Par Heloa, le 5 janvier 2026

Curetage fausse couche : comprendre, choisir et se rassurer

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Consultation médicale femme et docteur pour un curetage fausse couche

Après une fausse couche, il arrive que le corps évacue tout, naturellement, en quelques heures ou quelques jours. Et parfois… non. Les saignements s’éternisent, l’échographie montre des résidus, la fièvre inquiète. Dans ce moment déjà chargé, entendre parler de curetage fausse couche peut faire peur : bloc opératoire, anesthésie, douleur, fertilité… beaucoup d’images se superposent.

L’idée est pourtant très concrète : retirer ce qui reste dans l’utérus quand l’évacuation est incomplète, afin de réduire le risque d’infection, de contrôler les saignements, et de permettre une récupération plus simple.

Curetage fausse couche : ce que c’est et pourquoi on en parle

Définition simple du curetage après une fausse couche

Le curetage fausse couche correspond à un geste médical qui vise à retirer des tissus de grossesse restant dans la cavité utérine après une fausse couche. Aujourd’hui, la technique la plus fréquente est l’aspiration endo‑utérine : on aspire les résidus avec une canule, plutôt que de gratter la muqueuse.

Pourquoi le proposer ? Parce que des fragments peuvent persister (membranes, tissu placentaire, parfois caillots organisés), entretenir les saignements, retarder la baisse de l’hormone de grossesse, ou favoriser une infection.

Curetage, aspiration utérine, D&C : des mots différents, un objectif proche

Selon les équipes, vous pouvez entendre :

  • curetage fausse couche : terme courant, parfois utilisé même quand il s’agit surtout d’aspiration ,
  • aspiration endo‑utérine : méthode la plus utilisée actuellement, souvent plus douce pour l’endomètre ,
  • D&C (dilatation and curettage) : expression anglo‑saxonne encore présente dans certains comptes rendus.

Les objectifs : évacuer, contrôler, prévenir

Le curetage fausse couche vise à :

  • évacuer des résidus de grossesse ,
  • arrêter ou réduire des saignements prolongés ,
  • diminuer le risque d’endométrite (infection de l’utérus) ,
  • parfois permettre une analyse anatomopathologique des tissus si une indication médicale existe.

Quand un curetage fausse couche est proposé

Fausse couche incomplète et rétention : l’indication la plus fréquente

Le scénario classique : une expulsion a commencé, mais l’échographie montre des tissus persistants. On parle de rétention trophoblastique quand du tissu trophoblastique (lié au futur placenta) reste accroché. Cela peut se manifester par :

  • saignements qui durent ou reprennent ,
  • douleurs pelviennes ,
  • hCG qui baisse trop lentement.

Dans cette situation, le curetage fausse couche est une option efficace, surtout si la rétention est importante ou symptomatique.

Saignements abondants, douleurs importantes, fièvre : quand agir rapidement

L’équipe propose plus volontiers un geste rapide si :

  • le saignement est abondant (protection saturée très vite, caillots, faiblesse) ,
  • la douleur devient intense ou ne cède pas ,
  • la fièvre apparaît (souvent dès 38 °C, plus inquiétante si ≥ 38,5 °C) avec frissons, malaise, pertes malodorantes.

Vous vous demandez peut-être : « Est-ce que je peux attendre encore un peu ? » Parfois oui, mais en présence de signes infectieux ou hémorragiques, l’objectif est d’éviter une aggravation.

Après une IVG avec rétention : la même logique

Après une IVG, une rétention peut survenir également. Si l’échographie confirme des résidus ou si les symptômes persistent, un curetage fausse couche (souvent par aspiration) peut être proposé pour terminer l’évacuation.

Parfois pour analyser des tissus

Plus rarement, l’intervention permet un prélèvement pour analyse (histologie), par exemple si l’évolution est atypique ou si un diagnostic particulier doit être écarté selon l’évaluation clinique et échographique.

Quelles options existent avant un curetage fausse couche (et comment choisir)

Attente surveillée : quand c’est possible

L’attente peut être envisagée, surtout au premier trimestre, si :

  • l’état général est bon ,
  • il n’y a pas de fièvre ,
  • les saignements restent modérés.

La surveillance porte sur la quantité de sang, la douleur, la température, et parfois une échographie de contrôle et/ou un suivi d’hCG.

Limite majeure : le délai. Il est imprévisible, et une expulsion peut rester incomplète.

Traitement médicamenteux (misoprostol) : pousser l’utérus à expulser

Le misoprostol (prostaglandine) provoque des contractions de l’utérus.
À anticiper :

  • crampes parfois fortes ,
  • saignements importants pendant l’expulsion ,
  • possibilité d’échec, avec besoin d’un curetage fausse couche secondaire.

Les protocoles varient (voie vaginale, buccale ou sublinguale, doses, délais), et votre équipe vous donnera un cadre précis.

Aspiration versus curetage « classique »

Quand un geste est nécessaire, l’aspiration est généralement privilégiée. Un curetage complémentaire peut être réalisé si des fragments restent adhérents.
Le choix dépend :

  • du terme ,
  • de la quantité et de l’aspect des résidus à l’échographie ,
  • de la dilatation du col ,
  • du contexte (urgence hémorragique, suspicion infectieuse).

Ce qui compte dans la décision

Plusieurs éléments entrent en jeu :

  • symptômes (abondance des saignements, douleur, fièvre) ,
  • antécédents (curetage antérieur, synéchies, chirurgie utérine) ,
  • possibilités de suivi proche ,
  • votre préférence : geste rapide et maîtrisé versus éviter le bloc.

Quand on bascule vers le geste

On réévalue rapidement si :

  • le saignement reste important ou augmente ,
  • la douleur persiste fortement ,
  • la fièvre apparaît ,
  • l’échographie montre des résidus persistants ,
  • l’hCG stagne ou décroît trop lentement dans le cadre d’un suivi.

Bien se préparer avant un curetage fausse couche

Consultation et échographie : confirmer l’indication

Avant un curetage fausse couche, l’équipe vérifie l’indication : examen clinique, échographie pelvienne (souvent endovaginale), discussion des alternatives.
C’est aussi le moment de décrire précisément :

  • quantité de sang (nombre de protections, caillots) ,
  • niveau de douleur ,
  • température, frissons ,
  • antécédents médicaux et chirurgicaux.

Groupe sanguin, hémoglobine, hCG : examens fréquents

Selon le contexte, on peut demander :

  • groupe sanguin et Rh (Rh négatif = conduite spécifique) ,
  • hémoglobine (recherche d’anémie) ,
  • parfois hCG ,
  • bilan pré‑anesthésique (allergies, traitements, antécédents).

Préparer le col : pourquoi c’est utile

Le col peut être préparé pour faciliter l’accès et limiter les difficultés :

  • misoprostol quelques heures avant selon protocole ,
  • dilatation progressive au bloc si besoin.

Anesthésie : générale ou locale, que choisir ?

Le curetage fausse couche peut être réalisé :

  • sous anesthésie générale (vous dormez) ,
  • sous anesthésie locale ou loco‑régionale, parfois avec sédation.

Le choix dépend de votre état de santé, du terme, de l’urgence, et des pratiques locales. L’anesthésiste explique bénéfices et limites, et adapte au plus sûr.

Organisation pratique : ambulatoire et consignes

Souvent, c’est en ambulatoire : retour à domicile le jour même.

  • Durée du geste : environ 15 à 30 minutes (mais plusieurs heures sur place).
  • Jeûne : nécessaire si anesthésie générale (consignes précises données).
  • Médicaments à signaler : anticoagulants/antiagrégants, allergies, compléments.
  • Prévoyez un accompagnant si anesthésie générale ou sédation.

Consentement et information : ce que vous êtes en droit d’attendre

L’équipe doit expliquer :

  • l’indication ,
  • les alternatives (attente, misoprostol) ,
  • les risques possibles ,
  • le type d’anesthésie ,
  • le suivi et les signes d’alerte.

Déroulement du curetage fausse couche (aspiration) et suites immédiates

Les étapes au bloc

Installation en position gynécologique, antisepsie, mise en place d’un spéculum, repérage du col. Les constantes (tension, pouls, respiration) sont surveillées.

Dilatation, aspiration, geste complémentaire

Le col est parfois dilaté progressivement. Une canule est introduite pour aspirer le contenu utérin. Un geste complémentaire peut être réalisé si nécessaire pour retirer des fragments restants.

Juste après : surveillance et sortie

Après l’intervention, surveillance des saignements et de la douleur en salle de réveil ou en unité. Un contrôle échographique peut être fait immédiatement ou programmé à distance.

Douleur : ce qui est fréquent

Des crampes proches des douleurs de règles sont fréquentes. Elles sont souvent soulagées par paracétamol, parfois anti‑inflammatoires si vous pouvez en prendre. Une fatigue est habituelle.

Saignements : ce qui est attendu

Après un curetage fausse couche, des saignements modérés peuvent durer quelques jours, parfois jusqu’à une semaine (parfois un peu plus). Petits caillots possibles. Les protections externes sont préférées au début.

Après l’intervention : récupération, suivi, vie quotidienne

Convalescence : rythme, travail, activités

La récupération est souvent rapide, mais variable. Reprenez progressivement. Le retour au travail dépend de la pénibilité et de votre état physique et émotionnel.

Hygiène et précautions

Pendant environ deux semaines (ou selon consignes locales), on évite souvent :

  • tampons et coupe menstruelle ,
  • bains/piscine/sauna/hammam ,
  • rapports sexuels.

Pourquoi ? Le col peut rester légèrement entrouvert, et l’objectif est de réduire le risque infectieux.

Retour des règles

Les règles reviennent souvent entre 4 et 6 semaines. L’ovulation peut reprendre avant : une grossesse est possible si aucun moyen de contraception n’est utilisé.

Suivi médical

Une consultation de contrôle est souvent proposée, parfois avec échographie selon symptômes ou doute de rétention.
Surveillez : saignements, douleur, température.

hCG : baisse attendue, que penser d’un plateau ?

Quand un suivi est mis en place, l’hCG doit baisser jusqu’à négativation. Un plateau, une baisse trop lente ou une remontée peut évoquer :

  • tissu persistant ,
  • plus rarement une autre situation ,
  • ou une nouvelle grossesse si rapports ont eu lieu.

Dans ce cas, dosages répétés et échographie guident la suite.

Contraception et projet bébé

Un curetage fausse couche bien réalisé n’empêche généralement pas de concevoir ensuite. Discutez contraception et projet :

  • contraception possible immédiatement si vous souhaitez attendre ,
  • projet bébé possible après récupération, absence de complication, et quand vous vous sentez prête.

Préparer la suite

Pour un futur projet :

  • folates/acide folique avant conception (souvent 400–800 µg/j, dose adaptée) ,
  • réduction/arrêt tabac et alcool ,
  • équilibre poids/activité.

En cas de pertes répétées, un bilan peut être discuté (cavité utérine, thyroïde, glycémie, immunité/coagulation selon contexte).

Complications : repères utiles, sans dramatiser

Signes d’alerte

Après un curetage fausse couche, consultez rapidement si :

  • saignement très abondant (protection saturée très vite) ,
  • douleur intense qui ne cède pas ,
  • fièvre, frissons, malaise ,
  • pertes malodorantes ,
  • vertiges, essoufflement, fatigue majeure.

Complications possibles

Elles restent peu fréquentes :

  • endométrite ,
  • anémie ,
  • rétention persistante ,
  • plus rarement perforation utérine ou lésion du col.

Focus rétention trophoblastique

Symptômes : saignements persistants, douleurs, hCG qui baisse lentement. Diagnostic : échographie ± suivi hCG.
Traitement : surveillance si faible rétention et état stable, misoprostol dans certains cas, ou nouvelle aspiration si résidus importants.

Focus endométrite

Fièvre, douleurs utérines, pertes malodorantes, malaise. Traitement : antibiothérapie, parfois à l’hôpital selon l’état général. Un contrôle vérifie l’amélioration.

Risques à long terme : synéchies et syndrome d’Asherman

Les synéchies sont des adhérences intra‑utérines. Quand elles sont importantes, on parle de syndrome d’Asherman. C’est rare, surtout avec l’aspiration, mais le risque augmente en cas de gestes répétés ou d’infection.
Signes possibles : règles très diminuées, douleurs cycliques, difficulté à concevoir. Diagnostic : hystéroscopie. Traitement : hystéroscopie opératoire.

Dimension émotionnelle : se remettre, aussi

Réactions fréquentes

Tristesse, colère, impression de vide, culpabilité, anxiété… les réactions varient et peuvent se chevaucher. Le corps récupère parfois plus vite que l’esprit.

Se faire accompagner

Sage‑femme, médecin, gynécologue : poser des questions, revoir les résultats, clarifier le suivi. Un psychologue périnatal peut aider si l’angoisse devient envahissante, si le sommeil se dégrade, si les pensées tournent en boucle.

Couple et quotidien

Le rythme de deuil peut différer. Mettre des mots sur ce qui aide (écoute, silence, aide pratique) évite des malentendus. La reprise de la sexualité se fait quand le corps est prêt et quand vous vous sentez en sécurité.

À retenir

  • Le curetage fausse couche (souvent par aspiration) sert à évacuer des résidus, contrôler les saignements et diminuer le risque infectieux.
  • Il est surtout proposé en cas de fausse couche incomplète, saignements persistants/abondants, douleur importante, fièvre ou suspicion d’infection, et parfois après IVG avec rétention.
  • Attente surveillée et misoprostol sont des alternatives possibles selon le terme et les symptômes.
  • Après un curetage fausse couche, crampes et saignements modérés sont fréquents , fièvre, hémorragie, douleur intense ou pertes malodorantes doivent faire consulter.
  • Les règles reviennent souvent en 4 à 6 semaines , l’ovulation peut reprendre avant.
  • La fertilité est le plus souvent préservée , si règles très diminuées/absentes ou difficulté à concevoir, on discute la recherche de synéchies.
  • Des professionnels peuvent vous accompagner, et vous pouvez télécharger l’application Heloa pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants.

Les questions des parents

Prix curetage fausse couche

Je comprends que le coût inquiète. Les frais varient selon le pays, le type d’établissement (public/privé), l’anesthésie et la prise en charge par l’assurance. Quand le geste est médicalement justifié, il est souvent pris en charge par le système de santé ou les assureurs, en clinique privée, des dépassements peuvent s’ajouter. Demandez un devis, renseignez‑vous auprès du service administratif ou d’une assistante sociale pour éviter les surprises.

Curetage fausse couche jusqu’à quand

Rassurez‑vous : un curetage peut être proposé à différents moments si des résidus, un saignement important ou une infection sont présents. Le choix du geste dépend surtout du terme et du contexte clinique. En pratique, les techniques et équipes varient selon l’âge gestationnel , au-delà du premier trimestre, la prise en charge peut être différente et plus spécialisée. Parlez avec votre équipe pour une décision adaptée à votre situation.

Curetage grossesse 1 mois / 2 mois

Pour une grossesse très précoce (1–2 mois), l’aspiration est souvent possible et efficace. Parfois, une prise en charge médicale (misoprostol) ou une attente surveillée peut être proposée selon l’échographie et vos préférences. L’anesthésie et les modalités sont adaptées au cas par cas. N’hésitez pas à exposer vos craintes à l’équipe : ils peuvent détailler les options et ce qui vous conviendrait le mieux.

Femme au repos sur un canapé suite à un curetage fausse couche

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