Par Heloa, le 26 janvier 2026

Alimentation bébé : repères simples de 0 à 24 mois

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Une maman prépare des petits pots de légumes frais pour une alimentation bébé saine et équilibrée

Entre biberons, tétées, cuillères et morceaux, l’alimentation bébé change vite… et les questions fusent. Combien de lait ? Quand commencer la diversification ? Le fer, la vitamine D, les allergènes : faut-il tout maîtriser d’un coup ? Pas besoin de viser la perfection. Quelques repères physiologiques (ce que le corps de votre enfant sait faire, et quand) suffisent souvent pour avancer sereinement, ajuster les textures, et repérer les signaux de faim et de satiété.

Alimentation bébé : les besoins essentiels selon l’âge

Le premier moteur, c’est la croissance. Le second, c’est la maturation : digestion, coordination succion–déglutition, puis mastication. De 0 à 12 mois, le lait maternel ou le lait infantile reste la base énergétique et hydrique , les solides complètent progressivement, sans remplacer brutalement.

Vous vous demandez peut-être ce qui mérite vraiment votre attention ? Trois axes reviennent en pratique : fer, lipides (pour le cerveau), et sécurité alimentaire.

  • Énergie : des apports réguliers, surtout via le lait la première année.
  • Protéines : nécessaires, mais en petites portions chez le tout-petit (excès = inutile).
  • Lipides : essentiels au développement neurologique , une cuillère d’huile végétale adaptée dans les purées change tout.
  • Micronutriments à surveiller : fer, vitamine D (souvent supplémentée), calcium, iode.

Fer, vitamine D, iode : le trio qui revient souvent

  • Fer : les réserves de naissance diminuent vers 4–6 mois , d’où l’intérêt d’introduire tôt des aliments riches en fer (viande/poisson/œuf bien cuits et finement mixés, légumineuses très cuites, céréales infantiles enrichies si proposées). Une carence martiale peut donner pâleur, irritabilité, fatigue (et passer inaperçue).
  • Vitamine D : le nourrisson en fabrique peu , une supplémentation est fréquemment prescrite, surtout si allaitement.
  • Iode : utile à la thyroïde et au développement neurologique , présent notamment dans le poisson.

Si votre enfant est prématuré, très sélectif, ou si un bilan montre un fer bas, mieux vaut un avis personnalisé plutôt que d’ajouter des compléments au hasard.

Faim et satiété : la meilleure boussole

Un bébé n’a pas un appétit linéaire. Poussée de croissance, rhume, dent qui perce : tout peut bouger.

Signaux de faim : agitation, recherche du sein/de la tétine, bouche qui s’ouvre, mains à la bouche, intérêt pour la cuillère. Signaux de satiété : rythme qui ralentit, tête détournée, bouche fermée, cuillère repoussée, jeu.

En alimentation bébé, accompagner compte plus que faire finir. La courbe de croissance et le tonus quotidien restent des repères solides.

Alimentation bébé 0–6 mois : lait, encore lait (et c’est normal)

Allaitement : fréquence et repères rassurants

L’allaitement se fait souvent à la demande. Un nouveau-né peut téter très fréquemment (y compris la nuit), puis se réguler. On ne mesure pas les millilitres : on observe la prise de poids, l’éveil, et les couches bien mouillées. Une succion efficace (déglutitions audibles, bébé détendu après) est un bon signe.

Biberon : lait 1er âge et préparation sûre

Si vous utilisez un lait infantile, avant 6 mois c’est un lait 1er âge. La sécurité repose sur des gestes simples :

  • mains lavées, biberon propre ,
  • dosage exact des mesurettes (trop concentré = risque digestif et rénal, trop dilué = apports insuffisants) ,
  • eau potable adaptée ,
  • pas de micro-ondes (chauffe inégale) ,
  • biberon entamé = on jette le reste.

Régurgitations et reflux (RGO) : ce qui est fréquent, ce qui doit alerter

Le sphincter entre œsophage et estomac est immature : les régurgitations petites et indolores sont courantes. On consulte plus vite si vous observez : vomissements importants ou répétés, douleur marquée, refus de s’alimenter, cassure de la prise de poids, sang, gêne respiratoire, somnolence inhabituelle, couches très peu mouillées.

Eau et boissons avant 6 mois

Sauf situations particulières discutées avec un professionnel (fortes chaleurs, fièvre, déshydratation), le lait couvre l’hydratation. Jus, tisanes et boissons sucrées n’apportent pas de bénéfice.

Diversification alimentaire : quand commencer, et comment progresser

Le bon moment : entre 4 et 6 mois, surtout selon la maturité

L’âge compte, mais la maturité compte davantage. Signes favorables : tête bien tenue, position assise avec faible soutien, intérêt pour la nourriture, disparition progressive du réflexe d’extrusion (la langue repousse moins la cuillère). Pour les bébés prématurés, on parle souvent d’âge corrigé.

Premières propositions : simple, lisse, et riche en fer

Au début, quelques cuillères suffisent. Une saveur à la fois, texture très lisse. Légumes cuits, fruits cuits, puis rapidement une stratégie fer (petites quantités de viande/poisson/œuf bien cuits, ou alternatives adaptées). En alimentation bébé, le fer n’est pas un détail.

Textures : ne pas rester bloqué au tout lisse

  • 4–6 mois : purées lisses.
  • 6–8 mois : plus épais, légèrement grumeleux.
  • vers 8–10 mois : écrasé, morceaux fondants.

Aller trop vite peut inquiéter. Rester trop longtemps en lisse peut rendre les morceaux plus difficiles ensuite. Vous hésitez ? Proposez, observez la gestion en bouche, puis ajustez la taille et la cuisson.

Cuillère, DME ou mixte : ce qui compte vraiment

La DME (diversification menée par l’enfant) peut convenir si l’enfant est assis, tonique, et toujours surveillé. La cuillère aide parfois à sécuriser les apports, notamment en fer. Beaucoup de familles font… un mix.

Priorités constantes : posture assise, calme, pas de distraction, aliments fondants, et variété.

Hygiène et conservation (fait maison ou petits pots)

  • Fait maison : cuisson simple, sans sel ni sucre ajouté, puis portions.
  • Réfrigérateur : repère pratique 24 heures en contenant propre.
  • Congélateur : portions datées (repère : jusqu’à 2 mois pour une bonne qualité).

Les petits pots dépannent bien : liste d’ingrédients courte, âge indiqué, sans sel ajouté ni sucres ajoutés.

Alimentation bébé 6–12 mois : des repas qui se structurent

Le lait reste central, mais les repas prennent forme. Souvent : lait le matin, solide à midi, goûter, solide le soir, avec des tétées/biberons qui s’ajustent.

Composer un repas : une logique simple

  • légumes + féculent (énergie) ,
  • matière grasse ajoutée (huile de colza/olive selon habitudes) ,
  • une petite portion de protéines ,
  • fruit ou laitage selon l’appétit.

Les quantités varient beaucoup : en alimentation bébé, on vise la régularité, pas la performance.

Protéines et poisson : repères pratiques

Entre 6 et 12 mois, on propose viande/volaille/poisson ou œuf bien cuit en petites portions (souvent autour de 20–30 g cuits quand le repas est bien installé, à adapter). Pour le poisson, privilégiez les espèces moins contaminées par le mercure (ex. saumon, sardine, colin, merlu) et limitez requin/espadon.

Légumineuses et produits laitiers

Lentilles, pois chiches, haricots : très bien, à condition d’être très cuits et mixés finement au début. Les associer à un aliment riche en vitamine C peut améliorer l’absorption du fer.

Yaourt nature, fromage blanc, petits-suisses peuvent apparaître progressivement , avant 1 an, le lait (maternel/infantile) reste la boisson lactée principale.

Alimentation bébé 12–24 mois : vers le rythme familial

Après 1 an, beaucoup d’enfants passent à 3 repas + 2 collations. L’eau devient la boisson de référence. Les variations d’appétit sont fréquentes : regardez la tendance sur plusieurs semaines.

Autonomie, néophobie, oppositions : quoi faire quand « non » devient automatique ?

Entre 18 et 24 mois, la néophobie (peur du nouveau) est classique. Quelques leviers concrets :

  • proposer sans pression, et reproposer (parfois 8 à 10 fois) ,
  • associer un nouvel aliment à un aliment déjà accepté ,
  • garder un cadre repas/collations, sans grignotage continu ,
  • éviter de faire du dessert une monnaie d’échange.

Lait de croissance, lait de vache, boissons végétales

Après 12 mois, le lait de vache entier peut s’introduire. Le lait de croissance est une option utile si l’alimentation est peu variée ou sur avis médical.

Les boissons végétales ne remplacent pas le lait chez le tout-petit sans avis professionnel : certaines sont trop pauvres en énergie, protéines, calcium ou iode, même enrichies.

Sécurité et situations particulières

Allergènes : quand et comment les introduire

Gluten, œuf, arachide… peuvent être proposés dès la diversification, en petites quantités, un par un, avec observation 2–3 jours. Formes plus sûres : œuf bien cuit, arachide en pâte lisse diluée (jamais en cacahuète entière).

Réaction possible : urticaire, gonflement des lèvres/visage, vomissements importants, toux, gêne respiratoire. Si gêne respiratoire ou malaise : urgence.

Risque d’étouffement : les classiques à adapter

Toujours assis, toujours surveillé. À risque : raisins entiers (à couper), noix/cacahuètes entières, saucisses en rondelles, crudités dures, aliments ronds et durs.

Petits troubles digestifs (constipation, diarrhée, coliques, RGO)

  • Constipation : eau proposée aux repas, fruits/légumes, parfois pruneau en purée selon âge , avis si douleur importante ou sang.
  • Diarrhée : priorité hydratation , consulter si fièvre, sang, déshydratation.
  • RGO : fractionner, éviter la suralimentation, garder semi-vertical après le repas , consulter si douleur ou cassure pondérale.

Prématurité, faible appétit, végétarisme/végan

  • Prématurité : repères souvent basés sur l’âge corrigé , fer et vitamine D à sécuriser selon prescription.
  • Faible appétit : d’abord la courbe de croissance, puis densité énergétique (lipides ajoutés).
  • Végétarien : possible si bien organisé.
  • Végan : suivi médical rapproché indispensable, avec B12 obligatoire.
  • 6 mois : purée lisse de légumes + 1 c. à café d’huile , lait selon appétit.
  • 8–9 mois : légumes + féculent + protéine bien cuite écrasée , compote , eau.
  • 10–12 mois : écrasé + morceaux fondants à explorer , yaourt nature.
  • 12–18 mois : repas familial peu salé, morceaux tendres , collations structurées.
  • 18–24 mois : 3 repas + 2 collations, variété sur la semaine.

À retenir

  • Alimentation bébé : le lait reste la base la première année , les solides complètent progressivement.
  • Dès la diversification, pensez fer et lipides (matière grasse ajoutée).
  • La vitamine D est souvent supplémentée selon prescription.
  • Allergènes : introduction précoce possible, un par un, avec vigilance.
  • Sécurité : posture assise, surveillance, aliments à risque d’étouffement à adapter.
  • En cas de prématurité, RGO gênant, refus alimentaires importants ou projet végétarien/végan, un professionnel aide à sécuriser l’alimentation bébé.

Pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, vous pouvez télécharger l’application Heloa.

Les questions des parents

Combien de lait pour bébé ?

Pas d’inquiétude : les volumes varient beaucoup. Plutôt que de viser un chiffre parfait, observez la courbe de poids, l’éveil et les couches. À titre indicatif et très approximatif : nouveau-né 7–10 tétées/jour (environ 60–120 ml quand on donne le biberon), vers 1–3 mois 5–8 prises (120–180 ml), 3–6 mois 4–6 prises (150–210 ml). Après 6 mois, le lait reste central mais diminue progressivement au profit des solides. Si vous avez un doute, n’hésitez pas à en parler au pédiatre.

Alimentation mois par mois : que proposer et quelles quantités ?

Voici une progression simple :

  • 0–4 mois : lait exclusivement.
  • 4–6 mois : petites cuillères de purée lisse, quelques cuillères par repas , lait toujours majoritaire.
  • 6–8 mois : 1–2 repas solides structurés (quelques cuillères à plusieurs cuillères), textures épaissies.
  • 8–12 mois : 2–3 repas + collations, portions qui augmentent (écrasés puis morceaux fondants).
  • 12–24 mois : rythme familial adapté, 3 repas + 1–2 collations , l’enfant mange souvent une part d’adulte adaptée.
    Ces repères sont indicatifs : adaptez selon l’appétit et la maturation de votre enfant.

Où trouver un tableau ou des ressources fiables ?

Pour un tableau imprimable ou un menu mois par mois, tournez-vous vers le pédiatre, la PMI, ou les sites de santé publique. L’application mentionnée plus haut propose aussi des outils pratiques. Si vous voulez, je peux préparer un petit tableau personnalisé selon l’âge et le contexte de votre bébé.

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