repérer ses propres facteurs de risque
Se poser calmement quelques questions, éventuellement avec une sage femme ou un médecin, aide à comprendre ce qui joue dans un prolapsus après accouchement.
- Comment s’est déroulé l’accouchement, la phase de dilatation, la poussée, y a t il eu instruments, déchirure, épisiotomie.
- Le poids du bébé a t il été particulièrement élevé.
- Le transit est il souvent difficile, avec des selles dures et rares.
- Une toux chronique est elle présente, avec tabac, asthme, allergies.
- Le quotidien impose t il des charges répétées, des trajets longs debout, un rythme très physique.
Ce premier regard permet ensuite de bâtir un plan de prise en charge personnalisé, en ciblant ce qui peut être modifié et ce qui doit être accompagné.
Symptômes et retentissement du prolapsus après accouchement
Sensations locales dans le bassin et le vagin
Beaucoup de femmes décrivent d’abord des signes très discrets. Un prolapsus après accouchement n’apparaît pas toujours d’un seul coup.
Les sensations typiques sont les suivantes.
- Impression de poids ou de tiraillement dans le bas ventre, majorée en fin de journée.
- Sensation que tout tire vers le bas, ou que quelque chose pousse à l’intérieur du vagin.
- Perception d’une petite masse molle à l’entrée de la vulve, surtout à la toilette ou après une station debout prolongée.
On parle alors volontiers de pesanteur pelvienne ou de sensation de lourdeur abdominale. Ces symptômes diminuent souvent en position allongée, lorsque la gravité ne tire plus sur les organes.
Troubles urinaires associés
Lorsque la vessie et l’urètre sont déplacés, l’incontinence urinaire ou d’autres troubles peuvent apparaître. Cela ne veut pas dire que la situation est irréversible, mais que les pressions ne s’exercent plus au bon endroit.
Les manifestations fréquentes sont.
- Fuite urinaire à l’effort lors d’une toux, d’un éternuement, en portant le cosy ou pendant un sport doux après accouchement mal adapté.
- Envie très pressante d’uriner, difficile à retenir, parfois avec fuites associées.
- Jet faible, haché, besoin de pousser pour terminer la miction, impression que la vessie ne se vide pas entièrement.
Ces manifestations appartiennent aux troubles pelviens féminins fréquents du post partum. Elles n’annoncent pas nécessairement un prolapsus sévère, mais elles justifient une évaluation structurée.
Troubles digestifs et sexuels
Quand la paroi postérieure du vagin est concernée, les symptômes rectaux dominent parfois le tableau.
- Constipation avec besoin de pousser fort, selles fragmentées ou incomplètes.
- Sensation de poche dans le vagin, qui se remplit au moment de la selle.
- Fuites de gaz ou de selles dans les atteintes plus importantes.
Sur le plan sexuel, l’expérience varie beaucoup d’une femme à l’autre. Certaines ne ressentent qu’une gêne mécanique, liée à la boule ou à la sensation de petit obstacle. D’autres décrivent une douleur pelvienne pendant la pénétration, une sensation de brûlure ou de tiraillement des cicatrices, ou encore une perte des sensations agréables.
La peur d’augmenter la descente, l’appréhension du regard du partenaire, la fatigue intense du post partum se mêlent parfois, rendant la reprise de la sexualité délicate. Parler de ces aspects avec sa sage femme, son gynécologue ou un kinésithérapeute formé à la sexologie est souvent très aidant.
Retentissement sur la vie quotidienne et psychologique
Un prolapsus après accouchement ne se limite pas à un détail anatomique. Il influence la manière d’habiter son corps.
Certaines personnes renoncent à la marche rapide, au portage prolongé de leur enfant contre elles, au jeu au sol. D’autres redoutent les déplacements professionnels longs, les journées entières debout, ou l’idée même de reprendre un loisir sportif.
La perception d’un bassin fragilisé peut altérer la confiance en soi, réveiller des émotions liées à l’accouchement, amplifier la charge mentale déjà lourde avec un nouveau né. Un accompagnement empathique, des explications claires et une perspective de traitement conservateur bien organiser redonnent souvent des marges de manœuvre.
Diagnostic et évaluation du prolapsus post partum
Comment se déroule l’examen clinique
Le diagnostic clinique d’un prolapsus après accouchement commence par un entretien, puis un examen du bassin. Il est légitime de poser des questions, de demander à ce que chaque geste soit expliqué.
Le professionnel observe d’abord la vulve et l’entrée du vagin, au repos puis lors d’une petite poussée. Il peut demander de tousser ou d’inspirer profondément puis de pousser doucement vers le bas. Cette manœuvre permet de visualiser une éventuelle protrusion pelvienne.
Un toucher vaginal est ensuite réalisé. Il sert à évaluer la tonicité musculaire, la hauteur du col de l’utérus, le comportement de la vessie et du rectum lors des efforts. Il permet aussi de mesurer la qualité de contraction volontaire, donnée essentielle pour organiser une rééducation du plancher pelvien adaptée.
Dans certains cas, un spéculum est utilisé pour mieux voir les parois antérieure et postérieure du vagin. Tout cela aboutit à un bilan fonctionnel du périnée qui ne se limite pas à une simple mesure de descente.
Les grades de prolapsus et ce qu’ils signifient
Les soignants classent souvent un prolapsus après accouchement en quatre grades, en fonction de la hauteur atteinte par l’organe.
- Grade I, descente légère, bien située à l’intérieur du vagin.
- Grade II, descente plus prononcée, proche de l’orifice vaginal, mais toujours interne.
- Grade III, l’organe arrive au niveau de l’entrée du vagin.
- Grade IV, l’organe dépasse franchement à l’extérieur.
Ce classement aide à discuter des traitements, mais il ne raconte pas toute l’histoire. Une personne avec un petit prolapsus de grade II peut être très gênée, alors qu’une autre, avec un prolapsus plus avancé, peut le vivre de manière relativement tolérable. Les décisions s’appuient donc à la fois sur le grade, les symptômes post-partum de prolapsus et les projets de vie.
Quand faut il faire des examens complémentaires
Dans la majorité des cas, un examen gynécologique soigneux suffit pour poser le diagnostic de prolapsus après accouchement. Des examens plus spécialisés peuvent être utiles dans certaines situations.
- Bilan urodynamique si les troubles urinaires sont complexes, très fréquents ou peu typiques.
- Échographie périnéale, parfois appelée échographie du bassin, pour visualiser les muscles du plancher pelvien et leurs insertions.
- Imagerie par résonance magnétique du pelvis, pour cartographier précisément les lésions musculaires ou ligamentaires, surtout avant une intervention chirurgicale.
Ces examens affinent le plan de prise en charge, notamment lorsque plusieurs compartiments sont concernés ou que des fuites urinaires importantes persistent malgré la rééducation.
Quand demander un avis plus spécialisé
Une orientation vers un gynécologue, un uro gynécologue ou un urologue se discute lorsque.
- La descente est évaluée à un grade III ou IV.
- Plusieurs zones sont concernées avec retentissement urinaire et rectal.
- La gêne reste importante malgré une rééducation périnéale complète et des mesures de prévention adaptées.
- Une chirurgie est envisagée, ou lorsqu’un pessaire nécessite des ajustements complexes.
Préparer la consultation en notant les symptômes, leur fréquence, les situations qui les aggravent, ainsi que les antécédents obstétricaux, permet un échange plus précis.
Traitements non chirurgicaux du prolapsus après accouchement
Pourquoi commencer par des approches conservatrices
Dans la grande majorité des cas, un prolapsus après accouchement est d’abord pris en charge par des méthodes non invasives. Le corps a une formidable capacité de récupération, en particulier dans l’année qui suit la naissance.
L’objectif est triple.
- Soulager les symptômes du quotidien.
- Permettre aux tissus de cicatriser, de se renforcer, de se réorganiser.
- Corriger les habitudes qui augmentent la pression sur le bassin.
Cela passe par la rééducation périnéale, des ajustements d’hygiène de vie, une prévention et éducation thérapeutique centrée sur le bassin, et parfois l’utilisation d’un pessaire vaginal.
Rééducation périnéale post partum
La rééducation périnéale est la pierre angulaire du traitement conservateur du prolapsus après accouchement. Elle est assurée en France par des sages femmes et des kinésithérapeutes formés à la pelvi périnéologie.
Un programme de rééducation du plancher pelvien repose sur plusieurs éléments.
- Un bilan dans le détail de la force, de l’endurance musculaire, de la posture, du schéma respiratoire, de la manière de pousser aux toilettes.
- Des exercices de renforcement du périnée, à la fois lents et rapides, d’abord en position allongée puis assise et debout. Certains les connaissent sous le nom d’exercices de Kegel.
- Des exercices de sphincter et de tonicité spécifiques lorsque les fuites urinaires ou anales sont au premier plan.
- Des conseils très concrets pour les gestes du quotidien, le portage du bébé, la façon de se lever du lit, la manière de tousser ou d’éternuer sans abîmer les tissus.
Des outils comme le biofeedback, avec capteurs reliés à un écran, aident à visualiser la contraction. L’électrostimulation peut être utilisée lorsque la contraction volontaire est difficile à déclencher.
En France, la plupart de ces séances sont prises en charge après une naissance. Un prolapsus après accouchement modéré peut déjà évoluer favorablement avec cette prise en charge structurée.
Pessaire vaginal : soutien mécanique réversible
Un pessaire vaginal est un dispositif en silicone médical souple, inséré dans le vagin, qui soutient les organes descendus. Il existe des formes en anneau, en cube, en donut et d’autres encore, adaptées à la morphologie et au type de prolapsus.
Le principe est simple. Le pessaire agit comme un tuteur interne. Il remonte la vessie, l’utérus ou le rectum, diminue la sensation de boule, soulage la gêne lors des efforts et facilite la reprise des activités de la vie courante.
Les bénéfices sont souvent rapides.
- Meilleur confort en position debout, en marche, au travail.
- Possibilité de pratiquer une marche régulière post-partum ou des activités douces sans redouter une sensation de descente majorée.
- Amélioration de la confiance en soi dans les gestes du quotidien.
Ses limites sont importantes à connaître. Le pessaire ne répare pas les tissus, il compense mécaniquement. Il peut parfois entraîner des pertes vaginales abondantes, des irritations de la muqueuse ou une gêne si le modèle n’est pas adapté. D’où l’importance d’un suivi régulier, avec contrôle en consultation.
Hygiène de vie, transit et poids
Les détails du quotidien ont un impact considérable sur un prolapsus après accouchement.
- Une alimentation riche en fibres, associée à une hydratation suffisante, facilite le transit. L’objectif est d’obtenir une selle souple, facilement évacuée, pour diminuer la pression exercée sur la paroi postérieure du vagin.
- Si les mesures alimentaires restent insuffisantes, des laxatifs doux peuvent être proposés, avec un suivi médical, pour éviter de forcer à chaque passage aux toilettes.
- Les conseils visant à éviter les charges lourdes et les efforts intenses sont centraux au début. Il ne s’agit pas de rester immobile, mais de choisir des efforts adaptés, accompagnés d’une bonne technique respiratoire.
- Un travail sur le poids, lorsqu’il existe une obésité, peut participer à réduire la pression de fond sur le bassin.
Médicaments utiles dans le contexte du prolapsus
Aucun médicament ne remonte à lui seul un prolapsus après accouchement. Cependant, plusieurs traitements complètent la prise en charge.
- Traitement des infections urinaires, fréquentes lorsque la vessie se vide mal.
- Antalgiques adaptés, à la bonne dose, pour permettre de bouger et de pratiquer la rééducation dans de meilleures conditions.
- Dans certaines situations spécifiques, œstrogènes locaux en crème ou en ovules, surtout près de la ménopause ou lors de sécheresse vaginale marquée, pour améliorer la trophicité des muqueuses.
Là encore, l’idée est de traiter ce qui peut être soulagé rapidement pour que la personne puisse se concentrer sur les actions de fond.
Rééducation périnéale après accouchement : modalités pratiques
Quand commencer la rééducation après la naissance
La question du timing revient souvent. Quand initier la rééducation lorsque l’on suspecte un prolapsus après accouchement. En général, les soignants attendent 6 à 8 semaines après la naissance, le temps que l’utérus involue et que les cicatrices se stabilisent.
Dans certains contextes douloureux ou complexes, le calendrier peut être ajusté, en se concentrant d’abord sur la respiration, la posture et la détente. Les contre indications sont rares, mais un état général très altéré, une infection génitale en cours ou une cicatrisation incomplète imposent parfois de différer le travail interne.
Techniques utilisées pendant la rééducation
La palette d’outils est large, ce qui permet d’adapter la prise en charge à chaque situation de prolapsus après accouchement.
- Contractions volontaires du périnée, en imaginant que l’on freine un gaz et un jet d’urine, sans serrer les fesses ni bloquer la respiration.
- Travail en respiration abdominale, avec respiration et travail du périnée pendant l’effort, pour apprendre à expirer au bon moment.
- Biofeedback lorsque le ressenti est difficile. Voir la contraction sur un écran permet de mieux cibler l’exercice.
- Électrostimulation dans les périnées extrêmement faibles, notamment après déchirure sévère ou neuropathie.
Les séances intègrent aussi un travail sur la posture, la mobilité du bassin, la manière de soulever son enfant, de s’installer pour allaiter ou donner le biberon, de se pencher pour ramasser un objet.
Rôle des sages femmes et des kinésithérapeutes spécialisés
Les sages femmes et les kinésithérapeutes périnéaux sont souvent les premiers interlocuteurs lors d’un prolapsus après accouchement.
Ils évaluent, expliquent et rassurent. Ils montrent concrètement les zones musculaires à activer, ajustent les exercices, donnent des repères sur l’évolution attendue. Ils travaillent également en approche pluridisciplinaire avec les gynécologues, urologues, médecins généralistes, en fonction des besoins.
Leur rôle ne se limite pas au plan strictement musculaire. Ils accompagnent les questions autour de la sexualité, du sport, du portage, des peurs liées à une future grossesse.
Durée et organisation pratique
Un programme type de rééducation comporte souvent une dizaine de séances, parfois davantage lorsque le prolapsus après accouchement est très marqué. Les séances sont rapprochées au début, puis espacées.
En parallèle, de petits exercices simples sont proposés à domicile. Quelques minutes chaque jour suffisent souvent, à condition d’être réguliers. Les premiers progrès se ressentent parfois dès les premières semaines, même si le remodelage tissulaire se poursuit plusieurs mois.
Efficacité, durée d’amélioration et projet de grossesse
Les données scientifiques disponibles montrent des bénéfices nets de la rééducation périnéale sur la pesanteur pelvienne, les fuites urinaires et la qualité de vie. Les meilleurs résultats sont observés pour les prolapsus légers à modérés. Pour les formes plus sévères, la rééducation reste fondamentale, ne serait ce que pour préparer un éventuel geste chirurgical et optimiser la récupération.
Une future grossesse reste tout à fait envisageable après un prolapsus après accouchement traité de manière conservatrice. La seule prudence forte concerne les projets opératoires, pour lesquels il est souvent préférable d’attendre la fin du projet parental avant d’envisager une chirurgie définitive.
Pessaire et autres solutions temporaires de soutien
Comment le pessaire soulage la descente d’organes
Le pessaire vaginal occupe une place intéressante dans la prise en charge du prolapsus après accouchement. Il s’agit d’un dispositif souple, ajusté en consultation, qui vient se positionner dans le vagin pour soutenir la vessie, l’utérus ou le rectum.
En relevant ces organes, il réduit la sensation de boule, diminue la pesanteur, permet souvent de marcher plus longtemps, de se tenir debout pour bercer son enfant, de faire ses courses avec moins de gêne.
Pour certaines mamans, il représente une bouffée d’air, une solution transitoire pendant que la rééducation fait son travail en profondeur.
À qui proposer un pessaire après accouchement
Un pessaire peut être proposé dans différentes situations.
- Prolapsus de grade modéré ou avancé, gênant au quotidien, mais pour lequel une chirurgie n’est pas souhaitée.
- Jeune âge avec désir de grossesse ultérieure.
- Contexte professionnel ou familial qui rend difficile une opération dans l’immédiat.
- Besoin de reprendre une activité physique modérée sans ressentir de protrusion pelvienne.
Le pessaire peut être porté tous les jours, ou uniquement lors des périodes de forte activité, par exemple pour le travail ou pour certaines séances sportives. Le choix du modèle et de la taille demande parfois plusieurs essais.
Entretien, effets secondaires possibles et gestes du quotidien
La plupart des pessaires sont retirés régulièrement pour être lavés à l’eau et au savon doux, puis remis en place. Certaines femmes le gèrent elles mêmes après apprentissage. D’autres préfèrent un suivi plus encadré.
Les effets secondaires potentiels sont.
- Pertes vaginales plus abondantes.
- Irritations, petites érosions de la muqueuse, surtout en cas de sécheresse vaginale.
- Gêne ou inconfort si le modèle est mal adapté.
Ces difficultés se corrigent souvent en changeant de forme, de taille, ou en associant un traitement local pour la muqueuse.
Dans la vie de tous les jours, la plupart des personnes s’habituent rapidement à la présence du pessaire. Les rapports sexuels restent possibles, en fonction du type de pessaire et des préférences. Cela se discute avec le professionnel référent.
Associer pessaire et rééducation
Un prolapsus après accouchement peut bénéficier d’une stratégie combinée. Le pessaire apporte un soutien immédiat pour soulager, tandis que la rééducation périnéale renforce progressivement les muscles et optimise les gestes du quotidien.
Cette combinaison permet parfois de retarder, voire d’éviter la chirurgie. Elle donne aussi la possibilité de reprendre une activité physique après grossesse mieux adaptée, ce qui participe à l’équilibre général, au moral et à la santé cardiovasculaire.
Chirurgie du prolapsus après accouchement : quand et comment
Quand envisager une intervention
La chirurgie n’est pas le premier recours face à un prolapsus après accouchement. Elle s’adresse à des situations où, malgré une prise en charge bien menée, les symptômes restent très invalidants.
On discute une opération lorsque.
- La descente est de grade III ou IV, avec gêne importante au quotidien.
- La gêne lors des efforts empêche de travailler, de s’occuper de son enfant ou de pratiquer la moindre activité physique.
- Les solutions conservatrices, rééducation, pessaire, ajustements de mode de vie, n’apportent pas suffisamment de soulagement.
La décision se prend après un temps de réflexion, un bilan complet et un échange détaillé sur les bénéfices attendus et les risques.
Voie vaginale et voie abdominale
Deux grandes stratégies techniques existent pour réparer un prolapsus après accouchement.
- Voie vaginale
Le chirurgien renforce les parois du vagin, par exemple par colporraphie antérieure pour une cystocèle ou postérieure pour une rectocèle, et peut suspendre l’utérus ou le sommet vaginal à des ligaments solides. - Voie abdominale, souvent par coelioscopie
Des techniques comme la promontofixation, encore appelée sacrocolpopexie, viennent fixer l’utérus ou le vagin au promontoire sacré grâce à des bandes de tissu ou de matériel synthétique.
Le choix dépend du type de prolapsus, de l’âge, de l’état de santé général, des antécédents chirurgicaux et des projets de grossesse.
Matériel de renfort et prothèses
Les implants synthétiques utilisés par voie vaginale font l’objet d’une surveillance stricte et d’une réglementation précise en France, en raison de complications possibles. Erosions de la muqueuse, douleurs, infections, difficultés à retirer le dispositif.
De nombreuses équipes privilégient aujourd’hui des réparations basées sur les tissus propre de la patiente, parfois associées à d’autres matériaux alternatifs. Avant toute opération, il est important de s’informer sur le type de renfort utilisé.
Risques, récidives et choix thérapeutique
Comme toute intervention chirurgicale, la réparation d’un prolapsus après accouchement comporte des risques.
- Complications immédiates possibles, comme un saignement, une infection, une lésion de la vessie ou du rectum.
- Troubles urinaires ou digestifs transitoires après l’intervention.
- Récidive de la descente sur le même compartiment ou apparition d’un prolapsus sur un autre étage pelvien.
Le risque de récidive varie selon l’âge, la qualité des tissus, le respect des consignes de récupération, l’existence de facteurs de risque persistants comme la constipation ou le port de charges lourdes.
Et si une autre grossesse est envisagée
Une future grossesse après chirurgie du prolapsus après accouchement doit être discutée en amont. La grossesse remet mécaniquement en tension les structures réparées.
Dans la mesure du possible, beaucoup de chirurgiens préfèrent intervenir après la dernière grossesse. Lorsque la chirurgie a déjà eu lieu, la question du mode d’accouchement est examinée au cas par cas. Pour certaines femmes, une voie basse reste envisageable. Pour d’autres, une césarienne peut être proposée pour protéger au mieux la réparation.
Prévention pendant la grossesse et après la naissance
Mesures préventives durant la grossesse
Même si tous les prolapsus après accouchement ne peuvent pas être évités, certaines mesures réduisent les contraintes sur le bassin pendant la grossesse.
- Apprentissage de la contraction périnéale dès la grossesse, sous forme de petits exercices.
- Attention particulière au transit, avec une gestion de la constipation précoce.
- Adaptation de l’activité professionnelle lorsque les efforts physiques sont importants.
Au moment de l’accouchement, l’équipe obstétricale ajuste autant que possible les positions, la durée des poussées, le recours aux instruments, en cherchant un équilibre entre sécurité maternelle et fœtale.
Prévention post natale
Après la naissance, même sans prolapsus après accouchement visible, la prévention se poursuit.
- Réalisation systématique d’une rééducation du plancher pelvien, adaptée aux besoins.
- Installation de pratiques post-partum adaptées pour le portage, le ménage, les courses, les déplacements.
- Mise en place d’une activité physique après grossesse progressive, choisie avec l’aide de soignants lorsque le bassin est fragile.
Conseils concrets pour soulager le périnée
Quelques gestes simples allègent la charge sur le bassin.
- Plier les genoux pour ramasser un objet, plutôt que de se pencher le dos rond.
- Porter le bébé près du corps, en veillant à sa propre posture.
- Expirer au moment de l’effort, en appliquant la respiration et travail du périnée pendant l’effort appris en rééducation.
- Alterner les périodes debout et assises, voire allongées, lorsque la station debout prolongée augmente la gêne.
Prévenir la constipation et les efforts répétés
La prévention de la constipation fait partie intégrante de la prise en charge d’un prolapsus après accouchement.
- Adapter son alimentation pour atteindre une alimentation riche en fibres, avec fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses.
- Boire suffisamment sur la journée, en fractionnant.
- Prendre le temps d’aller à la selle lorsque l’envie apparaît, en adoptant une position favorable, pieds légèrement surélevés et buste penché en avant.
L’idée est d’éviter une pression excessive répétée sur le rectum et le vagin, jour après jour.
Exercices et pratiques recommandés après l’accouchement
Renforcer le périnée progressivement
Les exercices de contraction du périnée sont au cœur du travail de fond après un prolapsus après accouchement.
Un exemple de progression.
- Allongée, genoux fléchis, inspirer calmement, puis expirer en contractant le périnée comme pour retenir gaz et urine, tenir deux ou trois secondes puis relâcher complètement.
- Répéter dix fois, deux ou trois fois par jour.
- Allonger progressivement la durée de contraction jusqu’à cinq ou dix secondes, avec des pauses de relâchement.
- Au fil des semaines, pratiquer ces contractions en position assise puis debout, dans des situations de la vie quotidienne.
La patience est essentielle. Ce n’est pas la contraction la plus forte qui compte, mais la qualité, la régularité et la capacité à coordonner avec la respiration.
Respiration, gainage et posture
Un prolapsus après accouchement n’interdit pas tout travail musculaire du tronc, au contraire. Il invite à le faire autrement.
Le gainage peut s’appuyer sur des exercices doux, comme le pont fessier ou certains mouvements à quatre pattes, combinés à une respiration maîtrisée. L’objectif est de stabiliser le tronc sans écraser le bassin.
Une attention particulière à la posture en position assise, debout et pendant le portage réduit les contraintes répétées sur les ligaments.
Activités physiques à privilégier et à moduler
La reprise de l’activité physique se fait avec discernement.
- À privilégier
Marche, vélo d’appartement, natation post-partum, yoga adapté, pilates doux, qui s’inscrivent dans des pratiques post-partum adaptées. - À différer ou adapter
Course à pied, sports de raquette très dynamiques, sports avec sauts ou impacts importants sur le bassin.
L’objectif n’est pas de bannir ces activités à vie, mais de les introduire éventuellement plus tard, lorsque le périnée est suffisamment préparé et que les symptômes de prolapsus après accouchement sont contrôlés.
Exemple de programme hebdomadaire et sécurité
Un exemple type, à ajuster avec l’accord du professionnel de santé.
- Trois à quatre séances par semaine d’exercices de périnée, de respiration et de gainage doux, une vingtaine de minutes.
- Deux ou trois sorties de marche, vingt à quarante minutes, en marche régulière post-partum, selon la forme.
- Intégration de la reprise progressive de l’exercice dans la vie de tous les jours, par exemple en préférant les escaliers à l’ascenseur lorsque la pesanteur reste modérée.
Les signaux d’alerte pendant l’effort sont l’apparition ou l’aggravation d’une pesanteur pelvienne, d’une impression de boule, de fuites urinaires nouvelles ou de douleurs inhabituelles.
Reprise des activités, du sport et de la sexualité
Reprendre le sport après un prolapsus
La reprise du sport après un prolapsus après accouchement se fait de manière individualisée. La question centrale est toujours la même. Est ce que le corps supporte l’effort proposé sans majoration des symptômes.
Des conseils d’activité physique post-partum ciblés peuvent inclure.
- Commencer par des sport doux après accouchement, comme la marche, le vélo doux, le yoga.
- Progresser en durée puis en intensité, tout en surveillant l’absence de gêne lors des efforts.
- Reporter les sports d’impact si chaque séance réveille une sensation de descente ou des fuites.
Sexualité après un prolapsus post partum
La reprise de la sexualité après un prolapsus après accouchement interroge beaucoup de parents. Peur de la douleur, peur d’abîmer, gêne liée au regard sur son propre corps.
Quelques repères simples.
- Attendre que les douleurs liées à l’accouchement diminuent, que les cicatrices deviennent souples.
- Utiliser un lubrifiant en cas de sécheresse vaginale, fréquente notamment en cas d’allaitement.
- Chercher des positions où la personne qui a accouché peut contrôler l’angle et la profondeur de la pénétration.
- Pour celles qui portent un pessaire, demander en consultation s’il peut rester en place ou doit être retiré.
Si les douleurs persistent, qu’elles soient mécaniques ou liées à des contractions réflexes, un accompagnement sexologique ou psychologique peut aider à démêler ce qui est corporel et ce qui est émotionnel.
Conseils pour le travail, le portage et le sommeil
Le quotidien avec un prolapsus après accouchement demande parfois quelques adaptations.
- Fractionner les tâches domestiques, étaler les efforts sur la journée.
- Utiliser une poussette ou un moyen de portage respectueux du dos et du plancher pelvien lorsque les trajets sont longs.
- Adapter si possible le poste de travail, avec une chaise réglable, des pauses régulières, la possibilité de s’asseoir.
- Choisir une position de sommeil confortable, souvent sur le côté avec un coussin entre les genoux pour soulager le bas du dos.
Ces ajustements ne sont pas un aveu de faiblesse, mais une manière de protéger un bassin en phase de réparation.
Futurs projets de grossesse, fertilité et suivi
Prolapsus et fertilité
Un prolapsus après accouchement n’empêche pas, en soi, de concevoir à nouveau. La fertilité est surtout impactée lorsque l’utérus a été retiré, ce qui reste rare en post partum, ou lorsque des interventions très lourdes ont modifié profondément l’anatomie.
En revanche, une grossesse sur un bassin déjà fragilisé peut majorer temporairement la pesanteur pelvienne et les symptômes post-partum de prolapsus.
Stratégies si une nouvelle grossesse est envisagée
Lorsqu’un projet de grossesse existe après un prolapsus après accouchement, plusieurs points sont discutés.
- Intensifier la rééducation du plancher pelvien et les adaptations du quotidien avant d’être enceinte à nouveau.
- Utiliser un pessaire si nécessaire pour passer des caps plus difficiles, sans se précipiter vers la chirurgie.
- Prévoir un suivi rapproché pendant la grossesse, pour ajuster l’activité, surveiller la descente et adapter au besoin le traitement.
Choix du mode d’accouchement après réparation
Après une chirurgie du prolapsus après accouchement, le choix entre une nouvelle voie basse et une césarienne dépend.
- Du type d’intervention réalisée.
- De la solidité attendue de la réparation.
- De l’âge, des antécédents, du projet global de la famille.
Un échange triangulaire entre obstétricien, chirurgien et patiente permet de peser les avantages et inconvénients de chaque option, en tenant compte des risques spécifiques de récidive.
Pronostic, suivi et qualité de vie
Évolution et chances d’amélioration
La trajectoire d’un prolapsus après accouchement est très variable, mais plusieurs constantes rassurantes existent.
Beaucoup de femmes voient leurs symptômes diminuer nettement au fil des mois, grâce à la rééducation périnéale, à l’adaptation de leur mode de vie, parfois à l’aide d’un pessaire. Même si une descente reste visible à l’examen, l’objectif est souvent atteint lorsque la gêne disparaît en grande partie et que l’activité quotidienne redevient fluide.
Facteurs de récidive ou de progression
Les risques de progression ou de récidive sont influencés par.
- Le nombre de grossesses et le type d’accouchement.
- La persistance de facteurs de risque comme la constipation, la toux chronique, le port de charges lourdes.
- L’âge et la qualité des tissus de soutien.
Maintenir certains exercices de base, même à faible dose, et garder les bons réflexes pour le portage, le sport et le transit, contribue à stabiliser la situation.
Organisation du suivi médical
Pour un prolapsus après accouchement, un suivi régulier permet de s’assurer que le bassin évolue dans le bon sens.
En pratique, on propose souvent.
- Une consultation à 6 à 8 semaines, puis autour de 3 et 6 mois, pour faire le point sur les symptômes.
- Un bilan vers un an, surtout si la descente persiste ou si un nouveau projet de grossesse se profile.
- Des rendez vous supplémentaires si des troubles urinaires ou digestifs se majorent, ou si la gêne intime augmente.
Ce suivi s’inscrit dans la durée, avec des ajustements en fonction des étapes de vie.
Impact psychologique et accompagnement
Le vécu d’un prolapsus après accouchement dépasse largement l’aspect anatomique. Il touche à l’intimité, à la relation au corps, au vécu de la maternité.
Les ressources possibles sont nombreuses.
- Échanges approfondis avec la sage femme, le gynécologue, le kinésithérapeute.
- Soutien psychologique, lorsqu’un sentiment de perte, d’injustice ou de peur domine.
- Groupes de parole ou associations autour des troubles pelviens féminins, qui permettent d’entendre d’autres expériences et de se sentir moins isolée.
L’objectif n’est pas seulement de corriger une descente d’organes, mais de retrouver une vie quotidienne satisfaisante, ancrée dans un corps mieux compris.
Quand consulter rapidement ou en urgence
Signes qui nécessitent une consultation urgente
Même si un prolapsus après accouchement évolue le plus souvent progressivement, certains signes imposent de consulter sans attendre.
- Douleur intense et brutale dans le bassin, associée à de la fièvre ou un malaise.
- Saignement vaginal abondant.
- Masse qui sort du vagin, violacée, douloureuse, impossible à remettre en place.
- Incapacité soudaine d’uriner, ou douleurs extrêmes à la miction.
Dans ces situations, un passage aux urgences gynécologiques ou à la maternité s’impose.
À qui s’adresser
Plusieurs professionnels peuvent intervenir dans la prise en charge d’un prolapsus après accouchement.
- Sage femme ou médecin généraliste pour un premier bilan, des explications, une orientation.
- Kinésithérapeute spécialisé pour la rééducation périnéale et les conseils de posture, de sport, d’activité physique après grossesse.
- Gynécologue ou uro gynécologue pour un diagnostic clinique approfondi, la prescription d’un pessaire, la discussion de la chirurgie.
- Urologue lorsque les troubles urinaires sont au premier plan.
Mieux vaut demander un avis pour un symptôme qui inquiète que repousser indéfiniment une consultation par pudeur ou par manque de temps.
Préparer son rendez vous
Pour tirer le meilleur parti d’une consultation sur un prolapsus après accouchement, quelques préparatifs peuvent aider.
- Noter les symptômes précis, leur fréquence, les circonstances d’apparition.
- Rappeler le contexte obstétrical, la date de l’accouchement, le mode d’accouchement, le poids du bébé, la présence ou non de déchirure.
- Lister les traitements déjà essayés, la rééducation périnéale, un éventuel pessaire, les médicaments pris.
Cette préparation donne au professionnel une vision globale, facilitant un plan de prise en charge réaliste et progressif.
Choisir les professionnels pour être accompagné
Rôles respectifs et coordination
La prise en charge d’un prolapsus après accouchement repose souvent sur plusieurs intervenants.
- La sage femme suit le post partum, dépiste les premiers signes, met en place la rééducation périnéale et oriente si nécessaire.
- Le kinésithérapeute spécialisé propose une rééducation approfondie, structurée, avec un accent particulier sur les exercices et les pratiques post-partum adaptées.
- Le gynécologue ou l’uro gynécologue réalise un bilan complet, prescrit un pessaire, évalue l’indication d’une chirurgie.
- L’urologue intervient lorsque les fuites, rétentions ou infections urinaires dominent en termes de gêne.
- Le psychologue ou le sexologue aide à intégrer cette expérience dans le vécu corporel et relationnel.
Une bonne approche pluridisciplinaire repose sur la circulation des informations entre ces différents acteurs, avec parfois un référent qui suit la situation dans la durée.
Questions à poser et choix de la structure
Pour choisir l’équipe la plus adaptée à un prolapsus après accouchement, certaines questions peuvent guider.
- Quelles sont les priorités pour ma situation, rééducation, pessaire, chirurgie éventuelle, adaptation de l’activité.
- Comment s’organise le suivi, sur combien de temps, avec quels types de rendez vous.
- Quelle expérience l’équipe a t elle dans la prise en charge des troubles pelviens féminins post partum.
- Comment la coordination se fait elle entre les différents intervenants.
Les centres qui disposent d’une expertise spécifique en pelvi périnéologie offrent souvent des parcours structurés, mais un suivi de qualité peut aussi être assuré en ville, avec des professionnels formés.
Centres spécialisés et parcours dédiés
Certains hôpitaux, cliniques et réseaux territoriaux proposent des consultations dédiées aux pathologies du plancher pelvien, avec accès à la rééducation, aux pessaires, aux examens spécialisés et à la chirurgie lorsque nécessaire.
Se renseigner auprès de son médecin, de sa sage femme, de son kinésithérapeute, permet de repérer les ressources locales les plus adaptées.
Témoignages et expériences de patientes
Parcours typiques
Les récits de personnes confrontées à un prolapsus après accouchement sont très variés, mais certains schémas se répètent.
Certains décrivent une sensation de descente quelques jours après l’accouchement, très impressionnante, qui s’atténue nettement avec la régression de l’œdème et la rééducation périnéale. D’autres racontent l’apparition progressive d’une gêne à quelques mois, lorsque la reprise des activités domestiques, du travail ou du sport a augmenté les sollicitations physiques.
Pour certaines, le pessaire a été un soulagement rapide, permettant de marcher, de jouer avec l’enfant, de reprendre une activité physique après grossesse avec moins de peur. Pour d’autres, la trajectoire est passée par une chirurgie après plusieurs années, suivie d’une rééducation post opératoire soigneuse.
Ce que ces expériences apportent
Ces témoignages mettent en lumière plusieurs points.
- L’importance d’oser évoquer des symptômes intimes avec les soignants.
- La puissance d’une bonne information sur le fonctionnement du bassin.
- Le rôle des ajustements du quotidien, souvent plus efficaces qu’on ne l’imagine, dans l’amélioration d’un prolapsus après accouchement.
Ils rappellent aussi combien un soutien bienveillant de l’entourage, des partenaires et des professionnels peut alléger le poids psychologique de cette expérience.
S’en servir pour préparer sa propre prise en charge
S’inspirer de ces récits ne signifie pas copier la trajectoire de quelqu’un d’autre. Chaque prolapsus après accouchement a sa propre histoire.
En revanche, ces expériences aident à formuler ses questions, à identifier ce qui compte le plus pour soi, à se projeter dans un chemin de prise en charge qui combine temps, informations, choix personnels et accompagnement soignant.
À retenir
- Un prolapsus après accouchement correspond à une descente d’organes du petit bassin vers le vagin, liée à la sollicitation intense du plancher pelvien pendant la grossesse et la naissance.
- Les symptômes typiques associent pesanteur pelvienne, sensation de boule vaginale, gêne lors des efforts, parfois incontinence urinaire ou troubles du transit.
- Le diagnostic repose sur un diagnostic clinique avec toucher vaginal et bilan fonctionnel du périnée, complété au besoin par des examens d’imagerie ou un bilan urodynamique.
- La rééducation du plancher pelvien, l’adaptation du mode de vie, un traitement conservateur bien structuré et, si besoin, le pessaire vaginal, permettent souvent une nette amélioration d’un prolapsus après accouchement.
- La chirurgie est réservée aux formes persistantes et très gênantes, en tenant compte de l’âge, de la qualité tissulaire et des projets de grossesse.
- Une activité physique après grossesse adaptée, des conseils d’activité physique post-partum, une bonne gestion du transit avec une alimentation riche en fibres et une prévention et éducation thérapeutique centrée sur le bassin participent à la stabilité à long terme.
- Des professionnels formés, en approche pluridisciplinaire, peuvent accompagner chaque étape, de la première évaluation à un éventuel projet opératoire, en passant par les pratiques post-partum adaptées.
- Pour aller plus loin, poser ses questions et bénéficier de conseils personnalisés, il est possible de télécharger l’application Heloa, qui propose des questionnaires de santé gratuits pour les enfants et des contenus pour éclairer les choix de soins au quotidien.
Les questions des parents
Peut‑on accoucher par voie basse si j’ai un prolapsus ?
Oui, la voie basse reste souvent possible. Le choix dépend surtout de l’importance de la descente, des symptômes et du bilan obstétrical. Avant la naissance, un bilan avec le gynécologue ou l’obstétricien permet d’établir un plan personnalisé.
En pratique, on peut proposer des mesures pour protéger le périnée pendant le travail : limiter les poussées prolongées quand c’est possible, adapter les positions, envisager une aide instrumentale contrôlée au deuxième temps (pour raccourcir l’effort expulsif) ou une analgésie qui facilite une poussée efficace et bien coordonnée. Dans certains cas très sévères ou si le risque de complications est jugé élevé, une césarienne peut être discutée.
L’important : préparer la naissance en équipe (obstétricien, sage‑femme, kinésithérapeute) et revoir les options quelques semaines avant le terme.
Peut‑on porter un pessaire pendant la grossesse ?
Un pessaire peut être proposé dans des situations particulières pendant la grossesse pour soulager une descente gênante ou prévenir une aggravation. Ce n’est pas systématique, mais c’est une option utilisée par certains praticiens.
Si un pessaire est posé, il nécessite un suivi régulier (contrôles cliniques, hygiène) et il est le plus souvent retiré au début du travail. Les effets indésirables possibles sont des pertes vaginales plus abondantes ou des irritations locales, d’où l’importance d’un accompagnement médical. Parlez‑en avec votre obstétricienne ou sage‑femme pour savoir si c’est adapté à votre situation.
Puis‑je porter mon bébé et faire du sport sans aggraver mon prolapsus ?
Oui — la plupart du temps on peut porter son bébé et reprendre une activité physique, mais avec des adaptations. Pour le portage : privilégiez un porte‑bébé structuré qui maintient l’enfant près du corps et haut sur la poitrine, alternez les côtés, faites des pauses et évitez les charges longues ou asymétriques. Adoptez une posture neutre et fléchissez les genoux pour ramasser quelque chose plutôt que de vous pencher.
Côté sport, commencez par des activités à faible impact (marche, natation douce, yoga/pilates adaptés) et renforcez progressivement le plancher pelvien en coordination avec la respiration (expirer sur l’effort). Évitez temporairement les sauts, les impacts répétés et les charges lourdes tant que les symptômes persistent. Si vous constatez une augmentation de la sensation de boule, des fuites urinaires nouvelles ou de la douleur, stoppez l’effort et prenez rendez‑vous avec un professionnel pour ajuster le programme.

Pour aller plus loin :



