Quand un enfant se met à se raidir, à trembler, puis s’interrompt soudainement dans ses gestes, le temps se dilate. Une seule question domine : que faire, tout de suite, sans se tromper ? Les crises convulsives enfant peuvent être liées à la fièvre, à une épilepsie, à un trouble métabolique (comme une hypoglycémie), ou plus rarement à une infection du système nerveux. Reconnaître les signes, sécuriser l’enfant, et repérer les situations qui exigent une aide urgente change tout.
Crises convulsives enfant : ce qui se passe dans le cerveau
Définition simple, avec les mots justes
Une crise convulsive correspond à une manifestation visible (raidissement, secousses, perte de tonus) provoquée par une décharge électrique anormale, brève et transitoire, dans le cerveau. En termes médicaux, il s’agit d’une activité neuronale hypersynchrone : beaucoup de neurones s’activent en même temps, puis l’activité se réorganise.
Crise convulsive, crise épileptique, épilepsie : qui est qui ?
- Crise convulsive : description motrice (secousses/raidissement).
- Crise épileptique : activité électrique anormale du cerveau, convulsive ou non (parfois regard fixe, rupture de contact).
- Épilepsie : tendance à faire des crises répétées, sans déclencheur immédiat.
Donc, une crise convulsive chez l’enfant n’équivaut pas automatiquement à une épilepsie.
Âges concernés : pourquoi 6 mois–5 ans revient si souvent ?
Entre 6 mois et 5 ans, les convulsions fébriles sont les plus fréquentes (pic vers 12–18 mois). Environ 2 à 5 % des enfants en feront au moins une.
Chez le nourrisson plus jeune, les signes sont parfois discrets et les causes plus variées. Après 5 ans, une crise convulsive associée à la fièvre est moins typique : l’évaluation médicale prend encore plus de poids.
Reconnaître les signes : comment les crises se présentent
Vous vous demandez peut-être : « Est-ce que c’était vraiment une crise ? » La réponse n’est pas toujours immédiate, surtout chez le bébé.
Crises convulsives généralisées : tout le corps participe
La crise tonico-clonique généralisée associe souvent :
- phase tonique : raidissement, parfois chute ,
- phase clonique : secousses rythmiques ,
- yeux en déviation, salivation ,
- parfois morsure de langue, perte d’urines.
La durée est souvent courte (secondes à 2–3 minutes).
Crises focales : un côté, un regard, des gestes automatiques
Une crise focale commence dans une zone précise du cerveau : secousses d’un membre, d’un côté du visage, regard dévié, rupture de contact, automatismes (mâchonnement, gestes répétitifs). Elle peut se généraliser.
Chez le nourrisson : parfois très discret
Chez le bébé, une crise convulsive peut se manifester par :
- pauses respiratoires brèves (apnée) ,
- perte soudaine de tonus ,
- succion/mâchonnement inhabituel, clignements atypiques ,
- mouvements oculaires anormaux ,
- coloration bleutée autour de la bouche (cyanose).
Si possible, filmer quelques secondes (sans retarder la sécurité) aide souvent le médecin.
Après la crise : la phase post-critique
Après l’épisode, l’enfant peut être somnolent, confus, irritable. Cette phase post-critique dure de minutes à parfois plus longtemps. Une respiration régulière et une amélioration progressive sont attendues.
Crises convulsives enfant et fièvre : les convulsions fébriles
Pourquoi la fièvre peut déclencher une crise
La fièvre augmente l’excitabilité cérébrale et abaisse le seuil convulsivant chez certains enfants prédisposés. Terrain familial, inflammation liée à l’infection, vitesse de montée thermique : plusieurs facteurs se combinent.
Simples et complexes : la différence qui guide la suite
Convulsion fébrile simple : généralisée, brève (souvent < 15 min), unique sur 24 h, retour rapide.
Convulsion fébrile complexe : > 15 min, ou répétée dans les 24 h, ou signes focaux.
Infections souvent impliquées
Le plus souvent : viroses, rhinopharyngites, gastro-entérites, otite, parfois grippe. Une fièvre post-vaccinale peut aussi être en cause.
Récidive et facteurs de risque
Après un premier épisode, le risque de récidive des crises convulsives enfant fébriles est d’environ 20 à 40 %.
Risque plus élevé si : première crise avant 18 mois, antécédents familiaux, crise survenant tôt dans la fièvre.
Épilepsie plus tard : quand le risque monte
Le risque d’épilepsie ultérieure reste faible. Il augmente surtout si convulsions fébriles complexes, antécédents familiaux d’épilepsie, ou développement psychomoteur atypique.
Causes hors fièvre : ce que le médecin cherche
Causes métaboliques
- Hypoglycémie.
- Troubles des électrolytes : sodium (hyponatrémie), calcium (hypocalcémie), magnésium.
Vomissements, diarrhée, déshydratation ou alimentation très réduite peuvent suffire à déséquilibrer un petit organisme.
Causes neurologiques
Traumatisme crânien, malformation, lésion : à signaler si chute importante, maux de tête inhabituels, ou faiblesse d’un membre après la crise.
Infections sévères : méningite et encéphalite
Fièvre + crise + enfant très somnolent, raideur de nuque, vomissements importants, purpura : le médecin doit éliminer une méningite ou une encéphalite.
Intoxications
Ingestion accidentelle de médicaments, alcool, produits toxiques, surdosage : le dire immédiatement, même si l’on n’est pas certain.
Causes génétiques et syndromes épileptiques
Certaines épilepsies ont une composante génétique. Des termes comme absences ou spasmes infantiles servent à orienter EEG, imagerie et traitement.
Que faire pendant des crises convulsives enfant : gestes qui protègent
Mettre en sécurité et protéger la tête
- Installer l’enfant au sol, loin des objets durs.
- Protéger la tête avec un vêtement roulé.
- Desserrer les vêtements gênants.
Observer et chronométrer : le repère des 5 minutes
Regarder la respiration, la couleur, et lancer un chrono. Noter : début focal ou non, regard, fièvre, chute, ingestion possible.
Après : position latérale de sécurité
Quand les secousses cessent, placer l’enfant en position latérale de sécurité. Laisser récupérer au calme, en surveillant la respiration.
À éviter
- Rien dans la bouche.
- Ne pas retenir les mouvements.
- Pas de boisson ni médicament par la bouche tant que l’enfant n’est pas bien réveillé.
Quand appeler le 15/112 et quand consulter
Appel urgent
Appeler le 15/112 si :
- crise > 5 minutes ,
- crises répétées sans retour à l’état habituel ,
- respiration difficile, pauses prolongées, coloration bleue ,
- blessure ou traumatisme crânien.
Autres signaux d’alerte
Somnolence anormale et durable, confusion persistante, raideur de nuque, vomissements incoercibles, purpura, ou crise qui s’enchaîne sans récupération (suspicion d’état de mal épileptique).
Après une première crise : informations à noter
Heure de début, durée, température mesurée, contexte infectieux, type de mouvements, regard/couleur, temps de somnolence, médicaments pris, antécédents familiaux.
Examens et traitements : adaptés au contexte
Convulsion fébrile simple : examens non systématiques
Après une convulsion fébrile simple typique (6 mois–5 ans, brève, généralisée, retour rapide, examen normal), pas d’EEG ou d’imagerie en routine, et pas de ponction lombaire sans signe d’appel.
Examens possibles
- Glycémie, ionogramme (sodium/calcium/magnésium).
- EEG si crises atypiques/récurrentes.
- IRM ou scanner si déficit focal, traumatisme, récupération anormale.
- Ponction lombaire si suspicion de méningite/encéphalite.
Fièvre et cause
Paracétamol (et parfois ibuprofène selon âge et contre-indications) pour le confort. Hydratation, vêtements légers, et traitement de l’infection ou du trouble métabolique si identifié.
Médicament de secours si crise prolongée
Dans certains cas, un traitement d’urgence à domicile est prescrit pour des crises convulsives enfant prolongées : diazépam rectal ou midazolam (intranasal/buccal selon protocoles). Les consignes sont personnalisées (dose au poids, moment d’administration, appel aux urgences).
Prévention, suivi, pronostic
Prévenir : une marge de manœuvre… limitée
Beaucoup de convulsions surviennent au début de la fièvre. On ne peut pas tout empêcher. En revanche, on peut se préparer : gestes de sécurité, consignes écrites, information du mode de garde.
Mesures utiles au quotidien
Hydratation, sommeil suffisant, repérage rapide d’une infection, vaccinations à jour.
Pronostic
La plupart des convulsions fébriles n’entraînent pas de séquelles. Le risque d’épilepsie ultérieure est bas, mais augmente en cas de convulsions fébriles complexes ou de particularités du développement.
Suivi
Pédiatre pour le suivi et la réassurance. Neuropédiatrie si crises longues, focales, répétées, ou crises sans fièvre.
À retenir
- Les crises convulsives enfant liées à la fièvre (6 mois–5 ans) sont fréquentes et le plus souvent sans conséquence.
- Une crise peut être généralisée, focale, ou discrète chez le nourrisson , la somnolence post-critique est habituelle.
- Chronométrer et décrire les signes aide à orienter.
- Gestes protecteurs : sécuriser, protéger la tête, ne rien mettre dans la bouche, position latérale de sécurité après.
- Appeler le 15/112 si crise > 5 minutes, répétition, détresse respiratoire, traumatisme, ou signes d’infection sévère.
- Les examens (bilan, EEG, imagerie, ponction lombaire) dépendent du contexte.
- Des professionnels peuvent accompagner, et il est possible de télécharger l’application Heloa pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants.
Les questions des parents
Comment en parler à l’enfant et à l’école ?
Parlez simplement et calmement : pour un jeune enfant, dites que parfois le corps fait des mouvements que l’on ne contrôle pas et que des adultes savent comment aider. Pour l’école, préparer une fiche d’alerte écrite avec les gestes à réaliser, les signes qui demandent un appel aux urgences (>5 minutes, détresse respiratoire) et vos coordonnées rassure tout le monde. N’hésitez pas à demander au médecin une lettre ou un plan d’action personnalisé (médicaments d’urgence, posologie, où les garder). Proposer une courte formation ou une démonstration au personnel (si possible) peut lever beaucoup d’inquiétudes. Rassurez-vous : partager l’information aide à prévenir les erreurs et à protéger l’enfant.
Vaccins et fièvre : y a-t-il des précautions ?
Les vaccins peuvent provoquer une fièvre transitoire, et chez un tout-petit prédisposé cela peut déclencher une convulsion fébrile. Cela ne signifie pas qu’il faille éviter les vaccins : la protection contre les infections reste prioritaire. Informez le professionnel de santé si votre enfant a déjà fait des convulsions fébriles , il pourra proposer des conseils pratiques (surveillance après la vaccination, antipyrétique si indiqué) et un suivi personnalisé. En cas de doute ou de fièvre importante après une vaccination, contactez votre pédiatre pour être rassuré et orienté.

Pour aller plus loin :




