Par Heloa, le 8 février 2026

Bébé fait des bruits de cochon : comprendre et savoir réagir

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Jeunes parents écoutant un babyphone dans le salon pendant que leur bébé fait des bruits de cochon

Bébé fait des bruits de cochon, et vous vous demandez si c’est juste un nez un peu pris… ou le signe d’un souci respiratoire ? Ces sons surprennent : grognements sourds, reniflements humides, petit ronronnement, parfois comme une vibration dans le nez. Bonne nouvelle : le plus souvent, tout part des voies aériennes supérieures (nez et arrière-gorge) et se gère avec quelques gestes simples. Reste une question essentielle : comment repérer les situations qui demandent un avis rapide ?

Quels sons quand bébé fait des bruits de cochon ?

Quand bébé fait des bruits de cochon, le bruit peut venir de trois niveaux. Identifier l’origine change tout.

  • Bruit nasal : souffle bouché, reniflement, son humide. Souvent, ça s’améliore après un lavage de nez.
  • Bruit de gorge : raclement, gargouillis, surtout après les repas ou allongé (sécrétions qui coulent en arrière, ou irritation).
  • Bruit thoracique : sifflement aigu, plutôt à l’expiration, avec toux et respiration plus rapide (p. ex. bronchiolite).

Vous hésitez ? Test simple : si le bruit diminue nettement après désencombrement nasal, c’est très probablement nasal.

Nuit, siestes, journée : le contexte parle

Allongé sur le dos, les sécrétions stagnent et les voies sont minuscules : la nuit, bébé fait des bruits de cochon plus facilement. En journée, ils ressortent pendant les pleurs, l’alimentation, juste après un effort.

Un bruit variable, surtout nocturne, sans gêne marquée le jour, évoque souvent une congestion. Un bruit continu, avec fatigue ou respiration rapide, mérite davantage d’attention.

Causes fréquentes (souvent rassurantes)

Nez encombré du nourrisson

La cause la plus courante quand bébé fait des bruits de cochon : un nez encombré. Le nourrisson respire majoritairement par le nez, et ses fosses nasales sont étroites , un peu de mucus (ou des croûtes) suffit à faire du bruit, surtout si l’air est sec ou irritant (chauffage, poussière, fumée, parfums d’intérieur).

À la maison, sans brusquer :

  • Sérum physiologique, surtout avant les repas et le coucher.
  • Aspiration douce si besoin, après avoir humidifié.
  • Chambre : aération quotidienne, éviter la surchauffe, limiter les irritants.

Bruits pendant la tétée ou le biberon

La coordination succion–déglutition–respiration est encore immature. Résultat : quand bébé fait des bruits de cochon pendant le repas, on observe parfois des pauses, des fuites de lait, une toux.

Pistes concrètes :

  • Position semi-verticale.
  • Pauses régulières et rots.
  • Débit de tétine à ajuster : trop rapide = toux/agitation , trop lent = fatigue.

Efforts digestifs (gaz, selles)

Certains grognements ne viennent pas du nez mais du ventre : poussées, crispations, agitation en fin de tétée. Les gaz et la motricité intestinale sont très fréquents au début.

Ce qui aide souvent : portage après le repas, massages doux du ventre (sens horaire), jambes en mouvement type bicyclette, repas un peu plus fractionnés si bébé s’énerve.

Causes ORL et respiratoires à connaître quand ça revient

Rhinopharyngite (rhume)

Nez qui coule, éternuements, toux surtout en position allongée : l’écoulement post-nasal (mucus qui coule vers l’arrière-gorge) irrite et fait tousser. Quand bébé fait des bruits de cochon avec un rhume, il peut aussi moins boire : respirer et téter en même temps devient sport.

Réflexe utile : lavage de nez juste avant les prises.

Irritants, rhinite non infectieuse

Sans fièvre, avec un écoulement clair ou une obstruction fluctuante : fumée de tabac, sprays parfumés, air trop sec, poussière peuvent suffire à entretenir la congestion. Les allergies existent, mais elles sont moins typiques avant 1 an , en revanche, les irritants aggravent facilement.

Bronchiolite : quand le bruit vient des bronches

La bronchiolite touche les petites bronches. Le bruit attendu n’est pas un grognement nasal, mais des sibilances (sifflement expiratoire), souvent avec toux et respiration plus rapide.

Deux repères simples :

  • Si bébé fait des bruits de cochon surtout du nez et que le lavage améliore : plutôt rassurant.
  • Si vous voyez un tirage respiratoire (creusement entre ou sous les côtes, au sternum), un battement des ailes du nez, ou une respiration très rapide : avis médical rapide.

Bruits inspiratoires : penser au stridor

Laryngomalacie

Un stridor est un bruit aigu, strident, surtout à l’inspiration. La laryngomalacie correspond à un larynx plus souple : le bruit apparaît tôt, augmente quand bébé pleure, s’agite, tête, et en décubitus dorsal.

Évolution habituelle : un pic vers 3–4 mois, puis amélioration progressive avec la croissance, souvent après 12 mois.

Quand consulter sans tarder ? Si bébé se fatigue pour boire, prend mal du poids, présente des pauses respiratoires, ou des signes d’effort.

Reflux gastro-œsophagien (RGO)

Le RGO est fréquent. Le contenu gastrique remonte, irrite l’œsophage et parfois l’arrière-gorge : raclements, toux nocturne, gêne après les repas. Chez certains bébés, cela participe au fait que bébé fait des bruits de cochon plutôt localisés vers la gorge, surtout après la tétée.

Mesures souvent proposées : fractionner, pauses, rots, garder bébé vertical un moment après la prise. Si douleur, cassure de courbe de poids, toux importante : avis médical.

Causes plus rares

Trachéomalacie, sténose sous-glottique, atteinte des cordes vocales… On les évoque surtout si le bruit est constant, très précoce, s’aggrave, ou s’accompagne d’apnées, d’une voix anormale, de difficultés alimentaires. Une évaluation en ORL pédiatrique (parfois fibroscopie souple) peut être indiquée.

Selon l’âge : ce qui change

  • Nouveau-né : respiration parfois irrégulière et sonore , voies étroites + position sur le dos = bruits amplifiés. Si bébé boit bien et reste bien coloré, c’est souvent physiologique.
  • 1 à 6 mois : rhumes plus fréquents, bruit souvent nocturne , la laryngomalacie suit souvent son pic vers 3–4 mois.
  • Après 6 mois : diversification, salivation, dentition , toux sur fausse route possible si texture ou posture inadaptées.

Observer : ce qui rassure, ce qui alerte

Signes rassurants

Quand bébé fait des bruits de cochon mais :

  • boit/mange comme d’habitude,
  • mouille régulièrement ses couches,
  • prend du poids,
  • reste tonique et réactif,
  • garde une coloration normale,

… la cause est très souvent nasale et transitoire.

Signes d’alerte respiratoires

Avis médical rapide si :

  • tirage respiratoire au repos,
  • battement marqué des ailes du nez,
  • pauses respiratoires,
  • respiration très rapide,
  • sifflement expiratoire important (nouveau ou qui s’intensifie).

Signes d’alerte généraux

Urgence si lèvres bleutées, pâleur inhabituelle, bébé difficile à réveiller, ou baisse nette des prises avec signes de déshydratation (bouche sèche, moins de couches mouillées). Fièvre mal tolérée ou associée à une gêne respiratoire : contacter un professionnel.

Gestes à la maison quand bébé fait des bruits de cochon

Lavage de nez et mouche-bébé

Le duo le plus efficace : sérum physiologique puis mouche-bébé si besoin.

  • Bébé sur le dos, tête légèrement tournée, ou en semi-assis.
  • Petite quantité de sérum dans chaque narine, laisser couler, essuyer.
  • Aspiration douce, embout non enfoncé, en respectant le confort.

Souvent, 2 à 3 lavages par jour suffisent pendant un épisode, surtout avant les repas et le coucher.

Air ambiant

Air trop chaud = sécrétions plus épaisses. Viser une température modérée, aérer, éviter fumée et parfums d’intérieur. Une humidification ponctuelle (vapeur de salle de bain lors d’un bain tiède) peut aider, sans rendre la chambre humide.

Adapter les repas

Si le bruit apparaît surtout en mangeant : petites quantités plus souvent, pauses, rots, posture semi-verticale, et débit de tétine adapté.

Quand consulter et comment se passe l’examen

Quand bébé fait des bruits de cochon qui durent, s’aggravent, gênent l’alimentation, ou s’accompagnent de fièvre/toux, un avis médical aide à trier : simple congestion, atteinte bronchique, ou cause laryngée.

Début brutal avec toux violente, gêne soudaine, épisode de fausse route : penser inhalation et consulter sans attendre.

Le professionnel observe la fréquence respiratoire, la coloration, recherche un tirage, examine nez et gorge, écoute les poumons, puis précise : bruit inspiratoire (stridor) ou expiratoire (sibilances). Selon le tableau, une orientation en ORL pédiatrique peut être proposée.

À retenir

  • Quand bébé fait des bruits de cochon, la cause la plus fréquente reste la congestion nasale et des voies aériennes étroites.
  • Le contexte aide : bruit surtout la nuit = souvent voies supérieures , sifflement expiratoire + respiration rapide = bronches.
  • Un bruit inspiratoire aigu peut évoquer un stridor (souvent laryngomalacie), surtout si majoré par les pleurs ou allongé.
  • Ce qui rassure : bébé boit bien, grandit, reste tonique, couleur normale.
  • À surveiller de près : tirage, battement des ailes du nez, pauses respiratoires, lèvres bleutées, grande fatigue, baisse des prises.
  • Des professionnels peuvent vous accompagner , vous pouvez aussi télécharger l’application Heloa pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants.

Les questions des parents

Peut‑on donner un médicament pour faire disparaître ces bruits ?

C’est compréhensible de vouloir une solution rapide. Pour les nourrissons, les décongestionnants nasaux en vente libre sont déconseillés sans avis médical. Ils peuvent avoir des effets indésirables. En cas de fièvre ou douleur, paracétamol peut être proposé selon les doses recommandées par le pédiatre. En priorité, essayez les mesures non médicamenteuses (lavages de nez, humidification douce, positions adaptées) et discutez avec un professionnel si le bruit persiste ou s’aggrave.

Mouche‑bébé électrique ou poire : lequel choisir ?

Chaque option a ses avantages. La poire est simple et douce si elle est bien utilisée. L’aspirateur électrique offre souvent une aspiration plus régulière et un réservoir hygiénique, ce qui peut être plus efficace quand le nez est très encombré. Quel que soit le choix, privilégiez un embout adapté, une aspiration modérée, et un nettoyage systématique après usage. Demandez conseil au pédiatre si vous hésitez.

Combien de temps ces bruits peuvent‑ils durer ?

La durée varie beaucoup selon la cause. Une congestion liée à un rhume tient souvent quelques jours à deux semaines. Un stridor laryngomalacique peut persister plusieurs mois puis s’améliorer avec la croissance. Si les bruits durent au‑delà de quelques semaines, s’intensifient, ou s’accompagnent de difficultés pour boire ou de signes d’effort respiratoire, il convient de consulter. Rassurez‑vous : beaucoup de cas sont transitoires et bien gérables.

Une maman veille sur le berceau de son enfant qui dort et si bébé fait des bruits de cochon

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