Par Heloa, le 7 février 2026

Laryngite bébé : symptômes, traitements et quand s’inquiéter

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Une maman consulte un médecin au téléphone depuis la chambre pour une laryngite bébé

Quand une laryngite bébé surgit, surtout en pleine nuit, le scénario se répète : une toux « aboyante » qui claque dans le silence, une voix cassée, parfois un bruit aigu à l’inspiration… et, très vite, la question qui tourne en boucle : est-ce que l’air passe bien ? La laryngite bébé est le plus souvent virale et guérit bien, mais elle impressionne parce que le larynx du tout-petit est étroit et réagit vivement à l’inflammation. Savoir repérer les signes rassurants, appliquer quelques gestes simples, et reconnaître les signaux d’alarme permet d’agir avec plus de sérénité.

Comprendre la laryngite bébé et le rôle du larynx

Qu’est-ce qu’une laryngite chez le bébé ?

La laryngite bébé correspond à une inflammation du larynx (zone située entre le pharynx et la trachée). Le larynx abrite les cordes vocales : lorsqu’elles sont irritées et gonflées (œdème), la voix s’enroue, les pleurs deviennent rauques, et la toux prend ce timbre typique, sec, « comme un phoque ».

Dans la plupart des cas, il s’agit d’une laryngite aiguë d’origine virale, parfois appelée croup quand la zone sous-glottique est touchée. Bruyante, théâtrale, elle peut donner l’impression que l’enfant « force » pour respirer.

Pourquoi la laryngite peut gêner la respiration

Ici, tout est affaire de diamètre. Chez le nourrisson et le jeune enfant, les voies aériennes supérieures sont naturellement fines. Dans la région sous-glottique (juste sous les cordes vocales), un œdème même modeste réduit fortement le passage de l’air.

Conséquence : l’air passe avec turbulence à l’inspiration, produisant un bruit aigu appelé stridor. Si l’enfant doit augmenter son effort inspiratoire, on peut voir apparaître un tirage (creusement au niveau du cou, entre les côtes, sous les côtes) et une respiration plus rapide.

Âges les plus concernés

La laryngite bébé touche surtout les enfants de 6 mois à 3 ans (pic fréquent entre 1 et 3 ans). Avant 6 mois, c’est moins courant , un nourrisson très jeune avec respiration bruyante mérite une évaluation plus prudente, car d’autres causes peuvent mimer une laryngite.

Causes, contagion et facteurs favorisants

Laryngite bébé virale : les virus souvent en cause

La laryngite bébé est très majoritairement virale, souvent après une rhinopharyngite. Les agents habituels : virus parainfluenza, VRS (virus respiratoire syncytytial), virus grippaux (influenza), et d’autres virus respiratoires.

Laryngite bébé bactérienne : rare, mais à connaître

Une origine bactérienne est rare dans un tableau typique. En revanche, certaines infections graves peuvent provoquer une obstruction haute :

  • épiglottite (devenue beaucoup plus rare grâce à la vaccination Hib)
  • trachéite bactérienne

Dans ces cas, l’enfant paraît très malade, la fièvre est souvent élevée, et la gêne pour avaler peut être marquée (bave, refus franc de boire). La prise en charge est urgente.

Irritants qui aggravent les symptômes

Un virus déclenche, l’environnement peut amplifier :

  • fumée de tabac (y compris tabagisme « à la fenêtre »)
  • air trop sec, logement surchauffé
  • pollution, sprays parfumés, poussières

Ces irritants entretiennent l’inflammation des muqueuses et favorisent des épisodes plus bruyants.

Saison et scénario typique

La laryngite bébé est plus fréquente en automne/hiver. Souvent : rhume banal → toux qui s’enroue → crise nocturne avec stridor. Pourquoi la nuit ? Muqueuses plus sèches, position allongée, variations physiologiques de l’inflammation… et parfois pleurs, qui augmentent l’effort respiratoire.

Laryngite bébé : contagieux ou pas ?

La laryngite bébé n’est pas contagieuse « en soi » : c’est le virus qui se transmet (gouttelettes, mains, surfaces). Le risque est surtout important au début des symptômes (rhume, éternuements, toux). Aération, lavage des mains, mouchoirs jetables et nettoyage des objets partagés restent des réflexes efficaces.

Formes de laryngite : croup, sous-glottique, spasmodique

Laryngite aiguë : le tableau classique

Toux aboyante, voix enrouée, parfois fièvre modérée. Entre les quintes, l’enfant peut sembler relativement bien, ce qui rassure.

Laryngite sous-glottique (croup) : quand l’œdème rétrécit l’entrée d’air

Le croup associe classiquement :

  • toux aboyante
  • stridor inspiratoire
  • gêne respiratoire d’intensité variable, souvent majorée la nuit

Le point de bascule : stridor au repos, tirage visible, enfant qui peine à récupérer.

Laryngite spasmodique (striduleuse) : crises nocturnes impressionnantes

La forme spasmodique se manifeste par des accès nocturnes parfois abrupts : réveil en sursaut, toux rauque, stridor, peu ou pas de fièvre. Elle peut céder assez vite, puis revenir. Une surveillance attentive s’impose, surtout si la gêne persiste.

Symptômes de laryngite bébé : reconnaître les signes

Toux aboyante et toux rauque

La toux est sèche, explosive, typique. Elle peut être déclenchée par l’agitation, les pleurs, l’air froid.

Voix enrouée, pleurs modifiés, gêne pour avaler

Vous remarquez une voix cassée ? Des pleurs plus graves ? Parfois une déglutition moins fluide. Au biberon ou au sein, certains bébés alternent succion et pauses (ils coordonnent respiration–déglutition–succion, et l’inconfort perturbe ce trio).

Stridor : quand ce bruit devient significatif

Au début, le stridor peut n’apparaître qu’à l’effort (pleurs, toux). S’il est audible alors que l’enfant est calme, c’est un signe de sévérité plus élevée.

Fièvre : parfois absente

Dans la laryngite bébé virale, la fièvre est souvent faible ou modérée. Une fièvre élevée associée à un enfant très abattu, baveux, qui avale mal, oriente plutôt vers un autre diagnostic.

Impact sur boire et dormir

Un bébé qui respire moins bien boit souvent moins. Fatigue, sommeil haché, tétées courtes… Le repère le plus parlant : hydratation correcte (couches mouillées régulières, salive, larmes) et capacité à boire par petites quantités.

Signes de gravité : quand consulter sans tarder

Vous vous demandez peut-être si « ça peut attendre le matin ». Parfois oui. Parfois non.

Signes de détresse respiratoire

Évaluation urgente si vous observez :

  • tirage (cou, intercostal, sous-costal)
  • battements des ailes du nez
  • respiration très rapide, pauses respiratoires
  • agitation extrême ou, à l’inverse, somnolence inhabituelle

Stridor à l’effort vs au repos

  • Stridor seulement quand l’enfant pleure/tousse : souvent forme plus légère (à surveiller).
  • Stridor au repos : avis médical rapide.

Cyanose et altération de l’état général

Lèvres bleutées, teint gris, enfant « mou », difficile à stimuler : urgence.

Quand appeler le 15 (ou le 112)

Appelez sans attendre si :

  • stridor au repos avec gêne respiratoire marquée
  • cyanose, pauses respiratoires
  • enfant très somnolent ou agitation extrême
  • impossibilité de boire, signes de déshydratation
  • aggravation rapide malgré apaisement et position semi-assise

Diagnostic et diagnostics à différencier

Comment le diagnostic est posé

Le diagnostic de laryngite bébé est clinique : rhume récent, toux aboyante, enrouement, stridor inspiratoire. Le soignant évalue aussi l’hydratation et le travail respiratoire. En pédiatrie, un score comme le score de Westley peut aider à estimer la sévérité (stridor, tirage, entrée d’air, cyanose, état de conscience).

Examens parfois proposés

  • Oxymétrie : mesure de la saturation en oxygène.
  • Radiographie cou/thorax : non systématique, réservée aux tableaux atypiques (suspicion de corps étranger, pneumonie, évolution inhabituelle). On peut parfois décrire un rétrécissement sous-glottique (« signe du clocher »).

Différences avec d’autres infections respiratoires

  • Rhinopharyngite : nez bouché, toux, mais pas de stridor inspiratoire typique.
  • Bronchiolite : atteinte des petites bronches, sifflements surtout à l’expiration (wheezing), râles, parfois baisse de saturation.
  • Pneumonie : fièvre souvent plus élevée, signes pulmonaires plus localisés à l’auscultation.

Écarter des urgences

  • Épiglottite : fièvre élevée brutale, douleur, difficulté à avaler, hypersalivation (urgence).
  • Inhalation de corps étranger : début brutal, quinte de toux soudaine.
  • Allergie/angio-œdème : gonflement visage/lèvres/langue, urticaire, sans contexte infectieux.

Évolution : durée, jour par jour, récidives

Durée typique

La laryngite bébé évolue le plus souvent favorablement : amélioration nette en 48 h pour beaucoup d’enfants, et disparition progressive des symptômes en 3 à 7 jours.

Jour par jour : ce qui rassure, ce qui alerte

Rassurant :

  • respiration calme au repos entre les quintes
  • bonne coloration
  • reprises alimentaires possibles, même fractionnées

À surveiller de près :

  • stridor au repos qui persiste
  • tirage important
  • fatigue respiratoire
  • prises alimentaires en chute, couches moins mouillées
  • somnolence inhabituelle

Récidives

Les récidives existent mais restent peu fréquentes. Si les épisodes se répètent, surtout la nuit, discutez-en avec le médecin : tabagisme passif, irritants, infections rapprochées, terrain allergique ou hyperréactivité bronchique peuvent contribuer.

Soins à la maison : premières mesures utiles

Calmer la crise

Le premier « traitement », c’est l’apaisement. Un bébé qui pleure augmente le stridor. Prenez-le dans les bras, installez-le en position semi-assise, parlez doucement. Puis observez : le bruit diminue-t-il quand il se calme ? Récupère-t-il entre les quintes ?

Si le doute persiste, mieux vaut une évaluation.

Air humidifié : le faire sans risque

L’objectif est une atmosphère confortable : chambre non surchauffée, humidité modérée. Pour la vapeur, privilégiez la sécurité : rester quelques minutes dans la salle de bains avec eau chaude qui coule, bébé dans les bras, à distance. Pas d’inhalation au-dessus d’un bol (risque de brûlure).

Air frais : un test parfois utile

Quelques minutes près d’une fenêtre ouverte ou une sortie brève bien couvert peuvent améliorer transitoirement. On cherche un apaisement, pas un refroidissement.

Hydratation : souvent, en petites quantités

Proposez à boire régulièrement. Allaitement fractionné si besoin. Au biberon, pauses fréquentes. Les couches mouillées restent un bon indicateur.

Nez bouché : sérum physiologique

Le lavage au sérum physiologique, surtout avant les repas et le coucher, améliore la respiration nasale et facilite l’alimentation.

Sommeil : confort sans compromettre la sécurité

Toujours : couchage sur le dos, matelas ferme, pas de coussin ni cale. Le portage en position semi-assise peut aider pendant la crise, mais le lit doit redevenir conforme dès que la respiration est redevenue calme.

Médicaments et prise en charge médicale

Paracétamol

Utile si fièvre ou inconfort : 10 à 15 mg/kg par prise, toutes les 6 à 8 heures si nécessaire, sans dépasser 60 mg/kg/jour. En cas d’hésitation, demandez au pharmacien avec le poids exact.

Corticoïdes : réduire l’œdème du larynx

Le traitement de référence des formes symptomatiques est souvent un corticoïde : dexaméthasone (souvent 0,6 mg/kg, dose maximale 10 mg) en dose unique. En réduisant l’inflammation, elle diminue le stridor et le risque d’aggravation nocturne. Selon les pratiques, la prednisolone peut être proposée.

Adrénaline nébulisée

Réservée aux formes modérées à sévères (stridor au repos, détresse respiratoire). Action rapide, mais nécessite surveillance hospitalière, car l’effet peut s’estomper et les symptômes réapparaître.

Antibiotiques : le plus souvent inutiles

Dans la laryngite bébé virale typique, les antibiotiques n’apportent pas de bénéfice. Ils sont discutés seulement si une infection bactérienne est suspectée ou si le diagnostic est différent.

Ce qui est déconseillé

  • sirops antitussifs (effets indésirables, efficacité limitée)
  • huiles essentielles chez le nourrisson et le jeune enfant (risque d’irritation, troubles respiratoires)

En cabinet ou à l’hôpital

Le soignant évalue : travail respiratoire, état général, hydratation, saturation. Selon la sévérité :

  • corticoïde
  • oxygène si désaturation
  • nébulisations et surveillance

Une hospitalisation peut être proposée si gêne respiratoire importante, déshydratation, ou besoin de surveillance.

Prévenir et limiter les récidives

Hygiène au quotidien

Lavage des mains, aération régulière, objets partagés nettoyés (tétines, jouets). Si un proche est enrhumé : limiter les bisous sur le visage, éviter le partage de verres/couverts.

Environnement respiratoire

Zéro fumée de tabac autour de l’enfant. Limiter sprays parfumés et irritants. Une chambre trop chauffée assèche les muqueuses : viser une température modérée.

Vaccination

Vaccins à jour, notamment contre Haemophilus influenzae type b (Hib), qui a fait chuter les épiglottites graves. Les rappels selon le calendrier renforcent la protection.

Retour en collectivité

Le repère principal : état général. Si l’enfant est en forme, boit bien, sans fièvre depuis 24–48 h, la collectivité est souvent possible, même si une toux résiduelle persiste. Rester attentif aux nuits suivantes.

À retenir

  • La laryngite bébé est une inflammation du larynx , elle impressionne car les voies aériennes sont étroites.
  • Signes typiques : toux aboyante, voix rauque, parfois stridor, souvent plus marqué la nuit.
  • Le plus souvent, la cause est virale , les antibiotiques sont rarement utiles.
  • Urgence si stridor au repos, tirage important, cyanose, pauses respiratoires, somnolence, ou refus de boire.
  • À la maison : apaiser, position semi-assise pendant la crise, lavage de nez, boissons fréquentes, surveillance de l’hydratation.
  • Les corticoïdes (dexaméthasone) et l’adrénaline nébulisée se décident et se surveillent médicalement.
  • En cas de doute, un professionnel de santé peut évaluer la situation , pour un suivi au quotidien, vous pouvez aussi télécharger l’application Heloa pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants.

Les questions des parents

La laryngite peut‑elle laisser des séquelles sur la voix ?

Rassurez‑vous : la plupart des laryngites virales disparaissent sans laisser de traces. L’enrouement peut persister quelques jours à quelques semaines, surtout après une infection. En revanche, si la voix reste anormalement changée au‑delà de 3 semaines, si le bébé refuse de pleurer ou présente des difficultés alimentaires prolongées, il convient d’en parler au pédiatre ou à un ORL pour vérifier et rassurer.

Que faire si la toux est bruyante mais bébé boit et semble bien ?

Souvent, la toux aboyante peut être gérée à la maison : calmer l’enfant, position semi‑assise, lavages de nez, offrir des petites prises de liquide fréquentes. Surveillez bien l’hydratation (couches mouillées, larmes) et l’effort respiratoire. Pensez à consulter rapidement si apparaissent stridor au repos, tirage visible, difficulté à boire, somnolence inhabituelle ou coloration bleutée.

Peut‑on utiliser un humidificateur électrique et lequel choisir ?

Un humidificateur peut aider si l’air est très sec. Préférez un modèle à vapeur froide (ultrasonique ou évaporatif) pour éviter tout risque de brûlure. Nettoyez‑le régulièrement pour prévenir moisissures et bactéries, et visez une hygrométrie modérée (≈40–50%). Évitez les inhalations chaudes dangereuses et limitez l’usage d’huiles essentielles chez le nourrisson.

Un papa règle un humidificateur d air dans la chambre pour soulager la laryngite bébé

Pour aller plus loin :

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