Une grossesse sous stérilet surprend presque toujours : on choisit le DIU justement pour sa grande fiabilité, puis un retard, une nausée, un test positif… et la tête se remplit de scénarios. Est-ce possible ? Est-ce dangereux ? Faut-il retirer le stérilet tout de suite ? Et surtout : comment vérifier rapidement que la grossesse est bien au bon endroit ?
Les bonnes questions sont simples, et elles se répondent dans l’ordre : confirmer la grossesse, la dater, localiser la grossesse (utérus ou trompe), puis repérer où se trouve le DIU. Ensuite seulement vient la décision : poursuivre ou interrompre. Ce chemin évite de perdre du temps et réduit l’angoisse.
Grossesse sous stérilet : comprendre le DIU et le risque réel
DIU cuivre et DIU hormonal : deux stérilets, deux profils
Le DIU (dispositif intra-utérin) est une contraception de longue durée placée dans l’utérus.
- Le DIU au cuivre ne contient pas d’hormones. Il peut augmenter le flux menstruel et les crampes, surtout les premiers mois.
- Le DIU hormonal (au lévonorgestrel) diffuse une petite quantité d’hormone dans l’utérus : les règles diminuent souvent, et une aménorrhée (absence de règles) peut devenir la norme, ce qui n’est pas un « bug » mais un effet attendu.
Ces différences comptent, car elles modifient la façon dont on repère une grossesse sous stérilet : avec le cuivre, un retard de règles interpelle plus facilement , avec l’hormonal, on se fie davantage aux symptômes et aux changements inhabituels.
Comment un DIU empêche une grossesse
Le DIU agit avant qu’une grossesse ne s’installe.
- Avec le cuivre : effet spermicides (mobilité des spermatozoïdes diminuée) + réaction inflammatoire locale de l’endomètre, ce qui rend l’implantation moins probable.
- Avec l’hormonal : épaississement de la glaire cervicale (barrière au passage des spermatozoïdes), modification de l’endomètre et, chez certaines personnes, frein partiel de l’ovulation.
Résultat : la contraception intra-utérine fait partie des méthodes les plus efficaces, sans être infaillible.
Efficacité : quand parle-t-on d’échec ?
En population générale, l’efficacité dépasse 99 %.
Repères souvent cités (Indice de Pearl, grossesses pour 100 femmes-années) :
- DIU cuivre : environ 0,8.
- DIU hormonal : environ 0,2.
Une grossesse sous stérilet reste donc rare. Quand elle survient, le sujet numéro 1 n’est pas « pourquoi », mais « où est la grossesse ? » (car il faut écarter une grossesse extra-utérine).
Pourquoi une grossesse sous stérilet peut arriver
DIU déplacé ou mal positionné
Pour être pleinement efficace, le DIU doit être bien situé dans la cavité utérine. S’il est trop bas, incliné, partiellement inséré dans la paroi, son action contraceptive peut diminuer.
Signaux possibles (pas toujours présents) : douleurs nouvelles, saignements inhabituels, gêne, sensation que les fils ont changé.
Expulsion partielle ou totale : parfois silencieuse
Un DIU peut s’expulser, en partie ou complètement, notamment pendant les règles. Parfois, aucune douleur marquée.
Indices pratiques :
- fils plus longs ou au contraire introuvables,
- douleurs et saignements qui changent brusquement,
- impression qu’« il y a quelque chose » au niveau du vagin.
En cas d’expulsion, la contraception n’est plus assurée : une grossesse sous stérilet peut alors survenir… alors même que le DIU n’est plus en place.
DIU en fin de durée d’utilisation
Chaque modèle a une durée d’utilisation (souvent 3 à 10 ans). Au-delà, l’efficacité peut diminuer. Un DIU « oublié » peut donc augmenter le risque d’échec.
Fils non visibles : plusieurs explications
Des fils non visibles peuvent correspondre à :
- fils remontés dans le col,
- DIU déplacé,
- expulsion,
- plus rarement, perforation utérine lors de la pose avec migration.
Impossible de conclure sans examen : l’échographie pelvienne sert à localiser le dispositif.
Périodes plus à risque : post-partum, suites de pose, anatomie utérine
Le risque de déplacement ou d’expulsion est plus élevé :
- dans les semaines suivant la pose,
- en post-partum (utérus en remaniement),
- en cas de particularités de la cavité utérine.
Et après un accouchement ? La fertilité peut revenir vite, même si l’allaitement retarde parfois l’ovulation. Si un doute apparaît, tester tôt évite d’attendre.
Signes : quand penser à une grossesse sous stérilet
Symptômes : souvent identiques à toute grossesse
Fatigue, nausées, seins sensibles, envie d’uriner plus fréquente, hypersensibilité aux odeurs, impression de ne pas être « dans son état habituel ». Rien de spécifique.
La difficulté, c’est l’interprétation : on attribue facilement un changement au DIU, alors qu’une grossesse sous stérilet mérite d’être exclue rapidement.
Retard de règles avec DIU cuivre : un signal utile
Sous cuivre, les règles restent en général présentes (parfois plus longues et plus abondantes). Un retard inhabituel, surtout avec symptômes, justifie un test urinaire.
DIU hormonal et absence de règles : normal… sauf quand ça change
Avec un DIU hormonal, l’aménorrhée est fréquente. Ce qui doit alerter, c’est une rupture de votre « profil habituel » : nausées nouvelles, douleurs pelviennes, saignements inattendus, tension mammaire inhabituelle.
Saignements : spotting ou vraie alerte ?
Le spotting (petites pertes rosées/brunes) est courant, surtout les premiers mois ou avec DIU hormonal.
En revanche, des saignements plus abondants, prolongés, ou associés à des douleurs doivent faire rechercher :
- déplacement ou expulsion,
- infection,
- grossesse sous stérilet (intra-utérine ou extra-utérine).
Douleurs pelviennes : l’indice à ne pas minimiser
Un léger inconfort après la pose peut exister. Mais une douleur nouvelle, intense, ou d’un seul côté doit être évaluée.
Quand une grossesse survient malgré un DIU, la probabilité relative de grossesse extra-utérine augmente : il faut l’écarter vite.
Confirmer et localiser : tests et examens utiles
Test urinaire : fiable, même avec un DIU
Le test urinaire détecte l’hormone hCG. La présence d’un DIU ne fausse pas le résultat.
Si le test est négatif mais que les symptômes persistent, le refaire quelques jours plus tard est logique.
Prise de sang bêta-hCG : plus sensible, plus informative
Le dosage sanguin de bêta-hCG est plus précoce et donne une valeur chiffrée. En début de grossesse, le taux augmente de façon notable en 48 heures (même si chaque situation a ses nuances).
Ce suivi aide à caler le bon moment pour l’échographie et à repérer une évolution atypique.
Quand re-tester ?
Si le test urinaire est négatif mais qu’il existe :
- retard persistant,
- symptômes qui s’accentuent,
- douleurs, saignements,
un nouveau test à 3–7 jours, ou une prise de sang selon le contexte, est souvent la suite la plus simple.
Échographie pelvienne (souvent transvaginale) : l’examen pivot
L’échographie transvaginale permet de :
- confirmer la localisation intra-utérine,
- rechercher une grossesse ectopique,
- localiser le DIU.
Quand l’hCG atteint une zone dite « discriminante » (souvent autour de 1500–2000 mUI/mL), l’absence de sac dans l’utérus fait discuter une grossesse trop précoce… ou extra-utérine. D’où l’intérêt d’un suivi médical rapproché.
Localiser le DIU : en place, bas situé, expulsé, non retrouvé
L’échographie précise si le DIU est :
- correctement positionné,
- bas situé/mal positionné,
- partiellement expulsé,
- non visualisé (expulsion probable, plus rarement migration).
Urgence ou consultation rapide ?
Avec test positif et DIU, l’objectif est une consultation rapide.
Aller aux urgences sans attendre si : douleur intense (surtout unilatérale), malaise, vertiges, saignements abondants, fièvre.
Grossesse extra-utérine et DIU : pourquoi on y pense en premier
Risque relatif : une notion à comprendre simplement
Le DIU empêche surtout les grossesses dans l’utérus. Donc, si une grossesse survient malgré tout, la proportion de grossesses implantées hors de l’utérus (trompe le plus souvent) est plus élevée que chez les personnes sans DIU.
En valeur absolue, la grossesse extra-utérine reste rare. Mais elle peut devenir grave en cas de rupture tubaire : on ne la laisse pas évoluer sans contrôle.
Signes évocateurs
- douleur pelvienne brutale, souvent d’un côté,
- saignements vaginaux anormaux,
- douleur d’épaule (plus rare),
- malaise, pâleur, vertiges, évanouissement.
Quand c’est une urgence médicale
Prise en charge immédiate si : douleur qui s’aggrave, saignements importants, faiblesse marquée, suspicion de rupture.
Focus Jaydess : un mot sur ce DIU hormonal
Jaydess est un DIU hormonal au lévonorgestrel, prévu pour environ 3 ans.
Les données spécifiques par marque sont plus limitées que les données regroupées sur les DIU hormonaux. Le principe reste constant : si une grossesse sous stérilet survient avec Jaydess en place, l’échographie précoce est essentielle pour vérifier la localisation.
Prise en charge d’une grossesse sous stérilet : que fait l’équipe ?
Les premiers gestes
- Test de grossesse dès le doute.
- Si positif : contact rapide avec médecin/sage-femme/gynécologue.
- Organisation d’un dosage bêta-hCG et d’une échographie.
Attendre que « ça se tasse » fait perdre un temps précieux, surtout en cas de douleur.
Ce qu’il vaut mieux éviter seule
Ne pas tirer sur les fils, ne pas tenter de retirer le DIU à domicile. Le col et l’utérus sont sensibles, et une traction peut provoquer saignements et contractions.
Si la grossesse est intra-utérine et souhaitée
Quand les fils sont accessibles, le retrait du DIU est souvent proposé, car il diminue certains risques (fausse couche, infections, saignements) comparé à un DIU laissé en place.
Un suivi obstétrical plus rapproché est habituel.
Si la grossesse est intra-utérine et non souhaitée
Les options, dont l’IVG, se discutent selon le terme, l’état de santé et votre préférence. Le DIU peut être retiré dans le parcours de prise en charge, selon la situation.
Retrait du DIU pendant la grossesse : quand et comment
Si la grossesse est intra-utérine et que les fils sont visibles, un retrait précoce par un professionnel est généralement privilégié, conformément aux pratiques internationales lorsque le geste est faisable sans risque majeur.
Le retrait se fait avec précaution : manipuler le col peut déclencher des crampes et des saignements.
Fils visibles vs non visibles : deux scénarios
- Fils visibles : retrait souvent possible en consultation.
- Fils non visibles : pas de retrait « à l’aveugle ». On localise d’abord au moyen d’une échographie, puis décision au cas par cas.
DIU non retrouvé à l’échographie
L’hypothèse la plus fréquente est l’expulsion passée inaperçue. Selon l’histoire (douleurs, pose récente, suspicion de perforation), une imagerie complémentaire peut être discutée.
Si c’est une grossesse extra-utérine
La prise en charge est spécialisée.
Selon la localisation, le taux d’hCG et votre état clinique :
- traitement médical (souvent par méthotrexate) si critères remplis,
- traitement chirurgical (souvent par cœlioscopie) si risque de rupture ou instabilité.
Après une grossesse sous stérilet : risques, suivi, prévention
Risques possibles si la grossesse continue
Une grossesse sous stérilet est associée à un risque accru de :
- fausse couche,
- infection (dont chorioamniotite),
- rupture prématurée des membranes,
- prématurité.
Retirer le DIU quand c’est possible diminue une partie de ces risques, sans les effacer totalement.
Pendant la grossesse : quand recontacter rapidement
Consultez sans attendre si :
- douleurs pelviennes importantes,
- saignements abondants,
- fièvre, frissons, pertes malodorantes,
- altération rapide de l’état général.
Suivi après retrait
Il peut comprendre :
- surveillance clinique,
- échographies selon le terme,
- parfois bêta-hCG si la localisation initiale était incertaine.
Si le DIU doit rester en place
La grossesse est suivie avec vigilance renforcée, notamment pour :
- signes infectieux,
- saignements,
- bien-être fœtal.
Fertilité après retrait : que se passe-t-il ?
La fertilité revient rapidement après retrait.
- Après DIU cuivre : reprise des cycles selon votre rythme.
- Après DIU hormonal : retour des règles parfois plus progressif, l’endomètre mettant un peu de temps à redevenir plus épais.
Prévenir les problèmes : gestes simples
- respecter la durée d’utilisation et anticiper le remplacement,
- faire le contrôle post-pose proposé,
- vérifier les fils de temps en temps (sans ritualiser),
- consulter si changement net : fils introuvables, douleurs inhabituelles, saignements anormaux.
À retenir
- Un DIU cuivre ou hormonal est très efficace, mais une grossesse sous stérilet reste possible.
- Les causes fréquentes sont : déplacement, expulsion, durée d’utilisation dépassée.
- Test positif avec DIU : échographie rapide pour localiser la grossesse et le DIU, et écarter une grossesse extra-utérine.
- Urgence si douleur unilatérale intense, malaise, vertiges, saignements abondants ou fièvre.
- Si grossesse intra-utérine poursuivie et fils accessibles, le retrait du DIU est souvent proposé, puis suivi obstétrical renforcé.
- Des professionnels peuvent accompagner chaque étape , et vous pouvez télécharger l’application Heloa pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants.
Les questions des parents
Témoignage : que racontent souvent les personnes ?
Beaucoup décrivent d’abord la surprise, puis un mélange d’inquiétude et de soulagement. Avec un DIU hormonal, l’absence de règles peut retarder la suspicion , avec le cuivre, des règles irrégulières peuvent masquer une grossesse naissante. Les récits évoquent aussi la peur d’une grossesse extra‑utérine et le soulagement après une échographie rassurante. Rassurez‑vous : partager son histoire aide souvent à mieux comprendre et à trouver un soutien médical et émotionnel.
Déni de grossesse sous stérilet cuivre : comment ça arrive ?
Chez les utilisatrices de cuivre, des saignements ou des cycles irréguliers peuvent faire penser que rien n’a changé, d’où un délai à suspecter la grossesse. Si vous notez fatigue nouvelle, nausées ou un changement dans vos saignements habituels, pensez à faire un test urinaire. En cas de doute persistant ou de test positif, une prise de sang et une échographie confirment la situation et permettent d’agir rapidement.
Enceinte sous stérilet à 40 ans : est‑ce différent ?
L’âge modifie certains risques obstétricaux indépendamment du DIU (prédispositions chromosomiques, suivi plus rapproché). La prise en charge reste similaire : dosage des bêta‑hCG, échographie pour localisation, puis suivi obstétrical adapté. Vous pouvez demander un rendez‑vous précoce pour faire le point sur les examens recommandés et discuter des options, avec bienveillance et sans jugement.

Pour aller plus loin :




