Par Heloa, le 12 janvier 2026

Blue monday enceinte : comprendre et prendre soin de son moral

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Femme enceinte profitant d'un moment cocooning sur son canapé pour contrer le Blue Monday enceinte

Janvier arrive avec ses lundis un peu gris, et l’expression Blue Monday enceinte peut tourner en boucle sur les réseaux. Vous vous sentez plus sensible, plus vite fatiguée, parfois à fleur de peau… et voilà qu’on vous annonce « le jour le plus triste de l’année ». De quoi douter : est-ce dans la tête, dans les hormones, dans l’hiver ?

Bonne nouvelle : on peut remettre les choses à leur place, sans minimiser ce que vous ressentez. Clarifier l’origine du Blue Monday, repérer la frontière entre baisse de moral et trouble de l’humeur, et se donner des appuis concrets (lumière, sommeil, soutien, soins) aide souvent à reprendre de l’élan.

Blue Monday enceinte : ce que c’est (et ce que ce n’est pas)

Un « jour le plus triste » : surtout une histoire de marketing

Le Blue Monday est présenté comme un lundi de janvier statistiquement déprimant. Problème : la fameuse « formule » qui mélange météo, dettes, motivation et résolutions n’a pas de validation scientifique. On parle d’un concept médiatique, pas d’un diagnostic.

Pendant la grossesse, l’étiquette Blue Monday enceinte peut pourtant faire mal : l’attente influence l’humeur. On anticipe une baisse de moral, on s’auto-observe, on interprète chaque larme comme un signal d’alerte.

Pourquoi janvier pèse parfois vraiment

Même sans « magie noire » du calendrier, l’hiver peut rattraper :

  • journées plus courtes, luminosité faible ,
  • activités sociales en baisse ,
  • fatigue d’après-fêtes ,
  • reprise du travail et rythme plus serré.

Le manque de lumière perturbe le rythme circadien (l’horloge biologique veille-sommeil). Résultat possible : somnolence, baisse d’énergie, irritabilité. Ajoutez une grossesse, et l’équation devient plus sensible.

L’effet d’attente : quand le concept déclenche un vrai coup de mou

Vous vous demandez peut-être : « Si je me sens triste ce jour-là, est-ce que ça veut dire que je vais mal ? » Pas forcément. L’expression Blue Monday enceinte peut activer :

  • un effet d’attente (« je vais forcément craquer ») ,
  • des comparaisons (« d’autres enceintes ont l’air radieuses ») ,
  • une pression (« je devrais être heureuse tout le temps »).

Une grossesse ne se résume pas à une humeur instagrammable. Votre corps travaille, votre cerveau s’adapte, et l’hiver fatigue aussi les plus solides.

Pourquoi la grossesse amplifie parfois la baisse de moral en hiver

Hormones : un terrain émotionnel changeant

La grossesse modifie l’équilibre hormonal (notamment progestérone et œstrogènes). Ces variations influencent les neurotransmetteurs impliqués dans l’humeur (comme la sérotonine), la sensibilité au stress et la tolérance à la fatigue.

Beaucoup de femmes décrivent :

  • 1er trimestre : fatigue, nausées, vulnérabilité émotionnelle ,
  • 2e trimestre : regain relatif d’énergie chez certaines ,
  • 3e trimestre : sommeil plus fragmenté, inconfort, préoccupations autour de la naissance.

Cette variabilité est fréquente. Ce qui compte, c’est l’intensité, la durée et l’impact sur votre quotidien.

Lumière, mélatonine et sommeil : le trio qui influence l’humeur

Moins de lumière en journée = signaux plus flous pour l’horloge biologique. La mélatonine (hormone du sommeil) peut être sécrétée à des moments moins adaptés, avec un endormissement plus difficile ou des réveils précoces.

Et quand le sommeil se dégrade, l’humeur suit souvent.

Inconforts physiques : quand le corps grignote la réserve mentale

Nausées, reflux gastro-œsophagien, envies d’uriner nocturnes, douleurs ligamentaires, crampes, essoufflement en fin de grossesse : ce sont des facteurs très concrets. Ils fragmentent le sommeil, épuisent, et rendent le cerveau plus réactif.

Petit test utile : si votre moral baisse, demandez-vous « Qu’est-ce qui me manque aujourd’hui : repos, chaleur, calme, aide, ou un avis médical ? » La réponse est souvent plus simple qu’on ne l’imagine.

Charge mentale et anxiété : un carburant pour les ruminations

Examens, rendez-vous, organisation de la naissance, budget, travail, relations familiales… la charge mentale peut gonfler vite. L’anxiété prénatale (inquiétudes persistantes autour de la santé du bébé, de l’accouchement, du futur) est fréquente.

Quand les pensées tournent en boucle, l’objectif n’est pas de se forcer à positiver, mais d’obtenir des appuis : paroles professionnelles, stratégies, et parfois prise en charge.

Blue Monday enceinte : coup de blues ou trouble de l’humeur ?

Le coup de blues ponctuel : fluctuant, souvent réversible

Une baisse de moral transitoire peut donner :

  • larmes faciles ,
  • irritabilité ,
  • hypersensibilité ,
  • envie de se mettre au ralenti ,
  • impression d’être vite débordée.

Souvent, ça varie d’un jour à l’autre et ça s’allège avec : sommeil, repas réguliers, une marche à la lumière, un échange rassurant.

L’anxiété pendant la grossesse : quand la tête ne s’arrête plus

L’anxiété se manifeste souvent par :

  • ruminations (« et si…? ») ,
  • tension musculaire, agitation ,
  • palpitations, souffle court ,
  • difficultés de concentration ,
  • troubles du sommeil (endormissement difficile, réveils précoces).

Si l’anxiété devient envahissante, parlez-en à votre sage-femme ou médecin. Des approches comme les TCC (thérapies cognitives et comportementales) ont une bonne efficacité sur les troubles anxieux.

Signaux qui méritent une attention rapide

Certains signes, surtout s’ils durent, demandent qu’on s’arrête et qu’on consulte :

  • repli sur soi ,
  • perte d’intérêt ou de plaisir ,
  • culpabilité excessive, dévalorisation ,
  • sentiment de vide ,
  • idées noires.

Une grossesse n’oblige pas à être joyeuse. En revanche, une souffrance persistante mérite des soins.

Sommeil et appétit : l’indice « retentissement »

Pendant la grossesse, sommeil et appétit changent souvent. Ce qui alerte davantage :

  • insomnie ou hypersomnie qui persiste ,
  • appétit très diminué ou alimentation très désorganisée ,
  • impossibilité de gérer les activités de base.

Repère simple : si cela dure plus de deux semaines, ou si vous sentez que ça déborde, demandez une évaluation.

Dépression prénatale et post-partum : distinguer sans se juger

Dépression prénatale : plus qu’une tristesse passagère

La dépression prénatale associe une intensité et une durée qui s’installent, avec un retentissement sur la vie quotidienne. On peut observer :

  • tristesse persistante ,
  • perte de plaisir (anhédonie) ,
  • fatigue écrasante ,
  • ralentissement ou agitation ,
  • pensées négatives récurrentes ,
  • parfois idées suicidaires.

Ce n’est ni une faute, ni un manque d’amour pour le bébé. C’est un trouble médical, qui se soigne.

Facteurs qui fragilisent

Le risque augmente notamment en cas :

  • d’antécédents d’anxiété, dépression, trouble bipolaire ,
  • de dépression post-partum antérieure ,
  • de stress important (deuil, séparation, précarité, violences) ,
  • d’isolement ou de soutien insuffisant ,
  • de grossesse compliquée sur le plan médical.

Avoir un facteur de risque ne signifie pas que tout ira mal. Cela signifie surtout : dépistage précoce = protection.

Baby blues : fréquent, bref, après la naissance

Le baby blues apparaît souvent entre J2 et J5 après l’accouchement : pleurs faciles, irritabilité, labilité émotionnelle, hypersensibilité, sur fond de fatigue et de chute hormonale. Il s’améliore classiquement en 1 à 2 semaines avec repos, aide et soutien.

Dépression post-partum : quand ça dure et que ça empêche de vivre

La dépression post-partum persiste, s’intensifie et gêne le fonctionnement : tristesse continue, anxiété forte, culpabilité, troubles du sommeil et de l’appétit, difficulté à prendre soin de soi ou du bébé, parfois pensées de mort.

Si le baby blues ne s’améliore pas, ou si la souffrance est importante, une consultation s’impose.

Quand la détresse s’installe : effets possibles pour la mère et le bébé

Pour la mère : sommeil, suivi, quotidien

Une détresse psychique durable peut entraîner :

  • troubles du sommeil et épuisement ,
  • baisse de l’appétit ,
  • difficultés à tenir les rendez-vous de suivi ,
  • moindre adhérence aux conseils d’hygiène de vie.

Elle augmente aussi le risque que les difficultés se prolongent après la naissance.

Pour le bébé : effets indirects via le bien-être maternel

Le stress chronique et la dépression pendant la grossesse peuvent être associés, dans certaines situations, à un risque accru de prématurité ou de petit poids de naissance. On évoque aussi parfois une régulation plus fragile chez le nouveau-né (sommeil, irritabilité). Ce ne sont pas des fatalités : le message est plutôt « plus tôt on soutient la santé mentale maternelle, mieux c’est ».

Lien mère-bébé : demander de l’aide protège

Demander de l’aide ne fabrique pas un problème. Cela réduit la souffrance, favorise le repos, soutient la disponibilité émotionnelle, et peut diminuer le risque de dépression post-partum.

Se sentir mieux : stratégies douces et réalistes pendant la grossesse

Parler tôt : choisir les bons interlocuteurs

Commencez simple : « Je me sens plus triste/anxieuse, et j’ai besoin qu’on en parle. »

Selon la situation, vous pouvez consulter :

  • sage-femme ,
  • médecin généraliste ,
  • obstétricien ,
  • psychologue formé à la périnatalité ,
  • psychiatre (si symptômes sévères ou discussion de traitement).

Rythme et charge mentale : le minimalisme utile

Quand l’énergie baisse, les repères rassurent :

  • routine matin/soir légère (repas, douche, heure de coucher proche) ,
  • pause quotidienne de 10 minutes ,
  • un micro-objectif réaliste (sortir 10 minutes, envoyer un message, ranger une seule zone).

Mouvement adapté : endorphines et sommeil

Si votre professionnel l’autorise, privilégiez : marche, yoga prénatal, natation douce, étirements, respiration diaphragmatique. Quelques minutes régulières peuvent suffire à relancer l’énergie.

Lumière du jour et cocooning

Même sous un ciel couvert, la lumière extérieure est plus intense que l’éclairage intérieur. Sortir en journée aide le rythme veille-sommeil. À la maison, le cocooning peut devenir réparateur : chaleur, musique calme, bain tiède, lecture légère.

Alimentation et hydratation : stabiliser la glycémie

Sauter des repas (nausées, dégoûts) favorise les coups de fatigue et l’irritabilité. Souvent, ces ajustements aident :

  • petites prises alimentaires fréquentes ,
  • aliments digestes ,
  • hydratation régulière.

Si les nausées sont importantes, demandez une prise en charge : il existe des options efficaces compatibles avec la grossesse.

Réduire ce qui tire vers le bas

Trois leviers concrets :

  • déléguer ou reporter une tâche non urgente ,
  • rompre l’isolement par un contact court mais régulier ,
  • limiter les écrans le soir (lumière bleue = endormissement plus difficile).

Alcool, drogues, automédication : prudence

Alcool et drogues exposent le bébé à des risques, et l’automédication (médicaments, plantes, compléments) peut être inadaptée pendant la grossesse. Si le moral est bas, demandez un avis médical avant toute prise.

Luminothérapie et vitamine D : options à discuter en hiver

Luminothérapie : pour le blues hivernal

La luminothérapie peut être utile en cas de dépression saisonnière légère à modérée ou de baisse de moral hivernale, y compris quand on entend parler de Blue Monday enceinte.

Schéma fréquent : lampe à 10 000 lux, le matin, 20 à 30 minutes, avec progression si sensibilité.

Précautions pendant la grossesse

Demandez un avis avant de commencer, surtout en cas :

  • de trouble bipolaire (risque de virage maniaque) ,
  • de photosensibilité ,
  • de pathologie oculaire.

Choisissez un appareil sans UV, ne fixez pas la lumière, et stoppez en cas de céphalées, nausées ou gêne visuelle.

Vitamine D : carence possible en hiver

La vitamine D contribue à la santé osseuse maternelle et au développement fœtal. En hiver, une carence est plus fréquente, surtout si vous sortez peu. Un dépistage peut être discuté selon votre profil, puis une supplémentation adaptée si nécessaire. Évitez les fortes doses sans prescription.

Quand consulter : signaux d’alerte et prévention

Consulter rapidement si le quotidien se dégrade

Prenez rendez-vous rapidement si :

  • tristesse ou anxiété persistante et croissante ,
  • impossibilité de dormir ou de manger correctement ,
  • crises d’angoisse ,
  • impression que tout devient ingérable.

Urgence : idées suicidaires ou pensées de faire du mal

Si vous avez des idées suicidaires, des pensées de vous faire du mal, ou de faire du mal au bébé, c’est une urgence médicale. Appelez les secours (numéro d’urgence de votre pays) ou rendez-vous aux urgences.

Quelles prises en charge existent ?

Selon l’évaluation :

  • soutien psychologique ,
  • TCC ,
  • relaxation, respiration, méditation guidée ,
  • hypnose thérapeutique ,
  • traitement médicamenteux si nécessaire, après évaluation bénéfice/risque pendant la grossesse.

Prévenir les prochains creux

Piste simple : repérer vos déclencheurs (fatigue, solitude, surcharge, manque de lumière), préparer une liste de contacts, et garder 2–3 habitudes protectrices.

Et si l’expression Blue Monday enceinte revient chaque année, vous pouvez aussi décider de lui retirer son pouvoir.

À retenir

  • Blue Monday enceinte : expression très médiatique, sans base scientifique solide, mais l’hiver peut réellement peser sur le moral.
  • Hormones, manque de lumière, sommeil fragmenté, inconfort et charge mentale peuvent amplifier la baisse de moral.
  • Un coup de blues fluctue , des symptômes intenses, persistants ou avec retentissement peuvent évoquer anxiété ou dépression prénatale.
  • Lumière du jour, mouvement doux, routines simples, pauses et soutien précoce font souvent une différence.
  • Luminothérapie et vitamine D se discutent avec un professionnel.
  • En cas d’idées noires ou de pensées de passage à l’acte : urgence médicale.
  • Des professionnels existent pour vous accompagner, et vous pouvez télécharger l’application Heloa (https://app.adjust.com/1g586ft8) pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants.

Les questions des parents

Comment le partenaire et la famille peuvent-ils soutenir efficacement la future maman ?

Souvent, le soutien pratique compte autant que les paroles. Proposer des tâches précises (courses, repas, rendez‑vous), offrir des pauses régulières et écouter sans juger aide beaucoup. De petites attentions quotidiennes (messages rassurants, présence pendant une consultation) réduisent la charge mentale. Si les émotions sont fortes, encourager une aide professionnelle et accompagner la personne aux rendez‑vous peut faire une vraie différence.

Les antidépresseurs peuvent‑ils être envisagés pendant la grossesse ? Comment en parler au médecin ?

Oui, certains antidépresseurs peuvent être prescrits après une évaluation individuelle. L’essentiel est de discuter ouvertement de l’historique médical, de la gravité des symptômes et des traitements qui ont déjà fonctionné. Vous pouvez demander un avis conjoint entre obstétricien, psychiatre ou sage‑femme pour peser bénéfices et risques. Il est important de ne pas arrêter un médicament sans en parler au professionnel soignant.

Faut‑il préparer un plan d’urgence avec le partenaire en cas de crise ?

Il peut être utile de préparer un plan simple : numéros d’urgence, personne de confiance à contacter immédiatement, coordonnées du professionnel référent, et lieux sûrs où se rendre. Définir ensemble les signes d’alerte (isolement marqué, idées négatives récurrentes) facilite la réaction rapide. En cas d’idées suicidaires ou de danger immédiat, appeler les services d’urgence reste la priorité.

Future maman pratiquant la relaxation et le yoga pour gérer ses émotions durant le Blue Monday enceinte

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