Les hémorroïdes après accouchement surprennent souvent. Tout allait bien, puis soudain, impossible de s’asseoir confortablement, chaque passage aux toilettes devient une épreuve, parfois avec du sang dans la cuvette. Beaucoup de jeunes mères hésitent à en parler, par pudeur ou parce qu’elles ont l’impression que ce serait un « détail » face au reste du post-partum, alors que la douleur peut être majeure et perturber l’allaitement, le sommeil, le lien avec le bébé.
Vous vous demandez peut-être si cette situation est normale, combien de temps cela va durer, ce que vous pouvez faire sans risque pour vous ni pour votre enfant, notamment si vous allaitez. L’objectif est d’expliquer clairement ce qui se passe dans le corps, pourquoi les hémorroïdes après accouchement apparaissent, comment les soulager et dans quels cas demander de l’aide médicale sans tarder.
Hémorroïdes après accouchement : définition et types
Qu’est-ce que les hémorroïdes après accouchement ? définition et contexte
Les hémorroïdes sont au départ des structures physiologiques. Il s’agit de petits coussins vasculaires formés de veines et de tissu conjonctif situés autour et à l’intérieur du canal anal. Ils participent à la continence, un peu comme un joint souple qui aide à garder les gaz et les selles.
Le problème commence quand ces coussins se dilatent de façon excessive, se gorgent de sang, s’enflamment ou se déplacent vers l’extérieur. On parle alors de maladie hémorroïdaire ou de crise hémorroïdaire. Les hémorroïdes après accouchement apparaissent sur un terrain déjà modifié par la grossesse. Pendant neuf mois, le volume sanguin augmente, les hormones assouplissent les tissus, l’utérus appuie sur le petit bassin et ralentit le retour veineux.
Au moment de la naissance, surtout lors d’un accouchement par voie basse avec des efforts de poussée importants, ces veines sont soumises à une pression très élevée. Elles peuvent brutalement gonfler, sortir, voire se thromboser, ce qui explique les douleurs parfois spectaculaires des premiers jours. La constipation post-partum vient souvent se rajouter, rendant chaque selle redoutée. La bonne nouvelle est que, dans la majorité des cas, la maladie hémorroïdaire post-partum suit une évolution spontanément favorable avec un traitement adapté et une prise en charge attentive du transit.
Hémorroïdes internes vs externes après accouchement : différences cliniques et visuelles
Les hémorroïdes se divisent en deux grands groupes, qui n’ont pas le même comportement ni les mêmes symptômes.
Les hémorroïdes internes se situent à l’intérieur du canal anal, au-dessus d’une ligne anatomique appelée ligne pectinée. Cette zone est pauvre en récepteurs de la douleur. Résultat, elles peuvent saigner sans faire particulièrement mal. On observe alors des traces de sang rouge vif sur le papier ou dans l’eau des toilettes, parfois une sensation de pesanteur, de corps étranger, de « boule » qui ressort au moment de la selle puis rentre spontanément.
Les hémorroïdes externes sont, elles, situées sous la peau qui entoure l’anus, une zone très riche en terminaisons nerveuses. Elles forment des petites bosses ou bourrelets, parfois comme un anneau gonflé, très sensibles au toucher. Quand un caillot se forme à l’intérieur, on parle de thrombose hémorroïdaire externe. La tuméfaction devient dure, bleutée ou violacée, la douleur peut être décrite comme lancinante, insomniante, parfois plus pénible que les suites de la déchirure périnéale elle-même.
Après une naissance par voie basse, les formes externes douloureuses sont particulièrement fréquentes, car l’effort d’expulsion fait affluer massivement le sang vers le périnée. Plus tard, lorsque la crise se calme, il reste parfois un petit repli de peau, appelé marisque, généralement bénin, mais qui peut gêner l’hygiène locale.
Comparaison : hémorroïdes pendant la grossesse vs après l’accouchement
Pendant la grossesse, la maladie hémorroïdaire touche environ 25 à 30 % des femmes. Sous l’effet de l’utérus qui comprime les veines pelviennes, du volume sanguin augmenté et de la tendance à la constipation, les hémorroïdes sont souvent présentes dès le troisième trimestre. Elles sont alors plutôt internes, sources de démangeaisons, de saignements légers, d’inconfort, mais pas toujours très douloureuses.
Les hémorroïdes après accouchement, elles, ont un profil un peu différent. Environ une femme sur cinq présente des symptômes significatifs dans les jours ou semaines qui suivent la naissance, avec une fréquence plus élevée après voie basse qu’après césarienne. Les formes externes thrombotiques dominent, volumineuses, douloureuses, parfois multiples, ce qui rend la station assise difficile et rend les tétées inconfortables.
Après césarienne, le risque diminue mais ne disparaît pas. Les mêmes mécanismes vasculaires liés à la grossesse et la constipation post-opératoire suffisent parfois à déclencher une crise. Dans l’ensemble, que les symptômes surviennent pendant la grossesse ou après l’accouchement, l’évolution est souvent favorable sous traitement conservateur, avec un retour progressif à la normale en quelques semaines.
Causes des hémorroïdes après accouchement : pourquoi elles surviennent
Effort de poussée lors de l’accouchement : mécanismes et rôle dans l’apparition des hémorroïdes
Au moment de l’expulsion, le corps maternel est soumis à une véritable montée en pression. Chaque poussée augmente brutalement la pression intra-abdominale et pelvienne. Le sang afflue dans les veines du périnée, y stagne plus facilement, alors même que le retour vers le cœur est freiné. Les veines hémorroïdaires, déjà fragilisées par la grossesse, se dilatent, parfois jusqu’à s’extérioriser.
Plus le travail est long, plus la phase d’expulsion est prolongée, plus les poussées sont dirigées « en force », notamment respiration bloquée, plus ce risque augmente. Le périnée, parfois œdématié par la descente de la tête du bébé, est étiré au maximum. Dans ces conditions, un caillot peut se former dans une veine externe, créant une thrombose hémorroïdaire avec un gonflement soudain et une douleur intense.
Chez certaines femmes, des hémorroïdes discrètes existaient déjà avant la grossesse, sans gêner. L’accouchement joue alors un rôle de révélateur. Tout ce qui était latent se manifeste de manière brutale, d’où la sensation de « catastrophe » ressentie par certaines jeunes mères dans les heures qui suivent la naissance.
Constipation post-partum et facteurs liés au transit
Après la naissance, beaucoup de paramètres se conjuguent pour ralentir le transit intestinal. La fatigue, le manque de sommeil, une alimentation parfois désorganisée, une hydratation insuffisante, la peur d’aller à la selle par crainte de tirer sur une épisiotomie ou une déchirure, tout cela contribue à la constipation. Certains médicaments, notamment les antalgiques opioïdes ou certains compléments de fer, accentuent encore ce phénomène.
Les selles deviennent plus sèches et plus dures. Pour les évacuer, l’effort de poussée est plus important, ce qui augmente la pression dans le canal anal. Plus il faut pousser, plus les coussins veineux se gorgent de sang. Une spirale se met alors en place. La douleur fait redouter la selle, donc on retient. En retenant, les selles se dessèchent et deviennent plus volumineuses. Le prochain passage aux toilettes devient redoutable.
Travailler sur ce point est donc central dans la prise en charge des hémorroïdes après accouchement. Une hydratation suffisante, une alimentation adaptée, des laxatifs doux si besoin et des conseils de position sur les toilettes réduisent très nettement les douleurs et limitent les récidives.
Facteurs de risque associés : voie d’accouchement, âge, antécédents
Toutes les femmes ne présentent pas des hémorroïdes après accouchement, même dans un contexte de travail long. Certains facteurs augmentent la probabilité de voir apparaître une crise.
L’accouchement par voie basse expose davantage à la maladie hémorroïdaire post-partum, notamment en cas de poussées prolongées. Les études rapportent un risque d’environ 20 % de thrombose hémorroïdaire externe après une naissance vaginale, contre environ 4 % après césarienne.
D’autres éléments entrent en jeu
- âge maternel plus élevé
- antécédents personnels de maladie hémorroïdaire ou de constipation chronique
- prédisposition familiale aux varices et aux troubles veineux
- grossesse multiple, bébé de poids élevé, travail très long
- toux chronique ou surpoids, qui augmentent la pression abdominale
Ces facteurs ne condamnent pas systématiquement à avoir des hémorroïdes après accouchement. Ils aident surtout à comprendre pourquoi certaines mères sont très touchées alors que d’autres traversent la période sans symptôme particulier.
Rôle des hormones, du volume sanguin et de la pression veineuse post-partum
Pendant la grossesse, la progestérone et d’autres hormones modifient profondément les tissus. Les parois veineuses se relâchent, tout comme les structures qui soutiennent les coussins hémorroïdaires. Le volume sanguin total augmente, parfois de près de 40 à 50 %, ce qui accroît la pression exercée sur les veines du petit bassin.
Après la naissance, ces paramètres ne se normalisent pas du jour au lendemain. Le post-partum est une période de transition hormonale intense. L’utérus diminue progressivement de volume, le corps élimine une partie du surplus de liquide, le système veineux se réorganise. Pendant ce temps, la stase veineuse dans la région pelvienne peut persister, surtout si la jeune mère reste longtemps assise pour allaiter ou debout pour s’occuper du bébé.
Ce terrain, associant distension veineuse, relâchement tissulaire et variations de pression, explique pourquoi des hémorroïdes après accouchement peuvent apparaître à distance du jour J, parfois au bout de quelques jours, alors même que l’expulsion s’est déroulée de façon simple.
Symptômes : comment reconnaître et différencier
Douleur, gonflement, masse et saignement : signes typiques et degré d’alerte
La maladie hémorroïdaire post-partum peut se manifester de façon très variable. Certaines femmes ressentent surtout une gêne et des démangeaisons, d’autres décrivent une douleur vive qui domine tout le reste du quotidien.
Les symptômes les plus fréquents sont
- douleur anale, surtout pendant la selle ou en position assise prolongée
- gonflement autour de l’anus, avec sensation de « boule » ou de masse
- saignement rectal rouge vif, sur le papier toilette ou dans l’eau de la cuvette
- démangeaisons, brûlures, irritations locales
- impression d’humidité, petites fuites de mucus
Un saignement modéré, ponctuel, sur des hémorroïdes internes, inquiète beaucoup mais est rarement signe d’une maladie grave en post-partum. En revanche, des saignements très abondants, qui saturent les protections, forment des caillots ou s’accompagnent de vertiges, de palpitations, de sensation de malaise, justifient une consultation rapide.
Même chose pour la douleur. Lorsque celle-ci empêche de dormir, de s’asseoir ou de s’occuper du bébé, et qu’un gonflement dur, bleu ou violacé apparaît, la suspicion de thrombose hémorroïdaire externe est forte, ce qui nécessite une prise en charge sans attendre.
Thrombose hémorroïdaire postpartum : présentation et situations urgentes
La thrombose hémorroïdaire post-partum correspond à la formation d’un caillot de sang dans une veine hémorroïdaire, le plus souvent externe. Le contexte est typique. Vous allez aux toilettes après une selle un peu difficile, ou vous venez de vivre un travail intense, puis, quelques heures plus tard, une masse douloureuse apparaît près de l’anus.
Les signes caractéristiques sont
- douleur très vive, continue, parfois pulsatile
- tuméfaction bleutée ou violacée, dure, extrêmement sensible au toucher
- difficulté à s’asseoir, à s’installer pour allaiter, parfois pour simplement marcher
- parfois plusieurs nodules côte à côte, formant un bourrelet œdématié
Dans la grande majorité des cas, le traitement reste conservateur. Antalgiques, soins locaux, bains de siège tièdes, correction du transit suffisent à faire régresser la lésion. La douleur diminue généralement nettement en quelques jours, puis le caillot se résorbe progressivement.
Une consultation urgente devient nécessaire si la douleur reste insupportable malgré les traitements, si le gonflement augmente très vite, si de la fièvre apparaît ou si le médecin suspecte une forme étendue, circulaire, mettant en tension tout le pourtour de l’anus.
Démangeaisons, brûlures et incontinence passagère : symptômes fréquents et prise en charge
Les hémorroïdes après accouchement ne provoquent pas uniquement des douleurs. Elles peuvent aussi entraîner un prurit anal, c’est à dire des démangeaisons parfois incessantes, et une sensation de brûlure. L’humidité locale, liée à de petites fuites de mucus ou à des résidus de selles, entretient l’irritation de la peau, qui peut s’eczématiser.
Certaines femmes remarquent également une gêne pour retenir les gaz, voire de petites fuites de selles. Ce n’est pas forcément le signe d’une incontinence définitive. Souvent, c’est l’association douleur périnéale, épisiotomie ou déchirure, fatigue et perturbation de la sensibilité locale qui altère temporairement la finesse du contrôle sphinctérien.
Les mesures utiles pour améliorer le confort sont
- hygiène périnéale douce et régulière, avec des produits non agressifs
- séchage soigneux, plutôt par tamponnement que par frottement
- application de soins locaux protecteurs ou apaisants adaptés
- gestion attentive du transit pour éviter les selles très liquides ou au contraire très dures
- suivi avec une sage-femme ou un médecin si les symptômes persistent
Différencier hémorroïdes après accouchement, fissure anale et infections
Tout ce qui fait mal dans la région anale après une naissance n’est pas forcément une hémorroïde. Plusieurs pathologies peuvent mimer ou accompagner les hémorroïdes après accouchement.
La fissure anale correspond à une petite déchirure de la muqueuse du canal anal, souvent favorisée par le passage de selles très dures. La douleur est alors aiguë, comme une coupure, maximale au moment de la selle puis persistant longtemps après. Il peut y avoir un petit saignement rouge vif. À l’examen, on observe une fine fente linéaire.
L’abcès ou une infection périnéale provoque une douleur intense, continue, souvent pulsatile, avec rougeur, chaleur locale, gonflement asymétrique, parfois fièvre ou écoulement purulent. C’est une urgence médicale, car l’infection peut s’étendre.
D’autres anomalies comme un prolapsus rectal restent rares en post-partum mais doivent être envisagées si le tableau clinique ne correspond pas à une crise hémorroïdaire habituelle.
Dès qu’il existe un doute, une fièvre, une rougeur importante ou une aggravation rapide, un examen par un professionnel de santé est indispensable. Mieux vaut poser la question trop tôt que de laisser évoluer une complication.
Diagnostic et suivi médical
Quand consulter ? signes d’alerte et timing du suivi post-partum
Les hémorroïdes après accouchement ne nécessitent pas toujours un avis médical en urgence. Beaucoup d’épisodes modérés se calment avec des mesures simples. En revanche, certaines situations doivent alerter.
Un avis médical est nécessaire notamment si
- la douleur anale est intense, persistante ou s’aggrave malgré les soins locaux
- les saignements rectaux sont abondants, fréquents ou surviennent en dehors des selles
- un gonflement brutal, dur et bleuté apparaît autour de l’anus
- de la fièvre, des frissons, une rougeur chaude ou un écoulement de pus sont présents dans la zone périnéale
- la constipation est sévère, avec impossibilité d’émettre les selles malgré les mesures habituelles
La consultation de suites de couches autour de 4 à 6 semaines est un moment privilégié pour faire le point. Le professionnel peut alors vérifier l’évolution des hémorroïdes après accouchement, ajuster les traitements et préparer la rééducation périnéale. Il ne faut pas hésiter à solliciter un avis avant ce délai si la douleur ou le saignement perturbent nettement le quotidien.
Examen clinique et examens possibles : examen proctologique, anuscopie
Le diagnostic repose d’abord sur l’interrogatoire. Le professionnel pose des questions sur la date d’apparition des symptômes, leur évolution, la localisation de la douleur, la présence de saignements, les antécédents hémorroïdaires, les troubles du transit. Ce temps d’échange permet d’orienter vers telle ou telle hypothèse.
Vient ensuite l’examen de la région anale. Le médecin ou la sage-femme observe l’aspect de la peau, la présence de tuméfactions, de marisques, d’une fissure visible ou de signes d’infection. Lorsque la douleur le permet, un toucher rectal est parfois réalisé. Il consiste à introduire un doigt ganté et lubrifié dans l’anus pour évaluer le tonus du sphincter, repérer une éventuelle masse interne, apprécier la sensibilité.
L’anuscopie, ou anoscopie, consiste à introduire un petit tube rigide ou souple, lubrifié, dans le canal anal pour visualiser directement les hémorroïdes internes et la muqueuse. L’examen dure peu de temps. Il peut être perçu comme gênant, mais il se déroule avec tact, en tenant compte du contexte émotionnel et physique du post-partum.
Ces examens ne sont pas systématiques dans les tout premiers jours. Ils deviennent utiles lorsque les symptômes persistent ou lorsqu’il existe un doute diagnostique, par exemple en cas de saignements répétés plusieurs semaines après l’accouchement.
Qui contacter : rôle de la sage‑femme, du généraliste, du gynécologue-obstétricien et du proctologue
Plusieurs professionnels de santé peuvent intervenir dans la prise en charge des hémorroïdes après accouchement.
La sage-femme est souvent l’interlocutrice la plus accessible dans les suites immédiates. Elle évalue la douleur, le périnée, le transit, propose des mesures d’hygiène et de prévention de la constipation, des conseils de positions, et oriente si nécessaire.
Le médecin généraliste assure le suivi global de la jeune mère. Il peut prescrire les crèmes hémorroïdaires, les suppositoires, les antalgiques, les veinotoniques et les traitements du transit. Il coordonne les avis spécialisés en cas d’évolution défavorable.
Le gynécologue-obstétricien surveille la cicatrisation de l’utérus, de l’épisiotomie ou de la césarienne, et peut donner un premier avis sur les hémorroïdes, notamment pour faire le lien avec l’histoire obstétricale.
Le proctologue ou gastro-entérologue spécialisé intervient lorsque les symptômes persistent malgré un traitement bien conduit, en cas de thromboses sévères répétées, de prolapsus important ou de doute diagnostique. Il évalue la nécessité d’actes plus spécialisés comme une ligature ou une hémorroïdectomie.
La collaboration entre ces intervenants permet d’adapter la prise en charge à la réalité du quotidien avec un nourrisson et aux éventuels projets d’allaitement.
Surveillance et suivi à moyen terme : cicatrisation, récidive et bilan si persistance
Dans la majorité des cas, les hémorroïdes après accouchement régressent progressivement en quelques jours à quelques semaines. Il n’est pas rare de garder un inconfort discret ou une petite marisque, sans conséquence majeure, mais pouvant gêner l’hygiène. Le suivi à moyen terme vise à vérifier que la tendance reste à l’amélioration.
Si, au-delà de quelques semaines ou mois, des douleurs marquées persistent, des saignements se répètent ou des masses hémorroïdaires restent volumineuses, un bilan plus poussé peut être indiqué. Il peut comprendre un nouvel examen proctologique, une anoscopie et, parfois, des examens complémentaires comme une coloscopie, surtout en cas d’antécédents familiaux de pathologies colorectales ou de symptômes atypiques.
Avoir présenté des hémorroïdes après accouchement augmente la probabilité de les retrouver lors d’une grossesse ultérieure, mais sans certitude. La prévention de la constipation, le travail sur le périnée et des habitudes de vie favorables au retour veineux restent des leviers importants pour limiter le risque de récidive.
Traitements conservateurs efficaces après l’accouchement
Hygiène locale et soins : bains de siège, compresses, séchage
Les mesures locales constituent la première ligne de traitement et peuvent déjà apporter un soulagement significatif. Après chaque selle, un nettoyage doux de la zone anale aide à limiter l’irritation. Un simple rinçage à l’eau tiède suffit souvent. En cas d’utilisation de savon, un produit surgras et non parfumé est préférable.
Le séchage se fait en tamponnant délicatement avec une serviette propre ou une compresse. Frotter la zone, même si l’envie de « bien nettoyer » est forte, entretient micro-lésions et démangeaisons.
Les bains de siège tièdes, réalisés dans une petite bassine ou directement dans la baignoire légèrement remplie, pendant 10 à 15 minutes, deux ou trois fois par jour, détendent le sphincter anal, diminuent l’œdème et apaisent la douleur. Après le bain, la région doit être séchée avec soin.
Les compresses froides ou poches de gel entourées d’un linge peuvent être appliquées pendant quelques minutes pour atténuer le gonflement et la douleur. L’application de glace directement sur la peau est à éviter pour ne pas provoquer de brûlures par le froid.
Mesures pour soulager la douleur et améliorer le confort au quotidien
Le quotidien avec un bébé est souvent rythmé par les tétées, les changes, les levers nocturnes. Quand s’ajoute une douleur anale importante, tout devient plus compliqué. Quelques ajustements pratiques peuvent faire une vraie différence.
- S’asseoir sur un coussin moelleux ou un coussin en forme de U pour réduire la pression sur le périnée
- Alterner les positions, en privilégiant la position allongée sur le côté pour les tétées les plus longues
- Éviter les chaises très dures, préférer des surfaces souples ou ajouter un coussin d’assise
- Ne pas rester assise longtemps sur les toilettes en attendant que la selle arrive
Certaines mères apprécient d’appliquer le froid après une période assise prolongée ou après une selle, d’autres préfèrent la chaleur tiède des bains. L’idée est d’ajuster selon les sensations.
Gestion du transit pour éviter l’aggravation : fibres, hydratation, laxatifs doux
Pour les hémorroïdes après accouchement, l’objectif digestif est simple à formuler, mais parfois plus difficile à atteindre dans la réalité du post-partum. Il s’agit d’obtenir des selles souples, faciles à émettre, sans effort important.
Plusieurs leviers peuvent être mobilisés
- boire régulièrement tout au long de la journée, idéalement autour de 1,5 à 2 litres d’eau, davantage si l’allaitement est exclusif ou s’il fait chaud
- adopter une alimentation riche en fibres avec des fruits frais, des légumes, des légumineuses, des céréales complètes
- introduire ces fibres progressivement pour limiter les ballonnements
- respecter l’envie d’aller à la selle, ne pas se retenir systématiquement
- utiliser un petit tabouret pour surélever les pieds sur les toilettes, ce qui place le bassin dans une position plus physiologique pour l’évacuation
Lorsque ces mesures ne suffisent pas, des traitements peuvent être ajoutés. Les laxatifs doux de type mucilages (comme le psyllium) ou émollients, ainsi que certains laxatifs osmotiques, sont souvent utilisés en post-partum. Leur choix doit tenir compte de l’allaitement, des autres médicaments et des préférences de la jeune mère. Un avis médical ou pharmaceutique aide à sélectionner la meilleure option.
Aides non médicamenteuses : bas de contention, posture, rééducation périnéale
Le système veineux du bas du corps est très sensible à la gravité et à la position. Améliorer le retour veineux peut soulager les symptômes liés aux hémorroïdes après accouchement.
Certaines femmes bénéficient du port de bas ou collants de contention, surtout lorsqu’il existe une insuffisance veineuse connue ou des varices importantes. Éviter de rester longtemps debout sans bouger ou assise jambes croisées diminue également la stase veineuse. Surélever les jambes au repos sur un coussin peut aussi favoriser le retour sanguin.
La rééducation du périnée, proposée quelques semaines après l’accouchement, ne se limite pas à renforcer les muscles pour la continence urinaire. Elle améliore aussi la vascularisation locale, la perception de la région anale, la coordination des efforts de poussée lors de la défécation. En apprenant à contracter puis relâcher le périnée au bon moment, on limite les poussées « en force » et donc les pressions excessives sur les hémorroïdes.
Une activité physique douce, comme la marche, puis plus tard la natation ou le vélo de manière progressive, stimule le transit, soutient le moral et réduit la stase veineuse. L’idée est de reprendre progressivement, en tenant compte de la fatigue globale et des autres suites de couches.
Médicaments et traitements locaux compatibles avec l’allaitement
Crèmes, suppositoires et anesthésiques locaux : options sûres et précautions
Les traitements locaux occupent une place importante dans la prise en charge des hémorroïdes après accouchement. Ils existent en crèmes, pommades ou suppositoires. Beaucoup de spécialités associent un anesthésique local, un anti-inflammatoire léger et un agent protecteur de la muqueuse.
L’anesthésique local, souvent un dérivé de la lidocaïne, diminue la conduction nerveuse et soulage la douleur au contact. Le corticoïde local, quand il est présent, réduit l’inflammation et l’œdème sur une courte période. Les excipients gras forment un film protecteur sur la muqueuse irritée.
En post-partum, l’absorption de ces produits à travers la muqueuse reste faible lorsque le traitement est utilisé aux doses prévues. Ils sont généralement considérés comme analgésiques compatibles avec l’allaitement, surtout lorsque la durée de traitement est limitée. Il est important de respecter la posologie, de signaler tout antécédent d’allergie aux anesthésiques locaux et d’éviter les cures trop longues sans avis médical.
Les suppositoires agissent plutôt sur les hémorroïdes internes et les crèmes sur les formes externes. Le professionnel de santé peut orienter le choix selon l’aspect des lésions et le type de douleur décrite.
Anti-inflammatoires et analgésiques en post-partum et allaitement
Pour gérer la douleur globale, qu’elle soit périnéale, utérine ou anale, des traitements par voie orale peuvent être nécessaires.
Le paracétamol reste l’analgésique de référence en post-partum. Il agit sur la fièvre et la douleur et est compatible avec l’allaitement aux doses usuelles. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène peuvent être utilisés sur des périodes courtes, à la dose la plus faible efficace, et sont également admis pendant l’allaitement dans la plupart des recommandations.
Dans certains cas de douleur très intense, un antalgique plus fort est utilisé ponctuellement, avec une surveillance attentive du nourrisson, notamment en cas de somnolence inhabituelle ou de difficultés de succion. La codéine est aujourd’hui peu utilisée dans ce contexte en raison de variations individuelles de métabolisation et de son passage dans le lait.
Veinotoniques et traitements oraux : indications, preuves et précautions
Les veinotoniques oraux, comme les flavonoïdes ou la diosmine-hespéridine, ont pour but de renforcer le tonus des parois veineuses, de diminuer l’œdème et de réduire la perméabilité capillaire. Certains travaux de proctologie suggèrent qu’ils peuvent raccourcir la durée de la douleur lors d’une thrombose hémorroïdaire et accélérer la résorption de l’œdème.
En post-partum, ces médicaments sont parfois prescrits sur des durées courtes, surtout en cas de thrombose marquée ou de symptômes importants. Ils sont généralement compatibles avec l’allaitement, mais leur introduction doit toujours être discutée avec le médecin. Ils ne remplacent pas les mesures locales ni la prise en charge du transit, ils viennent en complément.
Quand envisager une intervention chirurgicale
Indications chirurgicales : thrombose résistante, hémorroïdes volumineuses, échec des traitements conservateurs
La perspective d’une intervention effraie souvent, surtout quand on s’occupe déjà d’un nouveau-né. La bonne nouvelle est que la chirurgie reste rare pour les hémorroïdes après accouchement. Elle est envisagée lorsque les traitements conservateurs, bien suivis, n’apportent pas de soulagement suffisant.
Les situations typiques sont
- hémorroïdes volumineuses, qui sortent en permanence, difficiles à réduire et gênant fortement la vie quotidienne
- douleurs très importantes, résistantes aux traitements, perturbant durablement le sommeil, l’alimentation, les soins au bébé
- thromboses répétées, ou thrombose circulaire très douloureuse qui ne régresse pas
- prolapsus hémorroïdaire circulaire avec altération de la qualité de vie
Les équipes chirurgicales essaient, autant que possible, de repousser les interventions lourdes après les premières semaines de post-partum, une fois le corps un peu remis et la situation stabilisée. Des gestes plus locaux, en urgence, peuvent parfois être nécessaires pour soulager des formes très douloureuses.
Options chirurgicales et mini-invasives après l’accouchement
Plusieurs techniques existent pour traiter les hémorroïdes de façon ciblée. Leur choix dépend du type de maladie hémorroïdaire, de son grade, de la localisation des paquets veineux et de l’état général de la mère.
La ligature élastique est surtout adaptée aux hémorroïdes internes de grade II à III. Un petit anneau de caoutchouc est placé à la base du paquet veineux interne, ce qui coupe l’apport sanguin. L’hémorroïde se dessèche puis tombe, habituellement en quelques jours.
La sclérothérapie consiste à injecter un produit sclérosant dans le paquet hémorroïdaire interne. Ce produit irrite les parois veineuses et provoque une fibrose qui réduit le volume de l’hémorroïde.
La photocoagulation infrarouge utilise un faisceau lumineux pour coaguler les vaisseaux qui nourrissent l’hémorroïde interne, ce qui entraîne sa diminution progressive.
L’hémorroïdectomie est l’intervention chirurgicale la plus complète. Le chirurgien retire les paquets hémorroïdaires responsables des symptômes. Elle est réservée aux cas sévères, volumineux, très symptomatiques ou compliqués, après échec des autres techniques.
Ces gestes sont, sauf urgence, réalisés à distance de l’accouchement, lorsque la jeune mère a récupéré une partie de son énergie et que l’organisation familiale autour du bébé est un peu plus stable.
Risques, récupération et précautions post-opératoires chez une mère récente
Comme toute intervention, la chirurgie des hémorroïdes comporte des risques. Les principaux sont la douleur post-opératoire, les saignements, l’infection, les difficultés de cicatrisation. Les complications graves comme les troubles de la continence ou la sténose anale restent rares, mais elles sont expliquées par le chirurgien avant la décision.
Après hémorroïdectomie, la douleur peut être importante pendant plusieurs jours. Un schéma d’analgésie comprenant paracétamol, anti-inflammatoires non stéroïdiens et parfois antalgiques plus forts sur une durée limitée est proposé, en tenant compte de l’allaitement. La prévention de la constipation prend une place centrale pour éviter des efforts douloureux sur la zone opérée.
L’hygiène locale reste primordiale, souvent associée à des bains tièdes réguliers. La reprise des activités est progressive, avec repos relatif les premiers jours, marche douce ensuite, en évitant le port de charges lourdes. L’allaitement est généralement compatible avec ces traitements, mais des ajustements peuvent être nécessaires pour choisir les médicaments les plus adaptés.
Prévention des hémorroïdes après accouchement et pour les grossesses futures
Prévenir la constipation pendant la grossesse et le post-partum
Limiter la constipation pendant la grossesse puis pendant le post-partum réduit nettement le risque de voir apparaître des hémorroïdes après accouchement ou de réveiller des hémorroïdes anciennes.
Quelques axes simples, à adapter à chaque situation
- alimentation variée avec nombreux fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses
- hydratation régulière, en fractionnant les apports au cours de la journée
- limitation des aliments très raffinés, pauvres en fibres
- respect de l’envie d’aller à la selle, sans repousser systématiquement
- recours précoce à une aide médicale en cas de transit très ralenti
Ces principes restent valables après la naissance. Préparer à l’avance des collations simples, par exemple des fruits frais, des oléagineux, des compotes sans excès de sucre, peut aider à éviter de se rabattre uniquement sur des produits très raffinés pris sur le pouce.
Exercices périnéaux et rééducation : impact sur les hémorroïdes
Les muscles du plancher pelvien forment une sorte de hamac qui soutient l’utérus, la vessie et le rectum. Les exercices périnéaux renforcent ce soutien et améliorent la circulation sanguine dans la zone. Même s’ils ne font pas disparaître des hémorroïdes déjà constituées, ils peuvent en limiter l’aggravation et favoriser un meilleur contrôle des efforts de poussée.
Après l’accouchement, la rééducation périnéale est souvent proposée à partir de 6 à 8 semaines, une fois la cicatrisation avancée. Les séances, menées par une sage-femme ou un kinésithérapeute formé, incluent
- des exercices de contraction et de relâchement du périnée
- un travail sur la respiration et la posture
- des conseils pour adopter une technique de poussée plus douce aux toilettes
En apprenant à expirer pendant la poussée, à éviter l’apnée prolongée, le corps limite les hausses brutales de pression sur les veines hémorroïdaires.
Mesures préventives générales
D’autres mesures complètent la prévention des hémorroïdes après accouchement et lors de futures grossesses.
- Port de bas ou collants de contention pendant la grossesse en cas d’insuffisance veineuse marquée
- Éviter les positions statiques prolongées, notamment debout sans bouger ou assise sur une chaise dure longtemps
- Surélever régulièrement les jambes au repos
- Maintenir une activité physique adaptée, comme la marche ou la natation, selon l’avis médical
- Surveiller le transit et agir dès l’apparition d’un ralentissement notable
Ces gestes simples, répétés au quotidien, créent un environnement plus favorable pour la circulation veineuse et le périnée, et diminuent la probabilité de fortes crises hémorroïdaires.
Techniques de poussée lors de l’accouchement
Les techniques de poussée influencent directement la pression appliquée sur le périnée. Les poussées dites « bloquées », respirations coupées, menton sur la poitrine, généralisent une pression très élevée sur l’anus et le rectum. Certaines équipes d’obstétrique encouragent au contraire des poussées plus physiologiques, guidées par les sensations d’envie d’expulser et réalisées sur l’expiration.
Vous vous interrogez peut-être sur l’intérêt concret, d’un point de vue hémorroïdaire. L’idée est que des poussées accompagnées de l’expiration limitent la surpression veineuse, tout en restant efficaces pour faire descendre le bébé. Le temps de repos entre les poussées est aussi important pour laisser les tissus récupérer.
Parler de tout cela en cours de préparation à la naissance ou lors des consultations du troisième trimestre permet d’anticiper. Surtout si des hémorroïdes importantes ont déjà été vécues lors d’une précédente grossesse.
Conseils à discuter avant et pendant le travail
Avant le jour J, plusieurs sujets peuvent être abordés avec l’équipe obstétricale
- la durée souhaitable de la phase d’expulsion
- les options d’analgésie et leur impact sur la perception des poussées
- les positions possibles pour accoucher, couchée, semi-assise, sur le côté, accroupie, à quatre pattes, et leur effet sur le périnée
La césarienne diminue l’impact de la poussée sur les veines hémorroïdaires, mais elle n’est pas proposée uniquement pour prévenir des hémorroïdes après accouchement, sauf contexte très particulier. La décision repose toujours sur un ensemble d’éléments obstétricaux et médicaux. Une histoire de maladie hémorroïdaire sévère peut entrer dans la discussion, mais n’est qu’un facteur parmi d’autres.
Conseils pratiques au quotidien pour les parents
Allaitement et hémorroïdes : adaptations et traitements compatibles
L’allaitement implique souvent de longues périodes assises ou semi-allongées, parfois plusieurs heures cumulées par jour. Les hémorroïdes après accouchement peuvent rendre ces moments difficiles. Quelques ajustements permettent de retrouver davantage de confort.
- Privilégier la position allongée sur le côté pour certaines tétées, notamment la nuit ou quand la douleur est au maximum
- Utiliser un coussin d’allaitement pour soutenir le dos et les bras, et un coussin d’assise moelleux pour décharger le périnée
- Alterner les positions de tétée dans la journée pour ne pas solliciter toujours les mêmes zones
Les antalgiques compatibles avec l’allaitement, comme le paracétamol ou l’ibuprofène à court terme, peuvent être prescrits pour garder un niveau de confort raisonnable. Les crèmes et suppositoires hémorroïdaires sont le plus souvent compatibles, mais il reste préférable de s’appuyer sur les conseils d’un professionnel de santé pour éviter les produits inadaptés. Une astuce simple consiste à boire un verre d’eau à chaque tétée pour soutenir à la fois l’hydratation maternelle, la production lactée et le transit.
Reprise d’activité, sport et sexualité après un épisode hémorroïdaire post-partum
La reprise des activités physiques et intimes doit respecter le rythme de récupération du corps. Il n’y a pas de calendrier universel, mais quelques repères peuvent guider.
Pour l’activité physique
- commencer par des marches courtes et fréquentes, dès que l’état général le permet
- augmenter progressivement la durée et l’intensité, en fonction des sensations
- repousser les activités à fort impact comme la course ou les sauts tant que le périnée reste douloureux ou fragilisé
Pour la sexualité, on conseille souvent d’attendre 4 à 6 semaines, voire un peu plus si les suites périnéales sont difficiles. Après un épisode hémorroïdaire très douloureux, il peut être nécessaire de patienter davantage pour que la zone soit moins sensible. Le choix de positions confortables, l’utilisation de lubrifiants et un dialogue ouvert avec le partenaire sont des alliés précieux. En cas de douleurs persistantes pendant les rapports, une consultation permet d’examiner la zone et d’adapter les soins.
Astuces maison et confort immédiat
Quelques gestes simples aident à mieux vivre les hémorroïdes après accouchement au quotidien.
- Utiliser un coussin confortable pour toutes les positions assises prolongées, y compris pour le travail sur écran ou les repas
- Sur les toilettes, éviter de s’installer avec un livre ou le téléphone, y rester le moins longtemps possible
- Surélever légèrement les pieds avec un petit tabouret, ce qui met le rectum dans une meilleure position pour la défécation
- Favoriser les aliments faciles à digérer et riches en fibres, comme certains fruits frais, les compotes peu sucrées, les légumes cuits, les céréales complètes
- Observer les aliments qui semblent aggraver les symptômes, par exemple certains plats très épicés ou extrêmement gras, et les limiter si besoin
En combinant ces ajustements avec les soins locaux, les bains tièdes, les crèmes prescrites et la gestion du transit, beaucoup de jeunes mères constatent une amélioration notable de leur confort en quelques jours.
Remèdes maison et approches complémentaires : efficacité, sécurité et limites
De nombreuses approches complémentaires sont évoquées pour soulager les hémorroïdes après accouchement, qu’il s’agisse de cataplasmes d’argile, d’huiles végétales, de tisanes veinotoniques, de phytothérapie ou d’acupuncture. Le niveau de preuves scientifiques varie beaucoup d’une méthode à l’autre.
Quelques repères aident à s’y retrouver
- les mesures validées comme les soins périnéaux doux, les bains tièdes, le froid local, l’adaptation de l’alimentation et du transit restent la base
- les remèdes appliqués localement doivent être non irritants, testés sur une petite surface si besoin, et réservés à une peau intacte
- certaines plantes prises par voie orale peuvent interagir avec des médicaments, modifier la coagulation ou passer dans le lait maternel
- l’acupuncture ou certaines techniques de relaxation peuvent être proposées comme compléments, surtout pour la gestion de la douleur et du stress, mais ne remplacent pas une prise en charge médicale lorsque celle-ci est nécessaire
Avant d’introduire un remède complémentaire, particulièrement pendant l’allaitement, il est prudent d’en parler avec la sage-femme, le généraliste ou le pharmacien, pour s’assurer que la solution choisie est compatible avec le contexte.
Annexes et encadrés à insérer
Encadré « à faire / à éviter » spécifique au post-partum
À faire
- Boire suffisamment et adopter une alimentation riche en fibres pour limiter la constipation post-partum
- Prendre le temps d’une hygiène anale douce après chaque selle, avec un séchage minutieux
- Utiliser des bains tièdes et des compresses froides pour apaiser la douleur et l’œdème
- S’installer sur un coussin moelleux et varier les positions d’allaitement, notamment allongée sur le côté
- Solliciter une sage-femme ou un médecin dès que douleur, gonflement ou saignement deviennent préoccupants
À éviter
- Rester assise longtemps sur les toilettes ou pousser de manière forcée
- Prendre des médicaments ou des plantes pour le transit sans avis de professionnel pendant la grossesse ou l’allaitement
- Retarder une consultation en cas de douleur intense, de saignement abondant ou de fièvre
- Porter des charges lourdes dans les premières semaines si cela accentue la douleur périnéale
- Minimiser les symptômes par peur de déranger, en parler tôt permet souvent de soulager plus vite
Check-list « quand consulter » pour les jeunes mères
Consulter rapidement si
- la douleur anale est très forte, empêche de s’asseoir ou de dormir
- un gonflement dur, bleuté, apparaît brutalement autour de l’anus
- les saignements rectaux sont abondants, répétés ou associés à des vertiges ou un malaise
- une fièvre, des frissons, une rougeur chaude ou un écoulement de pus périnéal se manifestent
- la constipation est sévère, avec impossibilité de selles malgré les mesures habituelles
- les symptômes ne s’améliorent pas après une dizaine de jours de traitement conservateur
Infographie possible : anatomie, mécanisme des hémorroïdes et conseils pratiques
Idées de rubriques pour une infographie dédiée aux hémorroïdes après accouchement
- Schéma de l’anatomie anale, avec les zones des hémorroïdes externes et internes
- « Pourquoi après l’accouchement » avec les rôles de la pression du bébé, des efforts de poussée, de la constipation et des hormones
- « Comment ça se manifeste » avec les principaux symptômes, douleur, gonflement, saignement, démangeaisons
- « Ce qui aide » avec les bains tièdes, les coussins, l’hydratation, l’alimentation riche en fibres, les traitements locaux compatibles avec l’allaitement
- « Quand consulter » avec les signaux d’alerte à ne pas négliger
- « Et après » avec les pistes de prévention pour les futures grossesses, rééducation périnéale, gestion du transit, discussion avec l’équipe obstétricale
Bibliographie et sources recommandées
- Société Nationale Française de Coloproctologie, recommandations sur la maladie hémorroïdaire, fiches patients et documents sur la thrombose hémorroïdaire externe
- Site de l’Assurance Maladie, pages consacrées aux hémorroïdes, à la prévention et aux traitements
- Ressources du NHS britannique sur les suites de couches et les hémorroïdes du post-partum
- Dossiers de la Mayo Clinic sur les hémorroïdes et leurs options thérapeutiques
- Articles de proctologie et de médecine périnatale détaillant la fréquence des hémorroïdes pendant la grossesse et après l’accouchement, et comparant les voies d’accouchement
- Bases de données spécialisées en médicaments et allaitement, utiles pour vérifier la compatibilité des antalgiques, AINS, traitements locaux et veinotoniques
À retenir
- Les hémorroïdes après accouchement sont fréquentes et parfois très douloureuses, mais évoluent le plus souvent vers une amélioration progressive avec des soins adaptés
- L’effort de poussée pendant la naissance, la constipation et les modifications veineuses liées à la grossesse sont les principaux facteurs en cause
- La prise en charge repose d’abord sur des mesures locales, la gestion fine du transit, une bonne hydratation et des traitements compatibles avec l’allaitement
- Une douleur insupportable, un gonflement dur et bleuté, des saignements abondants ou des signes d’infection constituent des signaux d’alerte qui justifient un avis médical rapide
- La prévention de la constipation, la rééducation périnéale, l’adaptation des positions d’accouchement et une activité physique progressive aident à limiter le risque de récidive lors de futures grossesses
- Des professionnels de santé sont disponibles pour accompagner chaque étape, de la maternité au suivi à distance, et adapter les réponses à chaque situation familiale
Pour bénéficier d’un accompagnement supplémentaire au quotidien, il est possible de télécharger l’application Heloa qui propose des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, afin de soutenir les parents dans leurs décisions de santé au fil des mois.
Les questions des parents
Le froid (par exemple des petits pois surgelés) est‑il efficace et sûr pour soulager les hémorroïdes post‑accouchement ?
Oui, utilisé correctement, le froid peut soulager rapidement le gonflement et la douleur. Quelques conseils simples et sûrs : envelopper les petits pois surgelés dans un linge propre (ne jamais appliquer directement sur la peau), poser 10 à 15 minutes, puis interrompre. Répéter plusieurs fois par jour selon le besoin.
Attention : si la peau est fragile, s’il y a une plaie ouverte ou une thrombose très douloureuse, mieux vaut demander un avis médical avant d’appliquer du froid. Et si la douleur augmente, la zone devient engourdie ou la couleur change, arrêter et consulter. En général, alterner froid court et bains de siège tièdes (selon la tolérance) donne souvent de bons résultats.
Les hémorroïdes en fin de grossesse sont‑elles un signe que l’accouchement est proche ?
Non, pas de façon fiable. Les hémorroïdes peuvent s’aggraver en fin de grossesse du fait de la pression utérine et des variations hormonales, mais elles ne prédisent pas l’imminence du travail. Les vrais signes d’accouchement sont des contractions régulières, la perte des eaux ou un “décollement” du bouchon muqueux (quelques traces de sang).
Si les symptômes augmentent brusquement pendant le travail, cela peut être lié aux poussées, mais en l’absence d’autres signes obstétricaux, une poussée d’hémorroïdes n’indique pas à elle seule que le travail va commencer. En cas d’inquiétude, n’hésitez pas à en parler à la sage‑femme ou à la maternité : cela rassure et permet d’adapter les mesures de confort.
Quels remèdes naturels peut‑on essayer en toute sécurité en post‑partum et pendant l’allaitement ?
Plusieurs mesures douces aident et présentent peu de risques lorsqu’elles sont bien utilisées :
- améliorer le transit (fibres alimentaires, psyllium, hydratation) pour éviter les efforts lors des selles ;
- bains de siège tièdes réguliers pour détendre le sphincter et apaiser la douleur ;
- compresses froides enveloppées pour réduire l’œdème (voir précautions ci‑dessus) ;
- tampons ou lingettes à l’hamamélis (witch hazel) sans alcool, souvent bien tolérés pour apaiser localement ;
- gel d’aloe vera pur appliqué ponctuellement sur une peau intacte si vous tolérez ce produit.
Quelques précautions : tester tout produit sur une petite zone, éviter les préparations irritantes ou très parfumées, et ne pas prendre de plantes par voie orale sans en parler au professionnel de santé (certaines passent dans le lait ou interagissent avec des médicaments). Si vous allaitez, privilégiez les mesures locales peu absorbées et demandez conseil avant d’introduire des compléments ou des plantes.

Pour aller plus loin :



