Par Heloa, le 6 février 2026

Premier mot bébé : âge, signes et comment l’encourager

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Un couple de jeunes parents assis au sol exprimant une grande surprise et de la joie en entendant le premier mot bébé

Premier mot, ou simple « ba-ba » lancé pour le plaisir ? Beaucoup de parents guettent le premier mot bébé comme un petit feu vert : « Ça y est, il me parle. » Et quand ça tarde, les questions s’installent. Est-ce normal ? Est-ce que j’en fais assez ? Est-ce que les écrans, les otites, le bilinguisme changent quelque chose ?

Le premier mot bébé ne se résume pas à une prononciation parfaite. Il s’agit surtout d’une intention, d’un contexte, d’une répétition. Et, bien avant ce moment, il y a tout un échafaudage : écoute, babillage, gestes, pointage, attention partagée. De quoi se repérer, encourager au quotidien, et savoir quand demander un avis.

Premier mot bébé : ce que c’est (et ce que ce n’est pas)

Babillage vs premier mot : la différence qui rassure

Le babillage correspond à des suites de sons, souvent en syllabes répétées (« ba-ba », « ma-ma »). Bébé explore sa voix, teste le volume, joue avec la prosodie (rythme et intonation). C’est vivant, parfois théâtral… mais pas toujours « adressé ».

Le premier mot bébé, lui, sert à transmettre un message. La prononciation peut être floue, raccourcie, « inventée ». En pédiatrie et en orthophonie, on regarde d’abord la fonction : est-ce que bébé utilise ce son pour agir sur vous et sur la situation ?

Les 3 critères d’un vrai premier mot bébé : intention, contexte, répétition

Un mot « valide » ressemble souvent à une version simplifiée du mot adulte, mais il coche surtout ces trois cases :

  • Intention : attirer votre attention, demander, montrer, protester.
  • Contexte : utilisé au bon moment (par exemple « pa » quand son père arrive, « do » au coucher).
  • Répétition : repris sur plusieurs jours (pas un « coup de chance » isolé).

Entre 8 et 12 mois, on observe fréquemment des proto-mots : sons stables associés à un sens. Ce n’est pas une étape « au rabais ». C’est souvent la rampe de lancement du premier mot bébé.

Pourquoi ce moment compte autant : boucle émotionnelle et confiance

Quand le premier mot bébé « tombe juste », bébé découvre une mécanique fascinante : un son produit → un adulte répond (regard, sourire, action). Cette boucle renforce l’interaction adulte-bébé et donne envie de recommencer. Vous vous demandez peut-être si votre réaction a un impact ? Oui, et même un très grand : elle rend la communication rentable.

À quel âge arrive le premier mot bébé ? Des repères, pas une compétition

Autour de 12 mois « en moyenne » : ce que cela signifie vraiment

Beaucoup d’enfants prononcent un premier mot bébé autour de 12 mois, avec une large fourchette (environ 10 à 14 mois). « En moyenne » ne veut pas dire « à date fixe ».

À cet âge, la compréhension (langage réceptif) est souvent plus avancée que l’expression (langage expressif). Bébé peut reconnaître son prénom, comprendre des routines (« on va au bain »), exécuter une consigne très contextualisée, tout en disant peu.

Avant 12 mois : proto-mots et onomatopées, souvent très parlants

Avant 12 mois, des sons comme « ma », « pa », « ta », ou des onomatopées (« ouaf », « vroum ») peuvent déjà fonctionner comme un premier mot bébé si l’intention et la stabilité sont là. L’important : un lien régulier entre son et situation.

Après 15 mois : variabilité encore possible… à observer finement

Après 15 mois, une arrivée plus progressive des mots peut rester compatible avec un développement typique, surtout si la communication non verbale est riche : regard, gestes, attention conjointe, pointage, compréhension du quotidien.

Vers 18 mois, certains enfants ont 5 à 20 mots, d’autres beaucoup plus. Vers 2 ans, l’assemblage de deux mots (« encore gâteau ») devient plus fréquent et le lexique accélère.

En revanche, une absence de mots/proto-mots vers 15-18 mois, ou une perte d’acquis, mérite un avis médical.

Avant le premier mot bébé : étapes fréquentes du langage

0-6 mois : vocalises, gazouillis, premiers « tours de parole »

Au début, bébé communique par les pleurs. Puis viennent les vocalises, les voyelles, les gazouillis (« areuh »). Même sans mots, bébé apprend une règle d’or : « si j’émets un son, quelqu’un répond ».

6-9 mois : babillage canonique (ba-ba, ta-ta) et consonnes

Entre 6 et 9 mois, le babillage se structure : répétitions de syllabes, apparition de consonnes. Cette période prépare la phonologie (l’organisation des sons) et l’articulation.

9-12 mois : intention, association son-objet, gestes qui parlent

Bébé comprend de plus en plus, suit parfois une consigne simple, et les gestes deviennent puissants : donner, faire « coucou », et surtout le pointage. Ce geste n’est pas anodin : il signale souvent une entrée dans la communication intentionnelle.

12-18 mois : après le premier mot bébé, le vocabulaire s’étire puis s’accélère

Après le premier mot bébé, certains enfants progressent lentement puis « décollent » plus tard. D’autres gagnent des mots chaque semaine. Ce qui rassure : la dynamique (plus d’initiatives, plus de compréhension, plus de mots qui s’additionnent).

Exemples de premier mot bébé : ce qui sort souvent en premier

« Maman », « papa » : affectif, fréquent, et plutôt simple à produire

Ces mots reviennent souvent car ils sont omniprésents, chargés d’émotion, et phonétiquement accessibles (syllabes simples). Même « ma » ou « pa » peut être un premier mot bébé si l’usage est stable.

Besoins et routines : eau, lait, manger, dodo

Les mots « utiles » motivent : ils obtiennent une réponse immédiate.

  • eau, lait
  • manger
  • dodo

Petits mots-outils : non, oui, là, encore, fini

Ils permettent à bébé de « piloter » la scène.

  • non, oui
  • encore, fini

Objets et animaux : doudou, ballon, biberon… et onomatopées

Les objets concrets et les animaux sont faciles à associer.

  • doudou, ballon, biberon
  • chien, chat
  • onomatopées (miaou, ouaf) : elles peuvent compter comme premier mot bébé si elles sont stables et partagées.

Ce qui favorise (ou freine) le premier mot bébé

Regard, attention conjointe, pointage : les fondations invisibles

Avant les mots, bébé apprend à partager une cible avec vous : il regarde un objet, puis votre visage, puis l’objet. C’est l’attention conjointe. Quand vous nommez au même moment (« ballon ! »), le mot s’accroche.

Interactions au quotidien : qualité, pauses, tours de parole

Ce qui aide le plus ressemble à une conversation, même si bébé ne parle pas encore :

  • Nommer ce que vous voyez, ce que vous faites.
  • Laisser des pauses (bref silence = place pour tenter).
  • Répondre à ses sons comme à une prise de parole.

Fratrie ou pas, quelques minutes de tête-à-tête changent le climat d’échange.

Facteurs médicaux et personnels : audition, ORL, sommeil, hérédité

Le rythme dépend aussi du tempérament. Certains enfants observent longtemps, puis se lancent.

L’audition reste un point central. Des otites séreuses (liquide derrière le tympan) peuvent baisser l’audition de façon fluctuante : bébé entend, mais moins finement. Résultat possible : sons moins bien discriminés, mots plus lents à s’installer. Si les infections ORL se répètent ou si bébé réagit peu aux sons, mieux vaut en parler.

Écrans et langage : le cerveau préfère l’échange réel

Un écran fournit des sons, mais peu d’allers-retours ajustés au rythme de bébé. Or, l’apprentissage du langage s’appuie sur des tours de parole, des regards, des reformulations. Une exposition importante et passive peut réduire les occasions d’échange.

Bilinguisme : deux langues, un seul enfant… et aucun « bug »

Le bilinguisme ne bloque pas le premier mot bébé. Le vocabulaire peut se répartir : moins de mots dans chaque langue prise séparément, mais un total souvent comparable. Ce qui pèse le plus : la qualité et la régularité des interactions dans chaque langue.

Encourager le premier mot bébé au quotidien (sans forcer)

Miser sur les routines : repas, bain, change, sorties

Les routines offrent des répétitions naturelles. Essayez des phrases courtes, très ciblées :

  • « Eau ? Eau. »
  • « Dodo. On va au dodo. »
  • « Chaussures. On met les chaussures. »

Peu de mots, souvent. Le cerveau adore.

Modéliser : nommer, répéter, laisser une place

Modéliser, c’est donner le bon exemple sans exiger.

  • « Ballon. Le ballon roule. »
  • « Chat. Le chat dort. »

Puis une pause. Bébé peut répondre par un son, un geste, un regard : c’est déjà de la communication.

Livres, imagiers, comptines : du vocabulaire… et du plaisir sonore

Quelques minutes suffisent.

  • Imagiers : vous pointez, vous nommez, vous attendez.
  • Répéter les mêmes livres : la répétition sécurise et facilite l’anticipation.
  • Comptines : rythme + répétition = mémorisation.

Jeux qui donnent envie de répondre : imitation, alternance, choix

Vous imitez un son, bébé recommence, vous variez : c’est un jeu, mais aussi une leçon de langage.

Les choix simples créent un besoin de réponse :

  • « Banane ou compote ? »
  • « Livre rouge ou bleu ? »

S’il pointe, vous traduisez : « Compote. Tu veux compote. »

Gestes et signes : un pont vers les mots

Les signes (« encore », « fini », « manger », « boire », « dodo ») soutiennent l’expression et réduisent la frustration. Ils n’empêchent pas la parole : souvent, ils la préparent. Dites le mot en même temps que le geste, pour relier geste + son + situation.

Quand bébé tente un mot : la meilleure façon de répondre

Prononciation approximative : reformuler, sans corriger sèchement

La phonologie se construit : substitutions, syllabes manquantes, simplifications… normal.

  • Bébé : « ta » (chat)
  • Vous : « Oui, chat. Le chat. »

Vous proposez un modèle clair, sans exiger une répétition.

Valoriser l’intention : répondre au message, puis enrichir

S’il dit « encore », vous répondez d’abord à l’idée, puis vous précisez :

  • « Encore compote. Tu veux encore compote. »

Cette « extension » rend le message plus précis, sans pression.

Moins de comparaison, plus d’occasions

La comparaison donne vite l’impression d’un retard, même quand tout avance. Posez-vous plutôt une question simple : « Est-ce que la communication s’élargit, même lentement ? »

Quand demander un avis pour le premier mot bébé ? Signaux et interlocuteurs

Signaux à surveiller

Demandez conseil si vous observez :

  • peu ou pas de babillage après 9-10 mois,
  • peu de réaction aux sons ou à la voix,
  • peu de gestes communicatifs vers 12 mois (montrer, donner, coucou),
  • très peu d’attention partagée.

Retard de mots et régression : prudence si perte d’acquis

On consulte plus volontiers si :

  • pas de mots/proto-mots vers 15-18 mois,
  • stagnation nette du vocabulaire,
  • régression (perte de mots, de gestes, de compétences relationnelles).

Pistes à explorer : audition, trouble développemental du langage, TSA

Quand le premier mot bébé tarde, on explore d’abord :

  • l’audition et la sphère ORL,
  • le développement global,
  • la possibilité d’un trouble développemental du langage,
  • ou d’un trouble du neurodéveloppement, dont TSA (surtout si d’autres signes coexistent : interaction sociale inhabituelle, peu d’attention conjointe, intérêts restreints).

L’objectif : comprendre le profil de bébé et proposer un accompagnement adapté.

Qui consulter ?

Le médecin (pédiatre ou médecin traitant) reste la première étape : examen, repérage du développement, orientation.

Un bilan auditif et un avis ORL peuvent être proposés.

L’orthophoniste évalue la communication et le langage, puis donne des pistes concrètes, adaptées à votre quotidien.

À retenir

  • Le premier mot bébé se définit surtout par l’intention, le contexte et la répétition, pas par une articulation parfaite.
  • L’âge varie : souvent autour de 12 mois, avec une grande marge.
  • Les gestes, le pointage et l’attention conjointe préparent les mots.
  • Routines, lecture partagée, comptines et jeux d’alternance soutiennent naturellement le langage.
  • Bilinguisme et langage vont très bien ensemble , le vocabulaire se répartit.
  • En cas de doute (audition, absence de babillage/gestes, régression, retard persistant), un professionnel peut aider. Pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, vous pouvez aussi télécharger l’application Heloa : https://app.adjust.com/1g586ft8.

Les questions des parents

Quel est le premier mot le plus courant pour un bébé ?

Les plus fréquents sont « maman » et « papa », souvent cités en tête. « Maman » apparaît parfois un peu plus souvent — phonétiquement simple et très présent — mais cela varie d’un enfant à l’autre. Rassurez‑vous : il n’y a pas de « meilleur » premier mot. L’important, c’est que le son soit utilisé pour communiquer et répété dans le temps.

Que peut-on attendre d’un bébé de 8 mois côté langage ?

À 8 mois, on s’attend surtout à un babillage riche (ba‑ba, da‑da, ta‑ta), à des essais de sons et parfois à des proto‑mots stables associés à une situation. Ce n’est pas encore la prononciation adulte, mais l’intention commence à se préciser. Pour aider : nommez, imitez, laissez des pauses et privilégiez les échanges face à face. Si les vocalises sont très rares ou si vous avez un doute sur l’audition, parlez‑en au médecin.

Comment savoir si un « ma/pa » est vraiment « maman/papa » ?

Observez le contexte : le son est‑il utilisé au bon moment (arrivée d’un parent, appel), répété sur plusieurs jours, et sert‑il à obtenir une réponse ? Si oui, on peut le considérer comme un premier mot fonctionnel. Si l’usage reste aléatoire, c’est probablement du babillage — normal et utile avant la forme définitive du mot.

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