Un nez qui se met à saigner alors que tout semblait calme, parfois au réveil, parfois après un simple mouchage… Les saignements nez enceinte sont fréquents, et c’est justement ce qui les rend déroutants : on ne s’y attend pas, on se demande si cela annonce une complication, et l’on imagine vite le pire. Dans la grande majorité des situations, il s’agit d’une épistaxis (saignement nasal) antérieure, liée à une muqueuse plus fragile sous l’effet de la grossesse.
Ce qui compte, ce n’est pas l’impression laissée par la couleur du sang. C’est le contexte, la durée, l’abondance, la répétition, et les signes associés. Et, oui, quelques gestes simples suffisent souvent à arrêter l’épisode.
Saignements nez enceinte : comprendre ce qui se passe
Épistaxis : une définition simple
Un épisode de saignements nez enceinte correspond à une épistaxis, c’est-à-dire un écoulement sanguin provenant des vaisseaux de la muqueuse nasale. Le plus souvent, le point de départ est situé à l’avant du nez (zone très vascularisée appelée parfois plexus de Kiesselbach). Cette localisation explique deux choses :
- le sang sort par une narine (souvent unilatéral) ,
- la compression externe fonctionne bien.
Pourquoi la grossesse rend le nez plus « fragile »
Pendant la grossesse, le corps augmente ses capacités de transport : le volume sanguin s’élève, la circulation s’adapte, et les hormones (œstrogènes, progestérone) favorisent une hypervascularisation nasale. En clair : davantage de sang circule dans des capillaires déjà fins.
La muqueuse gonfle, se congestionne, se dessèche parfois. Il suffit alors d’un micro-traumatisme (mouchage, frottement, éternuement) pour déclencher des saignements nez enceinte.
Épisode typique vs situation moins habituelle
Un épisode typique ressemble à :
- saignement léger à modéré ,
- plutôt d’un seul côté ,
- survenant après irritation (rhume, allergie, air sec) ,
- arrêt en 10 à 15 minutes avec une compression correcte.
À l’inverse, un avis médical devient plus pertinent si :
- le saignement est très abondant ou bilatéral ,
- la compression ne fonctionne pas ,
- les épisodes se répètent souvent ,
- vous vous sentez faible, étourdie, ou essoufflée.
Causes fréquentes des saignements nez enceinte
Changements hormonaux et congestion nasale
Les œstrogènes augmentent la vascularisation et la perméabilité des tissus , la progestérone participe à l’adaptation circulatoire. Résultat : une muqueuse nasale hypervascularisée, plus œdématiée, qui saigne plus facilement.
Nez bouché, rhinite de grossesse, rhume et allergies
Le nez bouché grossesse peut survenir sans infection : on parle de rhinite gravidique. Elle donne une congestion, parfois des éternuements, une gêne respiratoire nocturne… et favorise les croûtes et micro-saignements.
Un rhume, une sinusite ou des allergies saisonnières ajoutent de l’inflammation : mouchages répétés, frottements, irritation chimique (sprays inadaptés), et les saignements nez enceinte deviennent plus faciles.
Sécheresse et irritants du quotidien
Certains déclencheurs sont très banals, mais redoutablement efficaces :
- air sec (chauffage, climatisation) ,
- fumée de tabac, poussières, pollution ,
- parfums d’intérieur et solvants ,
- déshydratation ,
- mouchage vigoureux.
Causes moins courantes mais à connaître
Parfois, l’épistaxis n’est pas seulement « mécanique ». On y pense davantage en cas de saignements inhabituels, très fréquents ou associés à d’autres symptômes :
- hypertension gravidique ,
- complication hypertensive de grossesse (dont la prééclampsie) ,
- thrombocytopénie gravidique (plaquettes basses) ou trouble de l’hémostase ,
- traitements prescrits modifiant la coagulation (aspirine à faible dose, anticoagulants).
Facteurs qui favorisent les saignements nez enceinte
Terrain personnel
Avoir eu des épistaxis avant la grossesse, ou lors d’une grossesse précédente, augmente la probabilité de récidive. Allergies, rhinite chronique, déviation de la cloison nasale : tout ce qui irrite le nez rend la muqueuse plus réactive.
Saison et environnement
En hiver, le chauffage assèche l’air intérieur. Les croûtes se forment, puis se décollent… et un épisode de saignements nez enceinte survient, parfois sans prévenir.
Fatigue, efforts et situations qui augmentent la pression
Toux, vomissements, poussées liées à une constipation, effort intense : ces situations augmentent transitoirement la pression dans les petits vaisseaux. Ajoutez une muqueuse fragile, et le saignement démarre.
Saignements nez enceinte selon le trimestre (et après)
1er trimestre
Les changements hormonaux débutent tôt. Certaines femmes notent un nez plus sec, un saignement ponctuel, ou une congestion nocturne.
2e trimestre
Le volume sanguin poursuit son augmentation. Les capillaires nasaux, très fins, peuvent rompre plus facilement, surtout en cas d’allergies ou de rhume.
3e trimestre
La congestion est souvent maximale. Les saignements nez enceinte peuvent être plus fréquents. La surveillance devient surtout clinique : abondance, durée, répétition, symptômes associés.
Après l’accouchement
Avec la chute hormonale et le retour progressif des volumes circulants, les épisodes diminuent généralement en quelques jours à semaines. Si cela persiste ou s’intensifie, un avis est utile.
Que faire pendant des saignements nez enceinte : gestes qui marchent
Les bons réflexes (et pourquoi)
1) Asseyez-vous, buste droit, tête légèrement penchée vers l’avant.
2) Pincez la partie souple du nez (les ailes, juste au-dessus des narines).
3) Maintenez une compression continue 10 à 15 minutes, sans relâcher.
4) Respirez par la bouche.
5) Ajoutez du froid sur l’arête du nez (poche froide enveloppée).
Le froid provoque une vasoconstriction locale , la compression permet la formation d’un caillot stable.
Après l’arrêt : protéger le caillot
Une question revient souvent : « Je peux me moucher pour nettoyer ? » Mieux vaut éviter dans l’heure qui suit.
- pas de mouchage fort ,
- pas de grattage ,
- éviter les efforts et les boissons très chaudes immédiatement ,
- lavage doux au sérum physiologique si besoin.
Les erreurs classiques
- tête en arrière (le sang coule dans la gorge, risque de nausées, et l’on sous-estime la quantité) ,
- relâcher toutes les 30 secondes « pour vérifier » ,
- se moucher juste après.
Prévenir les saignements nez enceinte : protéger la muqueuse
Hydratation locale et humidification
Pour limiter les saignements nez enceinte, l’objectif est simple : garder une muqueuse souple.
- lavages au sérum physiologique ou spray salin isotonique ,
- humidificateur d’air si la chambre est sèche ,
- aération quotidienne ,
- hydratation régulière (boire selon soif et recommandations).
Si des croûtes douloureuses se forment, demandez quel soin local est adapté pendant la grossesse.
Limiter les irritants, calmer rhume et allergies sans automédication
Évitez la fumée et les atmosphères irritantes. En cas de rhinite gravidique, rhume ou allergies, les lavages salins aident souvent. Pour tout spray médicamenteux (décongestionnant, corticoïde nasal, antihistaminique), un avis est préférable.
Fer, fatigue et fragilité capillaire
Des saignements répétés peuvent contribuer à une baisse des réserves en fer. Et une anémie ferriprive accentue fatigue, essoufflement à l’effort, sensation de faiblesse.
Côté alimentation, l’association fer + vitamine C soutient l’absorption (légumineuses, viande/poisson selon habitudes, légumes verts, agrumes). Si la fatigue est marquée, une vérification biologique peut être discutée.
Quand consulter pour des saignements nez enceinte
Avis médical utile
Demandez un avis si :
- le saignement dure plus de 10 à 15 minutes malgré une compression bien faite ,
- les saignements nez enceinte deviennent fréquents ,
- l’épisode est abondant ,
- vous avez vertiges, malaise, pâleur.
Urgence : signes d’alerte
Consultez en urgence si :
- maux de tête intenses, troubles visuels, douleur épigastrique, tension élevée connue ou suspectée ,
- saignements à d’autres endroits (gencives, urines, selles) ,
- traumatisme du visage ou de la tête ,
- impossibilité de contrôler le saignement après plusieurs tentatives.
Examens possibles
Selon le contexte :
- mesure de la tension artérielle ,
- examen du nez, parfois avis ORL ,
- prise de sang : NFS, plaquettes, bilan de coagulation (TP/INR, TCA), ferritine.
Traitements si nécessaire
- soins locaux cicatrisants/hydratants ,
- cautérisation si un point précis saigne ,
- tamponnement nasal pour certains saignements persistants.
Risques : pour la mère et pour le bébé
Le plus fréquent : gêne et fatigue
Le retentissement est souvent psychologique et pratique : peur de la récidive, sommeil perturbé, inconfort. Si les épisodes sont fréquents ou abondants, une anémie peut apparaître.
Quand cela signale autre chose
La plupart des saignements nez enceinte sont physiologiques. Mais des épisodes très abondants, très répétés, ou associés à des symptômes évocateurs peuvent orienter vers une hypertension gravidique, une prééclampsie ou un trouble de l’hémostase.
Bébé : risque généralement indirect
Le saignement nasal isolé n’a pas, en général, de conséquence directe sur le bébé. La vigilance concerne plutôt l’état maternel global (tension élevée, anémie importante).
Idées reçues à corriger
« C’est toujours grave »
Non. La fréquence des saignements nez enceinte s’explique souvent par la congestion hormonale et la fragilité capillaire.
« Tête en arrière, ça s’arrête »
La tête en arrière fait couler le sang vers la gorge , cela ne traite pas le point qui saigne.
« Tous les sprays se valent pendant la grossesse »
Les sprays salins hydratent. Les sprays médicamenteux, eux, nécessitent un avis.
À retenir
- Les saignements nez enceinte sont fréquents, liés à l’hypervascularisation et à la fragilité de la muqueuse nasale.
- Rhume, allergies, rhinite gravidique, air sec et mouchage vigoureux favorisent les épisodes.
- Geste clé : tête en avant, pincer la partie souple du nez 10 à 15 minutes sans relâcher, froid si besoin.
- Consultez si les épisodes sont abondants, longs, fréquents, ou associés à malaise.
- Urgence si signes évocateurs d’hypertension/prééclampsie, saignements ailleurs, traumatisme.
- Des professionnels peuvent accompagner, et pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, vous pouvez télécharger l’application Heloa.
Les questions des parents
Les sprays nasaux sont‑ils sûrs pendant la grossesse ?
Rassurez‑vous : les sprays salins (eau de mer, sérum physiologique) sont sans danger et utiles pour hydrater la muqueuse. En revanche, les vasoconstricteurs locaux (sprays « anti‑nez bouché ») ne sont pas conseillés en usage prolongé et méritent un avis médical. Si vous utilisez un spray médicamenteux ou avez des doutes, parlez‑en à votre professionnel de santé pour choisir la solution la plus adaptée.
Faut‑il surveiller la tension artérielle après un saignement de nez ?
Pas systématiquement après un petit saignement isolé. En revanche, si le nez saigne souvent, si le saignement est abondant, ou s’il s’accompagne de maux de tête intenses, troubles visuels ou malaise, il convient de vérifier la tension. N’hésitez pas à mesurer la pression si vous avez déjà un antécédent d’hypertension ou si ces signes apparaissent , cela aide à décider d’une évaluation médicale rapide.
Un saignement de nez peut‑il être lié à l’hypertension de grossesse ?
Oui, l’hypertension gravidique peut favoriser des saignements (muqueuse plus fragile, risque de troubles de coagulation). Cela ne signifie pas systématiquement un problème, mais si vous avez des signes évocateurs (céphalées sévères, trouble de la vision, douleur haute de l’abdomen) ou des saignements répétés, il est important d’en parler rapidement avec votre sage‑femme, gynécologue ou médecin.





