Dès les premiers jours, une question revient vite : « Boit-il assez ? ». Entre le sein, le biberon, la chaleur, les pleurs et les couches parfois déroutantes, l’
hydratation bébé peut devenir une source de doute… alors que le corps du nourrisson obéit à une logique physiologique très particulière. Le lait hydrate, nourrit, apporte des sels minéraux dosés pour ses reins immatures. L’eau, elle, arrive plus tard, au bon moment, et avec de bons repères.
Hydratation bébé : à quoi sert l’eau et quand le lait suffit
Le rôle de l’eau dans le corps du bébé
L’eau n’est pas un « plus » décoratif. C’est un composant majeur des tissus : elle maintient le volume sanguin (donc une bonne
circulation), facilite le transport du glucose, des acides aminés et des électrolytes (sodium, potassium…), participe à la
thermorégulation et soutient la fonction rénale (production d’urines).
Chez le tout-petit, un détail change tout : la proportion d’eau corporelle est élevée et les pertes sont rapides.
- Respiration (vapeur d’eau expirée)
- Transpiration (même discrète)
- Urines et selles
Et les reins ? Ils filtrent, mais ils apprennent encore. Leur capacité de concentration urinaire est limitée, ce qui explique deux réalités : une
déshydratation peut survenir vite, et un excès d’eau peut aussi déséquilibrer le sang (dilution du sodium).
Hydratation bébé par le lait vs par l’eau : ce qui change avec la diversification
Avant la diversification, le lait fait double emploi : aliment et boisson. Le
lait maternel contient naturellement beaucoup d’eau, avec une composition qui s’adapte (les premières gorgées sont plus aqueuses, puis plus riches en graisses). Les laits infantiles, reconstitués correctement, apportent aussi l’eau attendue.
Ajouter de l’eau « pour être sûr » ? Souvent inutile, parfois risqué :
- moins de lait bu = moins d’énergie (calories) et moins de nutriments
- surcharge de travail pour des reins immatures
- risque d’hyponatrémie (sodium sanguin trop bas) si les apports d’eau sont excessifs
Puis arrive la diversification (autour de 6 mois) : purées, compotes, textures plus denses, parfois plus de protéines et de sels minéraux. Le schéma change. L’
hydratation bébé se répartit alors entre :
- lait (qui reste central)
- eau proposée à la tasse, au gobelet, au verre
- aliments riches en eau (fruits, légumes, soupes)
Repère souple : entre 6 et 12 mois, l’apport hydrique total (lait + eau + eau des aliments) se situe fréquemment autour de 800 à 1 000 ml/24 h, avec des variations selon chaleur, fièvre, activité, appétit.
Proportion d’eau dans le corps : pourquoi l’équilibre est sensible
À la naissance, l’eau représente environ 75 % du poids corporel, puis cette proportion diminue progressivement (un adulte tourne plutôt autour de 60 %). Dit autrement : une petite perte en eau pèse proportionnellement plus lourd chez un nourrisson.
Hydratation bébé selon l’âge : repères simples de 0 à 24 mois
De 0 à 6 mois : le lait couvre les besoins
De la naissance à 6 mois, si bébé est nourri au sein ou au biberon (préparé selon les dosages), le lait suffit en général à l’
hydratation bébé. Même s’il fait chaud, le réflexe le plus sûr reste d’augmenter la fréquence des tétées ou des biberons.
Deux vigilances importantes :
- Éviter les grandes quantités d’eau : risque de dilution des électrolytes (hyponatrémie), surtout avant 6 mois.
- Ne pas remplacer une prise de lait par de l’eau : hydratation et apport énergétique avancent ensemble.
Vous vous demandez peut-être : quelques gorgées quand il fait 30 °C ? Un tout petit a surtout besoin de lait plus souvent. Si la situation vous inquiète (bébé très jeune, prématurité, fièvre), un avis médical apporte un cadre.
Avec la diversification, l’
hydratation bébé gagne un nouveau geste : proposer de l’eau.
- pendant ou après les repas
- entre les prises de lait, surtout en période chaude
Objectif : proposer régulièrement, sans forcer. Beaucoup de bébés boivent peu au début. Normal : ils apprennent une nouvelle motricité avec un contenant différent.
Repère fréquent : le lait reste souvent majoritaire (souvent 500 à 800 ml/24 h selon âge et appétit), et l’eau complète.
De 12 à 24 mois : l’eau devient la boisson de référence
Entre 1 et 2 ans, l’eau s’installe comme boisson quotidienne. Le lait garde sa place, mais l’
hydratation bébé devient plus autonome : verre adapté, petite gourde, accès facile.
Quelques moments qui « déclenchent » bien la soif :
- au réveil
- aux repas
- après une activité physique
- au retour d’une sortie
Et si votre enfant refuse l’eau mais réclame du lait en continu ? Revenir à une routine (eau proposée, lait à certains moments) aide souvent.
Eau et biberons : quelle eau choisir pour l’hydratation bébé ?
Eau du robinet, eau en bouteille, eau filtrée : décider simplement
Pour les biberons, deux options peuvent convenir : eau du robinet ou eau en bouteille, à condition qu’elles soient adaptées.
- Eau en bouteille : choisissez une eau indiquant clairement « convient à la préparation des aliments pour nourrissons ».
- Eau du robinet : elle peut convenir si la qualité locale est compatible (nitrates, minéralisation). En cas de doute, l’eau en bouteille adaptée est souvent la voie la plus simple.
- Eau filtrée : une filtration peut modifier la composition et la stabilité après stockage. Ce n’est pas automatiquement un gage d’adaptation pour l’hydratation bébé.
Les critères d’une eau adaptée
Pour reconstituer le lait en poudre, on vise une
eau faiblement minéralisée : le lait infantile apporte déjà des minéraux. Une eau trop chargée augmente la « charge rénale ».
Sur l’étiquette, regardez surtout :
- la mention pour nourrissons
- une faible teneur en minéraux, notamment en sodium
- une faible teneur en nitrates
Préparer les biberons en toute sécurité
L’
hydratation bébé passe aussi par l’hygiène et le bon dosage.
- Mains lavées, plan de travail propre.
- Dosage exact (trop concentré = surcharge en solutés , trop dilué = apports insuffisants).
- Eau conservée proprement : une bouteille ouverte ne reste pas éternellement stable , en pratique, utilisez-la dans les 24 h.
- Température : température ambiante ou tiédie, selon l’enfant.
Signes rassurants au quotidien
Le repère le plus parlant : les urines.
Signes plutôt rassurants pour l’
hydratation bébé :
- couches mouillées plusieurs fois par jour (souvent 4 à 6 couches bien humides/24 h)
- urine claire à jaune pâle
- larmes présentes quand bébé pleure
- bouche humide, lèvres non gercées
- fontanelle souple (non creusée)
- bébé tonique, éveillé, réactif
Selles et transit : variations attendues
Les selles sont influencées par l’âge et l’alimentation :
- allaitement : selles parfois très fréquentes… ou au contraire espacées
- lait infantile : rythme souvent plus régulier
- diversification : consistance et fréquence changent
Oui, l’eau aide le confort digestif, mais les selles seules ne suffisent pas à juger l’
hydratation bébé. Le tonus et les urines restent plus fiables.
Signes de déshydratation : du léger à l’urgence
Signes à surveiller :
- bouche et lèvres sèches
- moins d’urines, couches peu mouillées, ou pas d’urine pendant 6 à 8 h
- urine très foncée
- irritabilité inhabituelle ou somnolence
- fontanelle creusée
- pli cutané qui persiste
Repères de perte de poids souvent utilisés :
- ≈ 5 % : déshydratation modérée
- > 9 % : déshydratation sévère
Si bébé est difficile à réveiller, ne boit plus, vomit tout, ou n’urine presque plus, une consultation urgente s’impose.
Chaleur, fièvre, gastro : ajuster l’hydratation bébé dans les situations à risque
Chaleur et canicule : augmenter la fréquence, anticiper les sorties
Quand il fait chaud, l’idée est simple : proposer plus souvent.
- Avant 6 mois : plus de tétées/biberons (sans ajouter d’eau en grande quantité).
- Après 6 mois : lait + petites gorgées d’eau régulières.
En voiture, à la plage, en promenade : eau adaptée, pauses à l’ombre, vêtements légers. Et une question utile : « Les couches restent-elles bien mouillées ? ». Si ce n’est pas le cas, l’
hydratation bébé passe au premier plan.
Fièvre : fractionner et surveiller
La fièvre augmente les pertes hydriques. Proposez plus souvent, en fractionnant : petites quantités répétées plutôt qu’une grosse prise.
Points de repère :
- bébé accepte-t-il de boire ?
- urine-t-il ?
- reste-t-il réactif ?
Fièvre + refus de boire, vomissements, grande somnolence : demandez un avis médical rapidement.
Diarrhée et vomissements : place centrale de la SRO
La gastro-entérite peut faire chuter l’
hydratation bébé en quelques heures.
La réponse la plus efficace est la
solution de réhydratation orale (SRO), préparée exactement selon les instructions. Si bébé vomit :
- démarrez par 5 à 10 ml toutes les 5 à 10 minutes
- augmentez progressivement si c’est bien toléré
Le lait maternel ou infantile se poursuit : il apporte eau et calories.
Erreurs fréquentes :
- remplacer le lait par de l’eau
- donner jus, sodas ou boissons sucrées
- attendre alors que les couches restent sèches
Au quotidien : boissons, aliments hydratants et apprentissage de la soif
Quand proposer de l’eau et en quelle quantité
Après 6 mois, proposez de l’eau :
- aux repas
- après le jeu
- au retour d’une sortie
La nuit : si bébé se réveille, on cherche d’abord la cause (faim, inconfort). Après 6 mois, quelques gorgées d’eau peuvent dépanner, sans en faire un objectif.
Côté volumes, gardez une boussole : le lait reste la base, l’eau complète. Beaucoup d’enfants boivent au début 100 à 300 ml d’eau par jour, puis davantage selon chaleur et alimentation. L’
hydratation bébé se juge davantage sur les signes cliniques que sur un chiffre.
Aliments riches en eau : l’assiette compte aussi
Dès que bébé mange, certains aliments soutiennent naturellement l’
hydratation bébé :
- fruits : pastèque, melon, fraise, poire
- légumes : courgette, concombre, tomate
- purées, compotes, soupes, veloutés
Ils complètent l’eau et le lait.
Contenants et routines : apprendre à boire autrement
Pour favoriser l’autonomie :
- vers 6 mois, petit gobelet ouvert tenu par l’adulte
- gobelet à paille : utile pour certains enfants
- verre, gourde : à introduire progressivement
À la crèche ou chez l’assistante maternelle, une routine simple : eau après les repas et après les activités, sans laisser l’enfant boire en continu toute la journée.
Idées reçues sur l’hydratation bébé : faire le tri sans pression
« Il pleure, il a forcément soif »
Les pleurs peuvent signaler faim, fatigue, inconfort, besoin de succion. Avant 6 mois, proposer le sein ou le biberon reste le plus cohérent. La soif se repère mieux via les urines, la bouche et l’état général.
« En cas de constipation, l’eau règle tout »
Après 6 mois, l’eau peut aider. Mais le transit dépend aussi :
- des fibres (fruits/légumes adaptés)
- de l’activité
Constipation douloureuse, sang dans les selles, gêne persistante : un professionnel de santé pourra proposer des solutions adaptées.
« Plus il boit, mieux c’est »
Chez le nourrisson, trop d’eau peut diluer le sodium et déclencher une
hyponatrémie, surtout avant 6 mois. L’objectif d’
hydratation bébé n’est pas de pousser à boire.
Quand demander un avis médical pour l’hydratation bébé
Situations où un conseil rapide rassure
Un avis médical est utile si :
- bébé a moins de 6 mois et semble moins tonique ou boit moins qu’à l’habitude
- refus de boire persistant
- fièvre, diarrhée ou vomissements avec doute sur les urines
Signes d’alerte nécessitant une consultation urgente
Consultez en urgence si :
- somnolence marquée, bébé difficile à réveiller
- absence d’urine ou couches très sèches pendant plusieurs heures (notamment > 6 à 8 h)
- fontanelle très creusée, pli cutané persistant
- vomissements persistants avec incapacité à garder les liquides
- perte de poids rapide
À retenir
- Avant 6 mois, le lait maternel ou infantile suffit généralement : l’eau n’est pas nécessaire pour l’hydratation bébé.
- Dès la diversification, l’eau complète le lait : proposez régulièrement, surtout aux repas et entre les prises.
- Pour les biberons, choisissez une eau adaptée aux nourrissons, plutôt faiblement minéralisée, pauvre en sodium et en nitrates.
- Les couches mouillées, l’urine claire et un bébé tonique sont des signes rassurants.
- Chaleur, fièvre, diarrhée/vomissements augmentent le risque : fractionnez, surveillez, et utilisez une SRO si besoin.
- En cas de doute ou de signes d’alerte, un professionnel de santé peut vous accompagner. Pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, vous pouvez aussi télécharger l’application Heloa.
Les questions des parents
Faut‑il préparer une solution de réhydratation orale (SRO) maison ou prendre celle de la pharmacie ?
Rassurez‑vous : la solution vendue en pharmacie est formulée pour être sûre et efficace. Il est préférable de l’utiliser plutôt que d’improviser une recette maison. Suivez toujours la notice du fabricant pour le dosage, la conservation et la durée d’utilisation après ouverture (souvent à utiliser rapidement ou conservée au réfrigérateur 24 h selon l’emballage). En cas de doute, demandez conseil à votre pharmacien ou médecin.
Commencez par de toutes petites prises fréquentes : par exemple 5–10 ml toutes les 5–10 minutes, puis augmentez si c’est toléré. Prenez un rythme calme, sans forcer. Continuez l’allaitement ou les biberons si possible : ils apportent eau et calories. Si les vomissements persistent ou que bébé urine peu, devient très somnolent ou ne garde rien, consultez rapidement.
Mon bébé refuse l’eau : que puis‑je faire au quotidien ?
C’est fréquent et normal. Proposez de petites quantités et différents contenants (gobelet, paille, gourde). Offrez l’eau aux repas et après le jeu, sans en faire une contrainte. Privilégiez aussi les aliments riches en eau (fruits, soupes). Surveillez les signes d’hydratation (couches mouillées, urine claire, fontanelle souple). En cas de baisse d’énergie, peau très sèche ou rares urines, demandez un avis médical.
Pour aller plus loin :