Une toux qui « aboie » au milieu de la nuit, une respiration bruyante, un bébé qui se réveille en sursaut… La laryngite bébé a ce talent particulier : impressionner, même quand l’épisode reste modéré. Le larynx (la zone des cordes vocales) gonfle vite chez le tout-petit, et la gêne à inspirer peut apparaître soudainement. Savoir reconnaître les signes, comprendre la durée habituelle, et repérer les situations qui demandent un avis médical aide à retrouver un peu de calme.
Laryngite bébé : que se passe-t-il dans la gorge ?
La laryngite bébé correspond à une inflammation du larynx, juste au-dessus de la trachée. Chez le nourrisson, l’inflammation provoque souvent un œdème sous-glottique (gonflement sous les cordes vocales). Résultat : le passage de l’air se rétrécit, et l’inspiration peut devenir sonore.
Vous vous demandez peut-être pourquoi quelques millimètres de gonflement suffisent à tout changer ? Parce que, chez bébé, les voies aériennes sont naturellement étroites. La moindre « marge » perdue se voit (et s’entend).
- Stridor : bruit aigu surtout à l’inspiration.
- Tirage : creusement au niveau du cou, entre les côtes, parfois sous les côtes (signe d’effort respiratoire).
Autre point marquant : les pleurs et l’agitation amplifient le bruit et la gêne. Ce n’est pas « dans la tête » , c’est mécanique (air plus rapide, turbulences, fatigue).
Pourquoi une laryngite bébé survient-elle ?
Virus respiratoires : la situation la plus fréquente
Dans la grande majorité des cas, la laryngite bébé est virale et arrive après une rhinopharyngite (nez bouché, écoulement). Les virus parainfluenza sont souvent impliqués (tableau de « croup »), mais d’autres virus saisonniers peuvent provoquer le même scénario, surtout en automne-hiver. La nuit, l’air plus sec et la position allongée favorisent l’aggravation.
Bactéries : rares, mais à garder en tête
Les formes bactériennes sont moins courantes. On y pense si l’état général se dégrade nettement, si la fièvre est élevée, ou si l’évolution est très rapide.
- Trachéite bactérienne : peut ressembler à une laryngite, avec gêne respiratoire et enfant très malade.
- Épiglottite (devenue rare grâce au vaccin Hib) : urgence typique, tableau différent (voir plus bas).
Reflux, irritants, air sec : des facteurs qui entretiennent
Un reflux gastro-œsophagien (RGO) peut irriter le larynx et favoriser des épisodes répétés, parfois disproportionnés par rapport au rhume. Les irritants comptent aussi : air très sec, pollution, sprays parfumés… et surtout fumée de tabac, même « loin » de l’enfant (les particules persistent sur les vêtements et l’environnement).
Et si c’était autre chose ?
Une gêne respiratoire brutale après un épisode de toux soudain fait évoquer un corps étranger inhalé : évaluation urgente. Plus rarement, des anomalies des voies aériennes sont discutées si les épisodes sont très fréquents ou atypiques , un avis ORL peut alors être proposé.
Symptômes : comment reconnaître une laryngite bébé ?
La laryngite bébé mélange souvent plusieurs signes, avec une intensité variable.
Voix enrouée, pleurs modifiés, inconfort pour avaler
Le début peut être discret : voix rauque, pleurs « cassés », bébé moins audible. La déglutition peut être sensible (tétées écourtées, pauses plus nombreuses, agitation au biberon). Parfois, la salive semble plus abondante , cela peut simplement traduire l’inconfort.
Toux sèche et « aboyante », surtout la nuit
La toux est typiquement sèche, rude, en quintes, décrite comme « aboyante ». L’aggravation nocturne est classique : fatigue, air plus sec, muqueuse plus réactive.
Respiration bruyante : stridor, fatigue, fièvre
Le stridor s’entend surtout à l’inspiration. Il peut s’accompagner d’un tirage et d’une agitation liée au manque d’aisance respiratoire.
La fièvre est souvent absente ou modérée, mais une fièvre plus haute n’exclut pas une laryngite , elle incite surtout à vérifier que rien d’autre ne se cache derrière.
Faux croup : quand la laryngite bébé fait une crise
Le faux croup (ou laryngite striduleuse) touche surtout les enfants entre 6 mois et 3 ans.
Les signes typiques
- toux aboyante
- voix rauque
- stridor inspiratoire
- survenue nocturne, souvent après un rhume
Une crise, ça ressemble à quoi ?
La scène est connue : réveil brutal, toux impressionnante, respiration bruyante, bébé inquiet… et parent en alerte maximale. Calmer l’enfant fait souvent baisser l’intensité des symptômes.
Ce qui rassure plutôt : bébé qui redevient plus calme entre les quintes, garde une bonne coloration, accepte de petites gorgées ou tétées.
Ce qui inquiète : stridor au repos, tirage marqué, lèvres bleutées, épuisement, impossibilité de boire.
Laryngite spasmodique
Parfois, les épisodes sont très nocturnes, récurrents, avec peu ou pas de fièvre : on parle de laryngite spasmodique (hyperréactivité des voies aériennes, irritants, terrain allergique possible). La conduite pratique reste la même : apaiser, surveiller, demander un avis si la gêne augmente.
Laryngite bébé ou autre maladie respiratoire ?
Certaines situations se ressemblent. Quelques repères peuvent aider.
- Bronchiolite : atteinte des petites bronches, respiration rapide, sifflements expiratoires (wheezing), râles , la toux est souvent plus « encombrée ».
- Rhinopharyngite : nez bouché, écoulement, toux modérée , pas de vraie toux aboyante.
- Angine/pharyngite : douleur à la gorge, gêne à avaler, fièvre parfois élevée , la toux n’est pas centrale.
Trachéite : réaction rapide
Si l’enfant paraît franchement malade, avec fièvre, gêne respiratoire qui progresse et fatigue, la trachéite bactérienne fait partie des diagnostics à éliminer. Mieux vaut consulter sans délai.
Épiglottite : urgence absolue
Tableau typique : début brutal, forte douleur, fièvre souvent élevée, difficulté à avaler avec hypersalivation, enfant qui refuse de s’allonger et peut se pencher en avant pour mieux respirer. Dans ce cas : appelez le 15, sans tenter d’examiner la gorge.
Durée, contagiosité, évolution : à quoi s’attendre ?
Combien de temps dure une laryngite bébé ?
La laryngite bébé aiguë dure le plus souvent 3 à 7 jours.
Évolution fréquente :
- J0–J1 : rhume, puis voix enrouée et toux rauque
- J2–J3 : pic possible la nuit (toux aboyante, stridor)
- J4–J7 : amélioration progressive
La toux aboyante s’atténue souvent en 48 heures, mais certaines nuits peuvent rester difficiles plus longtemps.
Contagiosité et retour en collectivité
Quand elle est virale, la laryngite bébé est contagieuse (gouttelettes, mains, objets). Le retour en collectivité dépend surtout de l’état de l’enfant : absence de gêne respiratoire, alimentation redevenue correcte, fièvre contrôlée.
Récidives, enrouement persistant
Des récidives peuvent arriver, surtout si irritants, reflux ou allergies entretiennent l’inflammation. Une voix enrouée au-delà de 3 semaines justifie un avis médical, parfois ORL.
Quand consulter pour une laryngite bébé ?
La question n’est pas « suis-je trop inquiet ? », mais « quels signes montrent que l’air passe mal ou que bébé se déshydrate ? ».
Urgences : signes de détresse respiratoire
Appelez le 15 ou consultez en urgence si vous observez :
- tirage important, respiration très rapide
- battements des ailes du nez
- pauses respiratoires, bébé qui lutte pour respirer
- cyanose (lèvres/visage bleutés)
- somnolence inhabituelle, épuisement, agitation extrême
Avis médical rapide
- stridor au repos
- bébé très abattu, teint gris, difficulté à s’alimenter
- fièvre élevée avec enfant qui paraît vraiment malade
Moins de 3 mois et risque de déshydratation
Avant 3 mois, une gêne respiratoire, une fièvre, ou une baisse des prises mérite une évaluation rapide.
À tout âge, surveillez l’hydratation : couches moins mouillées, bouche sèche, pleurs sans larmes, fontanelle plus creusée (parfois). Un avis médical est préférable si ces signes apparaissent.
Diagnostic et traitements : ce que le médecin peut proposer
Le diagnostic de laryngite bébé est généralement clinique : contexte de rhume, toux aboyante, stridor, examen des voies respiratoires.
Le professionnel évalue aussi :
- le travail respiratoire (tirage, fréquence)
- la saturation en oxygène
- l’état d’hydratation
Médicaments selon la sévérité
- Formes légères à modérées : un corticoïde (souvent par voie orale) peut réduire l’œdème laryngé et améliorer plus vite.
- Formes sévères : surveillance hospitalière, nébulisations selon protocoles pédiatriques, parfois adrénaline nébulisée en milieu médical.
Antibiotiques et reflux
Les antibiotiques n’ont pas de place dans la laryngite virale. Ils sont réservés aux suspicions bactériennes (trachéite, épiglottite, surinfection), décidées sur l’examen.
Si un RGO est suspecté (épisodes répétés, irritations, gêne après les repas), des mesures posturales et alimentaires peuvent être proposées, parfois un traitement selon l’évaluation.
À la maison : gestes utiles (et limites)
Pendant une crise de laryngite bébé, l’objectif est simple : diminuer l’effort respiratoire et éviter la déshydratation.
Calmer, installer, agir sur l’air ambiant
- Gardez bébé contre vous, voix posée.
- Position semi-assise (sans laisser bébé seul sur un support).
- Air ni trop chaud ni trop sec : une humidification prudente peut aider (humidificateur entretenu). La vapeur de salle de bains n’est jamais sans risque de brûlure , si elle est tentée, cela doit rester bref et sous surveillance.
Si le stridor persiste au repos ou si le tirage devient net : avis médical.
Nez bouché : lavage au sérum physiologique
Le lavage de nez peut changer beaucoup de choses, car un nourrisson respire surtout par le nez. Sérum physiologique, position adaptée, et répétition si besoin (notamment avant les repas et le sommeil).
Boire, fractionner, respecter la fatigue
Proposez souvent, en petites quantités : tétées fractionnées, biberons réduits, pauses. Forcer un bébé essoufflé n’aide pas , on cherche la régularité plus que la quantité « parfaite ».
Prévenir les récidives de laryngite bébé
- Hygiène : lavage des mains, mouchoirs, limiter les contacts en période d’épidémie.
- Vaccination : notamment Hib, qui protège contre des formes graves.
- Air intérieur : aération quotidienne, température 18–20 °C, humidité raisonnable.
- Zéro fumée de tabac : impact direct sur l’irritation des voies aériennes.
- Terrain particulier (prématurité, allergies, reflux) : en parler au pédiatre pour ajuster la prévention.
À retenir
- La laryngite bébé est une inflammation du larynx, souvent virale, avec voix rauque, toux aboyante et parfois stridor.
- La nuit est souvent le moment le plus difficile , calmer l’enfant et optimiser l’air ambiant peuvent soulager.
- Signes d’alerte : stridor au repos, tirage marqué, cyanose, épuisement, refus de boire ou signes de déshydratation.
- La durée habituelle est de 3 à 7 jours, avec un pic fréquent vers J2–J3.
- Des traitements efficaces existent quand la gêne est importante , un professionnel évalue la sévérité et la saturation en oxygène.
- Pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, vous pouvez télécharger l’application Heloa.
Les questions des parents
Comment calmer une crise de faux croup la nuit ?
C’est angoissant, naturellement. Rassurez-vous : calmer bébé (le porter contre vous, voix posée) aide souvent. Une position semi-assise, de l’air légèrement humide ou frais (ouvrir la fenêtre quelques minutes ou sortir quelques instants si possible) peut atténuer le stridor. Proposez de petites gorgées si l’enfant prend bien , évitez de le forcer. Si la respiration reste bruyante au repos, que le tirage augmente, ou si bébé refuse de boire ou devient très fatigué, demandez un avis médical urgent.
Les corticoïdes sont-ils sûrs pour mon bébé ?
Oui, utilisés sur une courte durée et prescrits par un professionnel, les corticoïdes oraux réduisent l’œdème laryngé et soulagent rapidement la gêne. Les médecins choisissent le médicament et la posologie adaptés à l’âge et au poids, en évaluant bénéfices et risques. N’hésitez pas à poser des questions sur la durée du traitement et les effets attendus.
Peut‑on donner du miel ou des sirops contre la toux à un nourrisson ?
Pour les moins d’un an, le miel est déconseillé. De façon générale, les sirops antitussifs et remèdes maison ne sont pas recommandés sans avis médical chez le nourrisson. Les gestes simples (lavage de nez, hydratation, apaisement) restent les plus sûrs , si vous pensez à un traitement, en parler au médecin permet d’éviter les risques inutiles.

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