La sensation de mouillé pendant une grossesse peut faire cogiter, parfois dès le matin, parfois en pleine journée. Est-ce simplement des sécrétions vaginales qui augmentent sous l’effet des hormones ? Une petite fuite d’urine liée à la vessie comprimée ? Ou, plus préoccupant, une perte de liquide amniotique (poche des eaux fissurée ou rompue) ? Avec les pertes liquides grossesse, le doute est fréquent, et c’est logique : plusieurs liquides peuvent se ressembler, surtout quand ils sont très fluides. L’enjeu, c’est de reconnaître ce qui est attendu, ce qui mérite un avis rapide, et ce qui doit conduire à appeler la maternité sans attendre.
Pertes liquides grossesse : ce que recouvre vraiment cette sensation
Le terme pertes liquides grossesse n’est pas un diagnostic. C’est un ressenti : sous-vêtement humide, écoulement soudain, besoin de protection… Et derrière, trois grandes origines reviennent.
Pertes vaginales (leucorrhées) : souvent physiologiques
Sous l’influence des œstrogènes et de la progestérone, le vagin et le col de l’utérus produisent davantage de sécrétions. On parle de leucorrhées (pertes blanches). Elles servent de barrière : elles aident à limiter la remontée de germes vers l’utérus.
À quoi ça ressemble ?
- Couleur : claire à blanchâtre, parfois légèrement jaunâtre en séchant.
- Texture : fluide à un peu laiteuse.
- Odeur : discrète.
- Douleur : non.
Quand les pertes liquides grossesse ressemblent à cela, c’est le plus souvent rassurant.
Fuites urinaires : fréquentes, surtout en fin de grossesse
La vessie est comprimée, le plancher pelvien (muscles qui soutiennent vessie, utérus, rectum) est plus sollicité. Résultat : des fuites peuvent survenir.
Typiquement :
- après un rire, une toux, un éternuement ,
- en portant une charge ,
- pendant une marche rapide, un effort.
L’indice qui aide ? L’odeur d’urine, et une teinte plus jaune. Les pertes liquides grossesse peuvent alors être simplement… une vessie qui proteste.
Liquide amniotique : poche des eaux fissurée ou rompue
Le liquide amniotique entoure le bébé. Il protège, amortit, participe à la maturation pulmonaire et au bon développement. Si la poche des eaux se fissure ou se rompt, le liquide peut s’écouler : en filet continu, en petites vagues, ou parfois de manière intermittente.
Souvent, il est :
- très clair, comme de l’eau ,
- très fluide ,
- plutôt inodore.
Dans les pertes liquides grossesse, c’est la situation à vérifier vite, car une rupture des membranes augmente le risque d’infection (chorioamniotite) et, avant 37 semaines d’aménorrhée (SA), le risque de naissance prématurée.
Pertes vaginales pendant la grossesse : ce qui est habituel
Pourquoi les pertes augmentent (hormones, col, vascularisation, flore)
Plusieurs mécanismes se combinent, parfois dès le 1er trimestre.
- Les hormones augmentent l’activité des glandes du col et du vagin.
- La glaire cervicale (mucus) devient plus abondante : elle contribue au bouchon muqueux, sorte de bouchon protecteur du col.
- La vascularisation pelvienne s’intensifie : les tissus sont plus irrigués, donc plus sécrétoires.
- Le pH vaginal et la flore vaginale changent : cela peut rester normal, mais rend certaines femmes plus sensibles aux infections.
Autrement dit : des pertes liquides grossesse peuvent être un simple effet secondaire… de la physiologie.
Aspect de pertes physiologiques (couleur, odeur, quantité)
On considère généralement comme rassurant :
- blanc, transparent, laiteux ,
- peu odorant ,
- non mousseux ,
- non grumeleux ,
- sans douleur ni brûlure.
Certaines futures mamans utilisent un protège-slip quotidien. Ce n’est pas un problème en soi si l’aspect reste stable et que la peau n’est pas irritée (l’humidité prolongée peut, elle, irriter).
Sensations : ce qui rassure, ce qui doit faire demander un avis
Rassurant :
- pas de démangeaisons ,
- pas de brûlures en urinant ,
- pas de fièvre ,
- pas d’odeur forte.
À faire vérifier rapidement :
- démangeaisons, rougeurs, sensation de brûlure ,
- douleurs pelviennes ,
- changement net de couleur ou d’odeur ,
- gêne qui s’installe.
Distinguer pertes blanches, urine et liquide amniotique : indices utiles
Personne n’attend d’une femme enceinte qu’elle tranche seule. Mais quelques repères peuvent orienter quand les pertes liquides grossesse deviennent déroutantes.
Pertes vaginales : plutôt régulières, modulées par la journée
Elles sont souvent :
- présentes au long cours ,
- plus marquées le soir, par temps chaud, après une journée debout ,
- variables selon la position.
Elles ne sont pas classiquement déclenchées par un effort bref.
Fuite urinaire : déclencheur mécanique
Les fuites urinaires sont souvent :
- associées à un effort (toux/rire) ,
- avec une odeur caractéristique ,
- améliorées après être allée aux toilettes.
Si cela ressemble à vos pertes liquides grossesse, parlez-en : la rééducation périnéale (souvent proposée après l’accouchement, parfois des exercices adaptés pendant la grossesse) peut aider.
Liquide amniotique : très fluide et persistant
Ce qui doit faire lever le sourcil :
- un liquide qui traverse rapidement un sous-vêtement ,
- une impression que ça recommence vite après s’être essuyée ,
- une absence d’odeur.
Et les pièges ? Après un rapport, le sperme peut ressortir. Des pertes vaginales très fluides aussi. La persistance, l’abondance et la répétition des pertes liquides grossesse guident souvent la décision d’appeler.
Quand consulter rapidement : les signes d’alerte
Écoulement abondant, continu, comme de l’eau
Une fuite claire, très aqueuse, répétée doit faire suspecter une rupture ou fissure des membranes. Contactez la maternité à tout terme en cas de doute, et d’autant plus après 36–37 SA.
Couleur inhabituelle ou odeur forte
Les pertes liquides grossesse doivent être évaluées rapidement si elles deviennent :
- jaunes foncées, vertes, brunâtres ,
- rosées ou franchement sanglantes ,
- malodorantes (odeur de poisson, fétide).
Le vert ou le brun peut évoquer un liquide amniotique teinté (par exemple par méconium). Cela nécessite un contrôle.
Douleurs, fièvre, malaise, brûlures urinaires
Fièvre ≥ 38 °C, douleur abdominale, contractions inhabituelles, malaise, brûlures à la miction : l’association avec des pertes liquides grossesse impose un avis sans tarder.
Diminution des mouvements fœtaux ou inquiétude persistante
Moins de mouvements que d’habitude ? Appelez immédiatement.
Et si l’inquiétude persiste, même avec des signes flous, un contrôle peut rassurer et sécuriser.
Causes fréquentes de pertes anormales pendant la grossesse
Mycose, vaginose bactérienne, irritations
Deux diagnostics reviennent souvent.
- Candidose vulvo-vaginale (mycose) : pertes épaisses, blanchâtres, parfois grumeleuses, démangeaisons, vulve rouge.
- Vaginose bactérienne : pertes plus abondantes, grisâtres/jaunâtres, odeur forte.
Des irritations peuvent mimer une infection : savons parfumés, douches vaginales, lingettes, sous-vêtements synthétiques, protège-slips parfumés, humidité prolongée.
Infections sexuellement transmissibles (IST)
Selon l’histoire et les risques, certaines IST peuvent expliquer des pertes liquides grossesse modifiées.
Exemples :
- trichomonose : pertes parfois mousseuses, très odorantes ,
- gonorrhée : symptômes urinaires, pertes variables.
Le dépistage permet un traitement adapté pendant la grossesse, pour protéger la mère et le bébé.
Rupture prématurée des membranes : pourquoi c’est surveillé de près
La rupture des membranes avant le travail peut survenir à terme ou avant terme. Les risques principaux :
- infection materno-fœtale ,
- prématurité si avant 37 SA.
Certaines infections vaginales augmentent le risque : d’où l’intérêt de consulter quand les pertes liquides grossesse changent franchement.
Que faire si ça coule ? Les bons réflexes et le diagnostic en maternité
À la maison : noter, observer, éviter certains gestes
Quelques gestes simples aident l’équipe soignante :
- noter l’heure de début, l’abondance, la couleur, l’odeur ,
- repérer si c’est continu ou par épisodes ,
- mettre une protection externe non parfumée ,
- éviter tampons et douches vaginales ,
- surveiller température, douleurs, contractions, mouvements du bébé.
Si possible, gardez la protection : décrire une pertes liquides grossesse est parfois plus simple avec un support concret.
Urgence ou avis rapide ?
Allez à la maternité sans attendre si :
- suspicion de liquide amniotique (très fluide, clair, persistant) ,
- liquide vert/brun, ou saignement important ,
- fièvre, douleur abdominale/pelvienne, malaise ,
- baisse des mouvements fœtaux.
Demandez un avis rapide (dans la journée ou sous 24–48 h selon contexte) si :
- pertes modifiées avec démangeaisons/brûlures ,
- odeur inhabituelle ,
- signes d’infection urinaire (brûlures, envies fréquentes, douleurs).
Examens possibles : ce que l’équipe peut proposer
Selon le terme et les symptômes, plusieurs examens peuvent être réalisés :
- examen au spéculum (visualiser le col, l’écoulement) ,
- prélèvements vaginaux (mycose, vaginose, IST) ,
- tests d’orientation du liquide amniotique : nitrazine (papier pH), test de cristallisation (ferning) avec des faux positifs possibles (sang, sperme) ,
- échographie pour estimer la quantité de liquide amniotique ,
- monitoring (rythme cardiaque fœtal et contractions) pour vérifier le bien-être du bébé.
Pertes liquides grossesse selon le trimestre et les situations du quotidien
1er, 2e, 3e trimestre, et après 36–37 SA
- 1er trimestre : augmentation possible des leucorrhées, souvent sans gravité.
- 2e trimestre : stabilité fréquente , ce sont surtout les changements (odeur, démangeaisons) qui comptent.
- 3e trimestre : pertes souvent plus abondantes , le bouchon muqueux peut se modifier (glaire épaisse, parfois rosée).
- Après 36–37 SA : une fuite aqueuse persistante doit faire vérifier une rupture des membranes.
La nuit et au lever : pourquoi on a l’impression que tout coule
Allongée, les sécrétions s’accumulent puis s’écoulent au lever. Effet surprise. Ajoutez une toux matinale, un lever rapide, et une fuite urinaire peut s’inviter.
Mais si les pertes liquides grossesse obligent à changer plusieurs protections et que le liquide est très clair et très fluide, la maternité doit être contactée.
Après rapport, effort, toux, rire
- Après un rapport : le sperme et les sécrétions peuvent ressortir, parfois de façon impressionnante, puis s’arrêter.
- Après effort/toux/rire : les fuites urinaires d’effort sont classiques.
Point de vigilance : si l’écoulement reste aqueux, inodore, et revient malgré une vessie vide, faites contrôler.
Prise en charge et prévention au quotidien
Pertes physiologiques : confort et hygiène douce
Objectif : limiter l’irritation, sans perturber l’équilibre vaginal.
- toilette externe simple ,
- produit doux si besoin (sans parfum) ,
- sous-vêtements en coton ,
- éviter douches vaginales et produits parfumés ,
- changer régulièrement de protection pour limiter la macération.
Infection confirmée : traitement ciblé, pas d’automédication
Le traitement dépend du germe :
- antifongique local pour candidose ,
- antibiotique adapté pour vaginose ou certaines IST.
Pendant la grossesse, mieux vaut éviter l’automédication : un prélèvement évite de traiter à l’aveugle une pertes liquides grossesse qui n’est pas infectieuse.
Poche des eaux rompue : prise en charge selon le terme
On ne referme pas la poche des eaux. La conduite dépend du terme, de l’état maternel, du bien-être fœtal et de l’absence de signe infectieux.
- À terme : surveillance et organisation de la naissance dans un délai adapté.
- Avant terme : surveillance plus rapprochée, parfois hospitalisation, mesures pour limiter l’infection et soutenir la maturation du bébé selon l’âge gestationnel.
À retenir
- Les pertes liquides grossesse sont souvent liées à des leucorrhées physiologiques : claires/blanches, peu odorantes, sans douleur.
- Une fuite urinaire survient volontiers à l’effort et se repère souvent à l’odeur et à la teinte jaunâtre.
- Un liquide très fluide, clair, inodore, qui mouille de façon répétée peut évoquer une fuite de liquide amniotique : contactez la maternité.
- Couleur inhabituelle, odeur forte, démangeaisons/brûlures, douleurs, fièvre, malaise ou baisse des mouvements fœtaux = avis médical rapide.
- Des professionnels (sage-femme, médecin, maternité) peuvent évaluer la situation avec examen, prélèvements, tests, échographie et monitoring. Pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, vous pouvez télécharger l’application Heloa.
Les questions des parents
Comment savoir à la maison si c’est du liquide amniotique ?
C’est compréhensible d’être perdue. Les indices utiles : écoulement très fluide, clair, persistant malgré être allée aux toilettes, sans odeur. En revanche, les tests « maison » (papier pH, observations) donnent souvent des faux positifs (sperme, sang, sécrétions) et peuvent retarder une prise en charge. Si vous doutez, notez heure, volume, aspect et appelez la maternité ou votre sage‑femme pour un avis rapide. Ils proposeront les examens fiables.
Puis‑je avoir des rapports sexuels si j’ai des pertes ?
Si vous avez seulement des leucorrhées physiologiques sans douleur ni odeur, les rapports sont souvent possibles et sans danger. En présence de signes d’infection (démangeaisons, odeur forte) ou si la poche des eaux est suspectée rompue, il est préférable d’éviter les rapports et d’en parler au professionnel qui vous suit. N’hésitez pas à demander des conseils personnalisés : votre situation et votre terme guident la recommandation.
Que se passe‑t‑il si la poche des eaux se rompt avant 37 semaines ?
C’est naturellement inquiétant. Avant 37 semaines, la surveillance se resserre car il y a un risque d’infection et de naissance prématurée. Selon le terme et l’état clinique, l’équipe peut proposer hospitalisation, surveillance, antibiotiques préventifs et parfois traitements pour aider la maturation pulmonaire du bébé. Rassurez‑vous : des protocoles clairs existent et l’équipe vous expliquera les étapes pas à pas.





