Par Heloa, le 9 février 2026

Laryngite bébé : symptômes, traitements et quand consulter

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Un père prépare un humidificateur d'air pour soulager les symptômes de la laryngite bébé dans la chambre.

Un bébé qui se réveille en pleine nuit avec une toux « aboyante », une voix cassée, parfois un bruit aigu quand il inspire… La laryngite bébé a ce talent particulier : elle semble spectaculaire, alors que l’infection déclenchante est souvent banale. Ce qui compte, ce n’est pas le volume sonore de la toux, mais la façon dont votre enfant respire, boit et récupère.

Les points clés à garder en tête ? D’abord, comprendre ce qui se passe dans le larynx d’un tout-petit. Ensuite, reconnaître les signes typiques (et ceux qui imposent d’agir vite). Enfin, savoir quels gestes sont utiles à la maison, et quels traitements médicaux peuvent être proposés.

Laryngite bébé : de quoi parle-t-on exactement ?

La laryngite bébé correspond à une inflammation du larynx (la « porte d’entrée » de la trachée, là où se situent les cordes vocales). L’inflammation provoque surtout un œdème (gonflement de la muqueuse). Or, chez le nourrisson, le calibre des voies aériennes est étroit : quelques millimètres d’œdème suffisent à changer la respiration.

Vous vous demandez pourquoi la nuit semble pire ? Parce que l’inflammation, la position allongée, la fatigue, parfois un air plus sec, favorisent l’inconfort et les épisodes bruyants.

Pourquoi le nourrisson réagit plus fort

Chez les bébés, l’air doit passer par des conduits plus petits et plus « réactifs ». Quand le larynx gonfle :

  • le passage de l’air se réduit rapidement ,
  • l’enfant augmente sa fréquence respiratoire ,
  • il peut fournir des efforts visibles, avec un tirage (creusement entre les côtes, sous le sternum, parfois au creux du cou).

Ce contraste (infection virale fréquente, symptômes parfois impressionnants) explique l’inquiétude très fréquente autour d’une laryngite bébé.

Laryngite bébé, rhume ou bronchiolite : indices simples

Sans remplacer l’examen médical, quelques repères aident :

  • Rhume / rhinopharyngite : nez bouché, écoulement nasal, éternuements, toux variable.
  • Bronchiolite : gêne plus « basse » (bronchioles), sifflements expiratoires (sibilants), toux répétée, parfois difficulté à boire.
  • Laryngite bébé : toux sèche « aboyante », voix rauque, et parfois stridor (bruit aigu à l’inspiration).

Quelles sont les causes d’une laryngite bébé ?

La plupart des épisodes de laryngite bébé sont d’origine virale, souvent après un rhume. Les virus para-influenza sont classiquement impliqués, mais d’autres virus respiratoires circulant en collectivité peuvent provoquer le même tableau.

Saisonnalité ? Oui : automne et hiver concentrent beaucoup de cas, avec les vagues de virus et les changements de température.

Laryngite spasmodique : des crises nocturnes déroutantes

La laryngite spasmodique (parfois appelée laryngite striduleuse) se manifeste volontiers la nuit : un bébé légèrement enrhumé se couche « presque bien », puis se réveille avec une toux aboyante et un stridor.

Le mécanisme associe inflammation et spasme (contraction réflexe). Déclencheurs fréquents :

  • air sec ,
  • irritants (fumée de tabac, sprays parfumés) ,
  • terrain de réactivité des voies aériennes ,
  • parfois reflux gastro-œsophagien.

Souvent, peu de fièvre. Et des phases d’accalmie qui donnent l’impression que tout est terminé… avant la prochaine quinte.

Cause bactérienne : rare, mais à connaître

Une laryngite d’origine bactérienne est nettement moins fréquente. Elle est surtout évoquée si l’état général est très altéré, si la fièvre est élevée, si l’évolution est très rapide, ou si une autre infection sévère est suspectée (par exemple une trachéite bactérienne). Dans ce contexte, on ne temporise pas.

Reflux et irritation laryngée : un lien parfois discuté

Le reflux gastro-œsophagien peut irriter le larynx (micro-remontées acides), favorisant enrouement et toux chez certains enfants, surtout si les épisodes sont répétés. Ce n’est pas l’explication habituelle d’une laryngite bébé aiguë, mais cela peut être exploré si les crises reviennent.

Contagion : ce qui se transmet, c’est le virus

La laryngite bébé n’est pas « contagieuse » en tant qu’inflammation , en revanche, l’infection virale déclenchante l’est.

Gestes utiles : lavage des mains, aération, mouchoirs jetables, nettoyage des objets portés à la bouche.

Symptômes : comment reconnaître une laryngite bébé

C’est la signature : toux sèche, rauque, type « phoque ». Elle survient souvent en crise, volontiers la nuit. Impressionnant ? Oui. Suffisant pour juger la gravité ? Non.

La bonne question : votre enfant respire-t-il facilement entre les quintes ?

Voix rauque, pleurs modifiés

L’inflammation autour des cordes vocales altère la voix : pleurs plus cassés, voix faible, enrouement persistant quelques jours même après amélioration.

Le stridor : le bruit à l’inspiration

Le stridor est un son aigu entendu surtout quand bébé inspire.

  • S’il apparaît uniquement quand bébé pleure ou s’agite, puis disparaît au calme, la situation est souvent moins sévère.
  • S’il est présent au repos, surtout s’il persiste, la vigilance augmente nettement.

Signes d’effort respiratoire à surveiller

Une laryngite bébé devient préoccupante quand l’enfant lutte pour respirer :

  • tirage (creusement intercostal/sus-sternal) ,
  • battements des ailes du nez ,
  • respiration très rapide ,
  • pauses respiratoires ,
  • agitation puis fatigue, somnolence inhabituelle.

Fièvre et état général

Fièvre absente, modérée ou fluctuante : fréquent dans les formes virales. En revanche, une fièvre très élevée, un enfant abattu, des douleurs importantes, ou une dégradation rapide font rechercher autre chose.

Boire, dormir : des signaux indirects, mais très parlants

Un bébé qui boit moins peut se déshydrater vite. Surveillez :

  • quantité de lait prise ,
  • nombre de couches mouillées ,
  • vomissements répétés ,
  • sommeil très haché avec épuisement.

Hypersalivation + difficulté à avaler + forte fièvre ? Urgence (diagnostic différentiel type épiglottite, devenue rare grâce à la vaccination Hib, mais grave).

Laryngite sous-glottique (croup) : la forme classique

La laryngite sous-glottique correspond à un œdème sous les cordes vocales, dans une zone anatomiquement étroite. Résultat : toux aboyante, voix rauque, parfois stridor, avec un pic nocturne.

Âge typique : surtout entre 1 et 3 ans, mais une laryngite bébé peut survenir dès 6 mois.

Gravité : léger, modéré, sévère

Repères pratiques :

  • Léger : toux aboyante, enrouement, pas de gêne au repos.
  • Modéré : stridor au repos, tirage visible.
  • Sévère : tirage marqué, cyanose, grande agitation ou somnolence, difficulté à boire, signes d’épuisement.

Diagnostic : ce que le médecin évalue (et ce qu’il veut éliminer)

Le diagnostic de laryngite bébé est surtout clinique : histoire récente de rhume, toux aboyante, enrouement, stridor, aggravation nocturne. L’objectif principal est d’évaluer la tolérance respiratoire.

Examen clinique

Le praticien observe et mesure :

  • fréquence respiratoire, tirage, stridor au repos ,
  • auscultation (sibilants, râles, asymétrie) ,
  • saturation en oxygène par oxymétrie si besoin ,
  • hydratation et état général.

Diagnostiques à ne pas confondre

Selon le contexte, il faut écarter :

  • inhalation de corps étranger (début brutal, contexte repas/jeu) ,
  • épiglottite (rare) ,
  • trachéite bactérienne ou autre infection sévère.

Examens complémentaires : seulement si nécessaire

Dans une forme typique et stable, pas d’examen systématique. Radiographies, bilan biologique, voire laryngoscopie sont réservés aux tableaux atypiques, aux aggravations ou aux doutes diagnostiques.

Traitements : que faire selon la gravité d’une laryngite bébé ?

Diminuer l’œdème laryngé, faciliter le passage de l’air, éviter la fatigue respiratoire. Les antibiotiques n’ont pas d’intérêt dans la majorité des laryngites virales.

À la maison (forme légère)

Si votre enfant respire confortablement au repos :

  • mise au calme (les pleurs majorent le stridor) ,
  • petites prises de boisson fréquentes ,
  • lavage de nez au sérum physiologique si rhume associé ,
  • air modéré et pas sec (humidité cible 40–60 %) et chambre aérée.

Pour la fièvre ou l’inconfort : paracétamol selon le poids, après vérification de la dose.

À éviter chez le nourrisson : huiles essentielles, sirops antitussifs, vapeur très chaude (brûlures possibles, bénéfice incertain).

Traitements prescrits

Selon l’évaluation médicale :

  • corticoïde (souvent dexaméthasone en dose unique) pour réduire l’inflammation et l’œdème en quelques heures ,
  • en structure de soins, si gêne importante : adrénaline nébulisée, effet rapide mais nécessitant une surveillance (possible réapparition des symptômes après quelques heures).

Quand l’hôpital est envisagé

Hospitalisation ou observation si :

  • stridor au repos persistant ,
  • baisse de saturation ,
  • difficultés d’alimentation avec risque de déshydratation ,
  • fatigue respiratoire ,
  • doute sur le diagnostic.

Oxygène, réhydratation, surveillance rapprochée, traitements inhalés peuvent être proposés selon le cas.

Évolution : durée, rechutes et vie quotidienne

Une laryngite bébé dure souvent 3 à 7 jours. La toux aboyante s’atténue fréquemment en 24–48 h, alors que l’enrouement peut traîner.

Les 24–72 premières heures sont souvent les plus bruyantes, avec un pic la nuit. Une amélioration en journée n’empêche pas une crise nocturne : préparez le « plan de nuit » (sérum physiologique, boisson, téléphone chargé).

Récidives

Certains enfants refont des épisodes, surtout spasmodiques. Tabagisme passif, irritants, allergies, reflux ou hyperréactivité peuvent contribuer. Si les crises se répètent, un avis pédiatrique (parfois ORL) aide à rechercher un facteur favorisant.

Retour en collectivité

On se base sur l’état général :

  • pas de fièvre depuis 24 h sans antipyrétique ,
  • enfant qui boit et mange correctement ,
  • respiration redevenue confortable.

Quand consulter (et quand appeler les urgences) ?

Consultez si :

  • âge < 6 mois ,
  • épisodes répétés ou tableau inhabituel ,
  • fièvre qui persiste ou monte ,
  • boit nettement moins, vomit beaucoup, douleur marquée ,
  • stridor fréquent, même s’il cède au calme.

Urgence : 15 ou 112

Appelez si vous observez :

  • stridor au repos qui persiste ,
  • tirage important, respiration très rapide, battements des ailes du nez ,
  • lèvres ou visage bleutés (cyanose) ,
  • pauses respiratoires ,
  • somnolence inhabituelle, épuisement, enfant difficile à calmer ,
  • impossibilité de boire avec signes de déshydratation.

Vigilance renforcée si prématurité, antécédents respiratoires, ou aggravation rapide.

Prévenir une laryngite bébé : ce qui aide vraiment

On ne peut pas éviter tous les virus, mais on peut réduire l’irritation et la transmission :

  • lavage des mains, aération régulière ,
  • éviter les bisous sur le visage en cas de rhume ,
  • zéro fumée (y compris sur les vêtements) ,
  • air intérieur pas trop chaud, pas trop sec (humidificateur possible, mais nettoyage strict).

La vaccination Hib diminue le risque d’épiglottite, une urgence grave pouvant mimer une laryngite sévère.

À retenir

  • La laryngite bébé est une inflammation du larynx : chez les tout-petits, un œdème minime peut faire beaucoup de bruit.
  • Signes typiques : toux aboyante, voix rauque, parfois stridor , la gravité dépend surtout de la respiration au repos et de la capacité à boire.
  • La majorité des épisodes de laryngite bébé sont viraux, avec un pic souvent nocturne.
  • Formes légères : calme, hydratation, lavage de nez, air à 40–60 % d’humidité , certains tableaux nécessitent corticoïde et, en urgence, adrénaline nébulisée.
  • Urgence si stridor au repos, tirage marqué, cyanose, pauses, somnolence inhabituelle ou déshydratation.

Des professionnels peuvent vous accompagner si la situation vous inquiète. Et pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, vous pouvez télécharger l’application Heloa.

Les questions des parents

Le miel peut‑il calmer la toux de mon bébé ?

Pour les moins de 12 mois, il est préférable de ne pas donner de miel (risque de botulisme). Pour les enfants plus âgés, une petite cuillère de miel peut apaiser la gorge et réduire la toux nocturne. En revanche, évitez les remèdes maison non testés (huiles essentielles, vapeurs très chaudes) qui peuvent être dangereux pour le nourrisson. Si vous hésitez, demandez l’avis du pédiatre.

Que faire pendant une crise la nuit pour soulager la respiration ?

Rassurez‑vous : garder son calme aide beaucoup l’enfant. Essayez de le tenir en position semi‑assise sur l’épaule, offrez de petites prises de boisson si la déglutition est bonne, et aérez la pièce pour apporter de l’air frais et légèrement humide (humidité 40–60 %). Évitez les sources de chaleur intense et les vaporisateurs chauds. Si le stridor persiste au repos, s’il y a tirage marqué, pauses respiratoires ou baisse de la couleur des lèvres, il convient d’appeler les urgences.

Une laryngite peut‑elle provoquer des apnées ou des séquelles à long terme ?

Une laryngite sévère peut s’accompagner de pauses respiratoires pendant la crise : c’est un signe d’alerte qui nécessite une prise en charge immédiate. En règle générale, la plupart des laryngites virales guérissent sans séquelles durables. Si les épisodes sont fréquents, il peut être utile de rechercher des facteurs favorisants (reflux, irritants, allergies) avec votre médecin.

Une maman regarde attentivement un thermomètre pour surveiller la fièvre souvent associée à la laryngite bébé.

Pour aller plus loin :

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