Par Heloa, le 11 janvier 2026

Malaise vagal grossesse : symptômes, causes et bons réflexes

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Femme enceinte prenant une pause et buvant de l eau pour prévenir un malaise vagal grossesse

Une tête qui tourne dans la file d’attente, des sueurs soudaines dans le métro, l’impression que le sol se dérobe… Le malaise vagal grossesse surprend, parfois dès les premières semaines, et il inquiète surtout pour deux raisons : « Est-ce dangereux pour le bébé ? » et « Et si je tombe ? ». Bonne nouvelle : le plus souvent, il s’agit d’une syncope vasovagale (ou pré-syncope) brève, liée à une chute transitoire de la tension artérielle et parfois à un ralentissement du cœur. Moins bonne nouvelle : la chute, le traumatisme, ou un malaise dans une situation à risque (conduite, escalier, bain) peuvent compliquer l’histoire.

Comprendre le mécanisme, repérer les signes avant-coureurs, savoir se mettre en sécurité et reconnaître les drapeaux rouges : voilà ce qui change tout.

Malaise vagal grossesse : ce qui se passe dans le corps

Une réaction réflexe du système nerveux autonome

Un malaise vagal grossesse correspond à une réponse « automatique » du système nerveux autonome (la partie qui gère sans effort la fréquence cardiaque, la tension, la transpiration). Sous l’effet d’un déclencheur (chaleur, émotion, douleur, station debout…), le corps bascule brièvement vers une réponse vagale.

Résultat : le cerveau reçoit moins de sang pendant quelques secondes (on parle d’hypoperfusion cérébrale). Et vous le sentez immédiatement : faiblesse, vision qui se brouille, envie de vous asseoir… parfois jusqu’à l’évanouissement.

Le nerf vague : quand il ralentit le cœur et dilate les vaisseaux

Le nerf vague (ou nerf pneumogastrique) freine naturellement le cœur. Lors d’une stimulation trop intense, il peut entraîner :

  • une bradycardie (rythme cardiaque qui ralentit) ,
  • une vasodilatation (les vaisseaux s’ouvrent, la tension chute).

Cette double action fait baisser la pression artérielle, diminue le débit sanguin vers le cerveau, et déclenche le tableau typique de malaise vagal grossesse.

Pourquoi la grossesse favorise ces épisodes

La grossesse remodèle la circulation. Beaucoup.

  • Le volume sanguin augmente.
  • Les hormones relâchent les parois vasculaires.
  • La régulation de la tension devient parfois plus « fluctuante ».

Ajoutez des facteurs très fréquents (fatigue, nausées, apports irréguliers, déshydratation, anémie ferriprive) et le terrain devient propice. Les pertes de connaissance restent peu fréquentes, mais tout malaise vagal grossesse mérite d’être pris au sérieux, surtout s’il se répète.

Symptômes du malaise vagal grossesse : les signes à repérer vite

Les prodromes : le corps vous prévient souvent

Vous vous demandez peut-être : « Comment savoir que ça arrive ? » Souvent, il y a un temps d’avance. Les signes annonciateurs (les prodromes) ressemblent à :

  • vertiges, tête légère ,
  • jambes « en coton » ,
  • chaleur qui monte d’un coup ,
  • troubles visuels (vision floue, voile noir, points lumineux) ,
  • bâillements répétés, malaise diffus.

Quand ces signaux apparaissent, agir tout de suite permet fréquemment d’éviter la syncope.

Pendant l’épisode : tableau typique

Un malaise vagal grossesse associe volontiers :

  • nausées ,
  • sueurs froides ,
  • pâleur ,
  • bourdonnements d’oreilles (acouphènes) ,
  • sensation de « partir ».

Des palpitations peuvent être ressenties (sensation subjective), même si le mécanisme vagal s’accompagne plutôt d’un ralentissement du rythme.

Évanouissement : durée et récupération

Quand l’évanouissement survient, il est en général bref (secondes). La récupération est rapide dès que la personne est allongée et au calme, parfois suivie d’une fatigue marquée.

En revanche, un malaise prolongé, une confusion persistante, un réveil difficile, ou des convulsions ne cadrent pas avec une syncope vagale simple.

Léger ou plus préoccupant ?

Plutôt rassurant :

  • signes annonciateurs nets ,
  • pas de chute ,
  • amélioration franche en quelques minutes allongée.

À surveiller de près et à faire évaluer :

  • perte de connaissance ,
  • épisodes répétés ,
  • malaise « sans prévenir » ,
  • douleurs, essoufflement, saignement, troubles visuels intenses.

Déclencheurs fréquents du malaise vagal grossesse

Station debout prolongée et lever trop rapide

Rester debout longtemps ou se lever brusquement diminue le retour veineux (le sang remonte moins bien des jambes vers le cœur). La tension baisse : vertiges, hypotension orthostatique, puis parfois malaise vagal grossesse.

Chaleur : bain chaud, pièce surchauffée, été

La chaleur entraîne une vasodilatation et augmente les pertes en eau. Combo classique : pièce bondée, trajet debout, pas assez bu… et le malaise s’invite.

Fatigue et dette de sommeil

La fatigue abaisse le seuil de tolérance. On gère moins bien la chaleur, on oublie de boire, on saute une collation. Le malaise vagal grossesse devient plus probable.

Déshydratation (et parfois sel, selon avis médical)

Moins d’eau = moins de volume circulant = tension plus fragile. L’ajustement du sel peut être discuté avec la sage-femme ou le médecin, surtout si la tension est basse, mais jamais en autonomie si hypertension, œdèmes importants ou suspicion de prééclampsie.

Repas irréguliers et hypoglycémie

Sauter un repas, vomir beaucoup, espacer trop les prises : la glycémie peut chuter. L’hypoglycémie donne sueurs, tremblements, faim, malaise… et peut déclencher ou imiter un malaise vagal grossesse.

Émotions, stress, douleur, vue du sang

Ce déclenchement est physiologique : douleur, peur, prise de sang, stress aigu peuvent activer le réflexe vagal. Ce n’est pas un manque de volonté , c’est un arc réflexe.

Anémie et carence en fer

Une anémie (souvent ferriprive) réduit la capacité du sang à transporter l’oxygène. Fatigue, essoufflement à l’effort, palpitations et sensations de malaise sont plus fréquents. Une NFS (numération formule sanguine) permet de vérifier l’hémoglobine.

Grossesse multiple

Utérus plus volumineux, compression veineuse plus précoce, besoins nutritionnels augmentés : certaines grossesses gémellaires favorisent les malaises, sans que cela soit systématique.

Malaise vagal grossesse ou autre problème ? Les repères utiles

Malaise vagal vs hypotension orthostatique

  • Hypotension orthostatique : survient surtout au lever (couchée/assise → debout), dans les minutes suivantes , le pouls accélère souvent pour compenser.
  • Malaise vagal grossesse : souvent déclenché par chaleur, émotion, douleur , sueurs et pâleur marquées , pouls parfois ralenti.

Dans la vraie vie, les frontières se chevauchent : une station debout prolongée peut mener à l’un puis à l’autre.

Malaise vagal vs hypoglycémie

L’hypoglycémie est très liée au contexte alimentaire : repas sauté, vomissements, délai trop long. Les tremblements et la faim sont au premier plan. L’amélioration est rapide après prise de sucre.

Quand penser à une autre cause

Une évaluation médicale s’impose si :

  • douleur thoracique, malaise à l’effort, essoufflement important, palpitations inhabituelles (cause cardiaque, trouble du rythme à exclure, parfois ECG) ,
  • après 20 semaines : céphalées intenses, troubles visuels, douleur épigastrique ou sous les côtes à droite, œdèmes marqués, tension élevée (complication hypertensive dont la prééclampsie).

Trimestres, positions et moments plus sensibles

Au 1er trimestre : nausées, apports irréguliers

Au début, les vomissements, la fatigue et les prises alimentaires fractionnées (ou au contraire insuffisantes) favorisent déshydratation et hypoglycémie. Le malaise vagal grossesse survient souvent sur ce terrain.

Au 2e trimestre : circulation et retour veineux

L’utérus grandit, la circulation s’adapte. Chaleur + station debout + hydratation insuffisante : la recette est connue. Les pauses, la marche douce, et le fait de bouger les chevilles améliorent la tolérance.

Au 3e trimestre : compression veineuse plus marquée

Le volume utérin gêne davantage le retour du sang, surtout immobile. Les bas de contention (sur avis professionnel), l’hydratation et l’alternance des positions font souvent la différence.

Malaise sur le dos : syndrome de la veine cave

Après environ 20 semaines, le décubitus dorsal peut comprimer la veine cave inférieure : syndrome de la veine cave (ou hypotension supine). Tension qui chute, nausées, vertiges, malaise…

Réflexe simple et souvent efficace : se tourner sur le côté gauche.

Que faire pendant un malaise vagal grossesse (réflexes immédiats)

Dès les premiers signes : stop, sécurité

Dès que le malaise vagal grossesse monte :

  • asseyez-vous tout de suite, ou allongez-vous si possible ,
  • éloignez-vous d’un escalier, d’un quai, d’une baignoire, d’une source de chaleur ,
  • demandez à quelqu’un de rester proche.

Mieux vaut s’asseoir au sol contre un mur que tenter de « tenir debout ». Quelques secondes comptent.

Côté gauche et jambes surélevées : optimiser le retour veineux

Allongez-vous sur le côté gauche et surélevez légèrement les jambes. Cela améliore le retour veineux, augmente la perfusion cérébrale et soulage souvent en minutes.

Respirer, se rafraîchir, boire… puis se relever lentement

  • Respiration lente.
  • Vêtements desserrés.
  • Air frais, gant humide sur le front.
  • Eau dès que possible.

Si un repas a été trop léger : boisson sucrée ou collation (quand la déglutition est sûre). Puis relevez-vous par étapes : allongée → assise → debout.

En public ou au travail

Anticipez l’aspect pratique : une chaise accessible, une bouteille d’eau, une collation. Et si le malaise revient ? On s’allonge. Même si ce n’est pas « élégant ». La priorité, c’est éviter la chute.

Si perte de connaissance : PLS et appel si besoin

Si une personne enceinte s’évanouit :

  • mise en position latérale de sécurité (idéalement côté gauche) si elle respire ,
  • surveillance de la respiration ,
  • appel au 15/112 si la perte de connaissance dure, s’il y a chute/traumatisme, douleur, saignement, essoufflement, ou reprise de conscience lente.

Au volant

Au moindre signe annonciateur : se garer dès que possible en sécurité, s’allonger si possible (côté gauche), attendre la récupération complète. Reprendre la route uniquement quand tout est revenu à la normale.

Prévenir le malaise vagal grossesse au quotidien et organiser le suivi

Hydratation et apports réguliers

Boire régulièrement, surtout en période chaude. Côté alimentation : fractionner aide beaucoup (petites prises toutes les 2–3 heures si nécessaire), pour éviter déshydratation et hypoglycémie.

Chaleur, mouvements, pauses

  • Aérer, éviter bains trop chauds.
  • Pauses assises si station debout.
  • Mobiliser mollets et chevilles : ce « pompage » veineux soutient la remontée du sang.

Repos : plutôt côté gauche

En fin de grossesse, le côté gauche est souvent mieux toléré (et limite le syndrome de la veine cave). Les vêtements trop serrés n’aident pas , les bas de contention peuvent, selon l’avis du professionnel.

Au travail et à la maison : un petit plan d’action

Qui prévenir ? Où s’asseoir vite ? Quelle collation avoir dans le sac ? Ces détails simples réduisent les risques liés au malaise vagal grossesse.

Examens possibles si les épisodes reviennent

Selon le contexte, le professionnel peut proposer :

  • mesure de la tension et du pouls, parfois couchée/debout ,
  • NFS (anémie) ,
  • glycémie ,
  • ECG si palpitations ou malaise atypique.

Quand demander un avis rapide ou une aide urgente

Consultez sans tarder si :

  • malaise vagal grossesse avec perte de connaissance ,
  • malaises répétés ou survenant sans signe avant-coureur ,
  • chute, traumatisme, malaise en conduisant ,
  • récupération incomplète, confusion ,
  • douleur thoracique, essoufflement important ,
  • saignement, douleurs abdominales importantes, contractions, fièvre ,
  • après 20 semaines : maux de tête intenses, troubles visuels, douleur épigastrique/sous-côtes droites.

À retenir

  • Le malaise vagal grossesse correspond le plus souvent à une syncope réflexe : chute transitoire de la tension, parfois bradycardie, avec récupération rapide une fois allongée.
  • Les prodromes (vertiges, voile noir, sueurs, nausées, pâleur) sont des alliés : ils permettent de s’asseoir ou de s’allonger avant la chute.
  • Chaleur, station debout, fatigue, déshydratation, repas irréguliers, stress, hypoglycémie et anémie sont des déclencheurs fréquents.
  • Après 20 semaines, le décubitus dorsal peut provoquer un malaise (compression veine cave) , le côté gauche soulage souvent.
  • Pendant un malaise vagal grossesse : sécurité d’abord, côté gauche, jambes surélevées, respiration lente, hydratation , si évanouissement, PLS et appel aux secours selon la situation.
  • Des professionnels peuvent accompagner et vérifier les causes associées. Et pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, vous pouvez télécharger l’application Heloa.

Les questions des parents

Que préparer avant d’en parler au médecin ?

Notez la fréquence des épisodes, ce qui les précède (position, chaleur, repas, émotion), leur durée, s’il y a eu chute ou blessure et les signes associés (douleur thoracique, essoufflement, convulsions). Indiquez vos médicaments, vos antécédents cardiaques familiaux et le stade de la grossesse. Ces éléments aident à orienter les examens et les conseils personnalisés.

Existe‑t‑il des médicaments pour prévenir les malaises vagaux pendant la grossesse ?

En général, il n’existe pas de traitement médicamenteux systématique pour les syncope réflexes en grossesse. On traite plutôt les causes identifiables : correction d’une anémie, meilleure hydratation, ajustements alimentaires ou professionnels. Si les épisodes sont fréquents ou sévères, le médecin discutera des options adaptées et sûres pour vous.

Combien de temps attendre avant de reprendre le volant après un malaise ?

Il est préférable d’attendre une récupération complète et l’absence de récidive avant de reprendre la conduite. Après une perte de connaissance, une évaluation médicale est recommandée , le délai dépendra du bilan et des conseils du professionnel. N’hésitez pas à demander une recommandation écrite si vous devez informer votre employeur ou les autorités.

Future maman allongée sur le côté gauche dans son lit pour calmer un malaise vagal grossesse

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