Par Heloa, le 20 février 2026

Laryngite bébé : symptômes, urgence et traitements

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Une femme remplit un humidificateur à vapeur froide dans une chambre d'enfant doucement éclairée pour aider à apaiser les symptômes de la laryngite du bébé.

Quand un bébé se réveille soudain avec une toux qui « aboie », une voix cassée et une respiration qui siffle, la peur monte vite. Est-ce un simple rhume qui descend ? Une crise passagère ? Une urgence ? La laryngite bébé brouille les repères, surtout la nuit, quand tout paraît plus bruyant, plus serré, plus inquiétant.

Le larynx du nourrisson est étroit, sa muqueuse gonfle facilement, et un petit œdème peut donner un gros effet. Comprendre les formes possibles, reconnaître les signes typiques, savoir quand consulter (et quand appeler le 15) permet d’agir sans précipitation… mais sans attendre quand il le faut.

Comprendre la laryngite bébé et ses différentes formes

Qu’est-ce qu’une laryngite chez le bébé ?

La laryngite bébé correspond à une inflammation du larynx (la « porte » située entre le pharynx et la trachée, là où se trouvent les cordes vocales). Quand la muqueuse s’irrite et gonfle, l’air passe moins bien, la voix s’enroue, et la toux devient typiquement toux aboyante (sèche, sonore, rauque).

Dans la majorité des situations, il s’agit d’une infection virale des voies aériennes supérieures, souvent après une rhinopharyngite. Le terme « croup » est parfois employé pour parler de la forme la plus fréquente, dite sous-glottique (l’œdème se situe juste sous les cordes vocales), responsable du bruit inspiratoire.

Anatomie du larynx du nourrisson : pourquoi la respiration peut vite se gêner

Chez le nourrisson, tout est petit. Le larynx aussi. Les voies aériennes sont plus étroites qu’à l’âge adulte, et la muqueuse est très réactive : l’inflammation attire du liquide, provoque un œdème (gonflement), et la section de passage de l’air diminue.

Concrètement, un œdème modéré peut suffire à déclencher :

  • une gêne surtout à l’inspiration ,
  • un stridor inspiratoire (bruit aigu, parfois décrit comme un sifflement ou un « couinement ») ,
  • des signes de lutte respiratoire (tirage sus-sternal, intercostal, battement des ailes du nez).

La nuit, les crises de laryngite bébé semblent plus spectaculaires : position allongée, fatigue, air plus sec, encombrement nasal associé… et un enfant qui pleure amplifie le stridor.

Différences entre laryngite bébé, rhume et bronchite

Vous vous demandez peut-être si le bruit vient du nez, des bronches, ou « du haut » ? Quelques repères simples :

  • Rhume (rhinopharyngite) : nez bouché, écoulement, éternuements , toux plutôt irritative ou grasse , pas de vraie toux aboyante.
  • Laryngite bébé : voix rauque, toux aboyante, parfois stridor à l’inspiration.
  • Bronchite / bronchiolite : atteinte plus basse , sifflements surtout à l’expiration, toux plus durable, gêne aux repas possible. Le bruit n’est pas le même que le stridor laryngé.

Les principaux types de laryngite chez le bébé

On regroupe plusieurs tableaux sous le terme laryngite bébé :

  • Laryngite aiguë (souvent virale) : survient après un rhume, dure quelques jours.
  • Laryngite spasmodique (striduleuse) : crises nocturnes brèves, parfois très impressionnantes, souvent avec peu ou pas de fièvre.
  • Forme sous-glottique (type croup) : œdème sous les cordes vocales, donnant toux aboyante et stridor.

Causes de la laryngite bébé et facteurs qui favorisent les crises

Virus responsables de la laryngite bébé

La laryngite bébé est le plus souvent virale. Les agents fréquemment en cause :

  • virus parainfluenza (classique dans les tableaux de type croup),
  • rhinovirus,
  • RSV (virus respiratoire syncytial),
  • influenza, adénovirus, entérovirus.

La transmission se fait par gouttelettes et par les mains (mouchage, jouets, surfaces). En collectivité, les virus circulent vite : crèche, fratrie scolarisée, assistante maternelle… rien d’étonnant à voir revenir les infections ORL.

Laryngite bactérienne : pourquoi c’est rare

Une laryngite strictement bactérienne est inhabituelle, d’où l’absence d’antibiotiques dans la plupart des cas.

À connaître, car le tableau est différent : l’épiglottite (infection de l’épiglotte) provoque plutôt une douleur à la déglutition, une salivation importante, une voix étouffée, un enfant très abattu. Elle est devenue rare grâce à la vaccination Hib, mais si les signes ne collent pas à une laryngite bébé typique, elle doit être évoquée.

Facteurs qui rendent les épisodes plus probables

Certains contextes augmentent la fréquence des crises de laryngite bébé :

  • âge (pic entre 6 mois et 3 ans),
  • automne-hiver,
  • collectivité,
  • antécédent de prématurité (voies aériennes plus fragiles chez certains enfants).

Irritants et déclencheurs : fumée, air sec, reflux, pollution

Le larynx n’aime pas être agressé. Une infection virale peut être amplifiée par :

  • fumée de tabac (y compris résidus sur vêtements et cheveux),
  • air intérieur trop sec ou surchauffé,
  • pollution de l’air intérieur,
  • reflux gastro-œsophagien (remontées acides irritant la muqueuse laryngée),
  • terrain allergique ou hyperréactivité des voies aériennes.

Symptômes de la laryngite chez le bébé : reconnaître les signes typiques

Toux aboyante, voix enrouée, pleurs modifiés

Le signe le plus évocateur d’une laryngite bébé : une toux sèche, forte, « aboyante ». La voix devient rauque, parfois presque éteinte , les pleurs peuvent paraître cassés.

Souvent, tout démarre après 1 à 3 jours de rhume… et arrive brutalement la nuit. Pourquoi la nuit ? Parce que l’enfant est couché, le nez peut être plus bouché, la muqueuse plus congestive, et l’air ambiant plus sec.

Stridor et gêne respiratoire : ce qu’il faut observer

Le stridor correspond à un bruit inspiratoire aigu. Il peut n’apparaître que lors des pleurs ou de l’agitation, ou être audible au repos (signal de rétrécissement plus marqué).

Surveillance pratique :

  • tirage (creux au-dessus du sternum, entre les côtes),
  • battement des ailes du nez,
  • respiration rapide et superficielle,
  • agitation puis fatigue.

Fièvre, fatigue, sommeil perturbé, apports diminués

La fièvre est souvent modérée, parfois absente dans la forme spasmodique. Le bébé peut mal dormir, être grognon, et boire moins.

Deux repères simples rassurent souvent mieux que le chiffre du thermomètre :

  • l’hydratation (couches bien mouillées),
  • la capacité à boire sans s’épuiser.

Combien de temps dure une laryngite bébé ?

  • Forme aiguë : 3 à 7 jours le plus souvent.
  • La toux aboyante s’atténue souvent vite : beaucoup d’enfants vont nettement mieux en 48 heures.
  • Forme spasmodique : crises brèves, surtout nocturnes, parfois sur 2 à 3 nuits.

Une toux résiduelle peut persister quelques jours même quand la respiration redevient facile.

Laryngite bébé : quand s’inquiéter et consulter en urgence

Signes de gravité : consultation rapide

Une évaluation médicale est nécessaire rapidement si vous observez :

  • stridor au repos,
  • tirage marqué,
  • respiration clairement difficile,
  • refus de boire ou apports très faibles,
  • signes de déshydratation (moins de couches mouillées, bouche sèche, bébé très amorphe).

Signaux d’alerte immédiats : appeler le 15

Contactez les urgences si :

  • lèvres/visage bleutés (cyanose),
  • pâleur inhabituelle, épuisement, somnolence marquée ou agitation extrême,
  • respiration qui devient silencieuse alors qu’elle était bruyante (épuisement respiratoire possible),
  • impression nette de manque d’air.

Salivation importante et difficulté à avaler : un tableau qui ne ressemble pas à une laryngite

Si salivation abondante, difficulté à avaler, refus de s’allonger, voix étouffée et enfant très malade : penser à l’épiglottite (rare). Ne tentez pas d’examiner la gorge. Gardez l’enfant assis, calme, et appelez les urgences.

Crise nocturne : gestes simples, efficaces, sans danger

Pendant une crise de laryngite bébé, l’objectif est de diminuer l’effort respiratoire et d’éviter la panique :

  • prendre le bébé dans les bras, position semi-assise,
  • parler doucement, éviter de le faire pleurer,
  • proposer de petites gorgées fréquentes s’il accepte,
  • aérer la pièce quelques minutes.

Si le stridor persiste au repos, si le tirage apparaît, ou si la crise ne cède pas rapidement, il vaut mieux faire évaluer sans attendre.

Diagnostic médical : ce que le médecin vérifie

Examen clinique : les points clés

Le diagnostic de laryngite bébé est le plus souvent clinique. Le praticien observe :

  • la toux (aboyante), la voix, la présence de stridor,
  • la fréquence respiratoire, le tirage, la coloration cutanée,
  • la température, l’état général, les signes d’hydratation,
  • le contexte (rhume récent, collectivité, prématurité, épisodes antérieurs).

Une oxymétrie de pouls peut mesurer la saturation en oxygène si la respiration est difficile.

Différencier laryngite, bronchiolite, asthme, coqueluche

  • « Croup » : terme courant pour la laryngite sous-glottique avec toux aboyante + stridor.
  • Bronchiolite : gêne expiratoire, sifflements à l’auscultation, difficultés à boire.
  • Asthme : sifflements expiratoires récurrents, terrain allergique possible.
  • Coqueluche : quintes prolongées, parfois vomissements après la toux, évolution plus longue.

Le bruit inspiratoire, la voix enrouée et la toux aboyante orientent vers le larynx.

Autres diagnostics parfois à écarter

Selon l’histoire :

  • corps étranger (début brutal, fausse route),
  • angine/pharyngite,
  • trachéite, pneumonie (fièvre élevée, altération importante, signes pulmonaires),
  • laryngomalacie (stridor chronique depuis la naissance, majoré en position allongée ou aux repas).

Examens complémentaires : rarement nécessaires

Ils sont discutés si le tableau est atypique, sévère, ou si l’évolution surprend : radiographie, avis ORL en milieu adapté, autres examens selon le contexte.

Traitement de la laryngite bébé : soulager à la maison et options médicales

Mesures à domicile si la respiration reste confortable

Si pas de stridor au repos et pas de tirage important :

  • hydratation fréquente (petites quantités),
  • fractionnement des tétées/biberons,
  • repos, ambiance calme.

Air ambiant : humidité, aération, prudence avec la vapeur

Un air trop sec aggrave l’irritation. Aérer aide souvent. Une humidification peut être discutée si l’air est très sec.

La vapeur ? Parfois apaisante, mais le risque de brûlure est réel : pas d’inhalation au-dessus d’un bol d’eau chaude, pas d’eau chaude près d’un bébé. Une salle de bain tiède et humide peut être testée quelques minutes, toujours sous surveillance.

Lavage de nez si rhume associé

Un nez bouché augmente l’inconfort respiratoire. Le sérum physiologique est utile :

  • avant les repas,
  • avant le coucher,
  • avec une aspiration douce si besoin.

Médicaments : ce qui peut être proposé

  • Paracétamol : si fièvre ou douleur, dose selon le poids.
  • Antibiotiques : pas indiqués dans la laryngite bébé virale.
  • Corticoïdes (souvent une prise courte) : diminuent l’œdème laryngé , décision après examen.

Les antitussifs en automédication sont à éviter chez le nourrisson (efficacité limitée, effets indésirables possibles).

Nébulisation : quand et pourquoi

  • Adrénaline nébulisée : réservée aux formes plus sévères, généralement en milieu médical, avec surveillance (effet rapide mais peut s’estomper).
  • Corticoïdes en aérosol : parfois utilisés selon les pratiques.

Objectif : réduire l’œdème et faciliter le passage de l’air, surtout si le stridor est marqué.

Hospitalisation : dans quelles situations

Une hospitalisation peut être proposée si :

  • stridor au repos persistant, tirage important,
  • saturation en oxygène basse,
  • épuisement, troubles de vigilance,
  • impossibilité de s’hydrater.

Sur place : surveillance, oxygène si besoin, traitements (corticoïdes, nébulisations), et observation de l’évolution.

Évolution, récidives et prévention au quotidien

Signes d’amélioration attendus

Une laryngite bébé évolue le plus souvent favorablement. Sont rassurants :

  • stridor qui disparaît au repos,
  • respiration plus lente, moins de tirage,
  • reprise des apports,
  • énergie qui revient.

Récidives : quand en parler

Si les épisodes se répètent, surtout la nuit, une discussion médicale peut chercher un terrain favorisant :

  • reflux gastro-œsophagien,
  • irritants (tabac, air sec),
  • terrain allergique/hyperréactivité,
  • fragilités liées à la prématurité.

Prévenir au quotidien

  • lavage des mains, mouchoirs jetables,
  • aération quotidienne,
  • éviction stricte de la fumée,
  • air intérieur ni trop sec ni surchauffé.

Avec une fratrie, limiter les contacts rapprochés en période de rhume n’est pas toujours simple , l’hygiène des mains et l’aération font déjà beaucoup.

Vaccinations

Respecter le calendrier vaccinal protège contre certaines infections graves. La vaccination Hib a fortement réduit les épiglottites.

À retenir

  • La laryngite bébé est une inflammation du larynx : chez le nourrisson, des voies aériennes étroites expliquent une gêne parfois rapide.
  • Signes typiques : toux aboyante, voix enrouée, parfois stridor à l’inspiration.
  • Urgence : stridor au repos, tirage important, respiration très difficile, cyanose, grande fatigue, refus de boire, salivation importante ou difficulté à avaler.
  • À la maison si forme légère : hydratation fractionnée, chambre aérée, air pas trop sec, lavage de nez si rhume associé.
  • Les traitements (corticoïdes, adrénaline nébulisée, oxygène) dépendent de la sévérité et se décident après examen médical.

Des ressources et des professionnels peuvent accompagner l’évaluation, surtout lors des crises nocturnes. Pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, vous pouvez télécharger l’application Heloa.

Les questions des parents

La laryngite est‑elle contagieuse et combien de temps ?

Oui, le plus souvent c’est d’origine virale et transmissible tant que le bébé a des signes (nez qui coule, toux, fièvre). En pratique, la période la plus contagieuse dure généralement quelques jours (souvent 3–7 jours), mais certains virus (ex. RSV) peuvent rester détectables plus longtemps. Pour protéger la fratrie et les proches : lavage des mains, mouchoirs jetables, limiter les contacts rapprochés quand possible.

Une laryngite peut‑elle être associée à une otite ou une sinusite ?

Oui. Une infection des voies aériennes supérieures peut favoriser une otite moyenne (par obstruction de la trompe d’Eustache) ou une sinusite chez l’enfant plus âgé. Si votre bébé tire sur l’oreille, se montre très irritable, a de la fièvre plus élevée ou boit moins, parlez‑en au médecin : ce sont des signes qui peuvent évoquer une infection associée.

Quand revoir le médecin si les symptômes persistent ?

Si la respiration ne s’améliore pas en 48–72 heures, si la toux reste très gênante au-delà d’une semaine, ou si les épisodes reviennent souvent, n’hésitez pas à consulter pour réévaluation. Contactez aussi plus tôt en cas d’aggravation (tirage, stridor au repos, refus de boire, pâleur ou cyanose). Vous n’êtes pas obligé·e de gérer seul·e ces doutes — demander un avis est toujours raisonnable.

Un couple de jeunes parents assis sur un canapé discute de conseils médicaux pour la laryngite du bébé lors d'une téléconsultation sur ordinateur portable.

Pour aller plus loin :

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