Par Heloa, le 11 janvier 2026

Pertes blanches enceinte : normal, signes d’alerte et solutions

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Femme enceinte assise sur un canapé se demandant si avoir des pertes blanches enceinte est normal

La plupart des futures mamans remarquent, tôt ou tard, une culotte plus humide, des sécrétions plus visibles, parfois même l’impression que « ça ne s’arrête jamais ». Les pertes blanches enceinte font partie des motifs de questions les plus fréquents en consultation, parce qu’elles peuvent être parfaitement normales… ou signaler un déséquilibre de la flore, une infection, voire (plus rarement) une fuite de liquide amniotique si l’écoulement devient très aqueux. Alors, comment s’y retrouver sans se faire peur ? On peut s’appuyer sur des repères concrets : couleur, odeur, texture, sensations associées, et contexte (trimestre, rapports, douleurs, fièvre).

Pertes blanches enceinte : à quoi servent-elles pendant la grossesse ?

Leucorrhée : définition simple et rôle protecteur

Les pertes blanches enceinte correspondent le plus souvent à la leucorrhée. Ce terme médical désigne des sécrétions produites par la muqueuse vaginale et par le col de l’utérus. Ce n’est pas un « déchet » inutile : c’est un mécanisme de défense.

Elles participent à :

  • l’auto-nettoyage vaginal (renouvellement cellulaire, évacuation de débris) ,
  • la lubrification ,
  • le maintien d’un pH plutôt acide, qui freine la prolifération de nombreux germes ,
  • la stabilité du microbiote vaginal (ensemble des bactéries “habituelles”, dont les lactobacilles).

En clair : les pertes blanches enceinte contribuent à protéger la muqueuse et, indirectement, la grossesse.

Pourquoi elles augmentent : hormones, vascularisation, col plus actif

Pendant la grossesse, plusieurs phénomènes s’additionnent :

  • Les œstrogènes stimulent le renouvellement des cellules vaginales et la production de sécrétions : le volume augmente, l’aspect peut devenir plus blanc ou plus crémeux.
  • La progestérone favorise un mucus cervical plus épais et la formation du bouchon muqueux (barrière au niveau du col).
  • La vascularisation pelvienne augmente : les tissus sont plus irrigués, plus sensibles, et sécrètent davantage.

Résultat : des pertes blanches enceinte plus abondantes, parfois dès le premier trimestre.

Pertes blanches enceinte normales : ce qu’on observe le plus souvent

Quantité, texture, aspect : abondantes, fluides à crémeuses

Les pertes peuvent devenir franchement quotidiennes. Certaines femmes alternent entre :

  • texture fluide ,
  • texture crémeuse ,
  • aspect un peu visqueux, homogène ,
  • parfois une glaire transparente « type blanc d’œuf » en début de grossesse.

Un point rassurant : l’écoulement reste uniforme, sans mousse, sans grumeaux.

Couleur et odeur habituelles : blanc/translucide, odeur discrète

Les pertes blanches enceinte “physiologiques” sont le plus souvent :

  • blanches, blanc-laiteux ou translucides ,
  • parfois légèrement jaunâtres clair en séchant ,
  • inodores ou avec une odeur légère, non désagréable.

Sensations associées : pas de brûlures, pas de démangeaisons

Quand il s’agit d’une leucorrhée normale, on ne retrouve généralement pas :

  • démangeaisons vulvaires ,
  • brûlures vaginales ou urinaires ,
  • douleur pelvienne ,
  • fièvre.

L’inconfort vient surtout de l’humidité. Des protège-slips non parfumés (changés souvent) peuvent aider, sans irriter.

Pertes blanches enceinte inquiétantes : les signaux à faire vérifier

Changements à surveiller : odeur forte, couleur qui vire, texture anormale

Les pertes blanches enceinte méritent un avis si elles changent nettement, par exemple :

  • odeur forte, nouvelle, parfois « poisson » ,
  • couleur jaune vif, verdâtre, grisâtre ,
  • aspect mousseux ,
  • texture épaisse et grumeleuse (type « lait caillé »).

Pourquoi ces signes comptent ? Parce qu’ils orientent vers une dysbiose (déséquilibre du microbiote) ou une infection.

Symptômes associés : démangeaisons, brûlures, douleur, fièvre

Consultez rapidement si les pertes s’accompagnent de :

  • prurit (démangeaisons) important, rougeur, irritation ,
  • brûlures (vulvaires ou à la miction) ,
  • douleur pelvienne ou abdominale ,
  • fièvre ≥ 38 °C, frissons, malaise ,
  • contractions régulières, surtout avant terme.

Situations à part : sang, pertes très liquides, abondance inhabituelle

  • Traces rosées ou brunâtres après rapport ou examen : possible saignement de contact (col plus fragile). Si c’est léger et bref, c’est souvent rassurant.
  • Saignement rouge vif, abondant ou persistant, surtout avec douleur : avis urgent.
  • Écoulement très liquide, clair, abondant, avec sensation de fuite continue : il faut éliminer une rupture des membranes (poche des eaux).

Couleur, odeur, texture : interpréter les variations sans surinterpréter

Couleurs : ce que cela peut évoquer

  • Blanc/translucide : le plus souvent physiologique.
  • Jaunâtre clair : fréquent au séchage , à surveiller si odeur ou symptômes.
  • Jaune vif/vert/gris : plus évocateur d’infection.
  • Rosé/marron : traces de sang ancien ou irritation du col , à faire évaluer si répétitif, abondant ou associé à douleur.

Odeur : neutre ou « poisson » ?

Une odeur neutre est habituelle. Une odeur de poisson oriente plutôt vers une vaginose bactérienne. Une odeur forte et désagréable, quelle que soit la couleur, justifie un prélèvement : masquer avec des produits parfumés irrite souvent plus qu’autre chose.

Texture : homogène, grumeleuse, mousseuse, très aqueuse

  • Crémeuse/homogène : fréquent.
  • Grumeleuse « fromage blanc » : souvent candidose (mycose), surtout si démangeaisons.
  • Mousseuse : possible trichomonase, à confirmer.
  • Très aqueuse et persistante : suspicion de liquide amniotique selon le contexte.

Pertes blanches enceinte selon le trimestre

Premier trimestre : variations hormonales précoces

Dès les premières semaines, les pertes blanches enceinte peuvent augmenter. Tant qu’elles restent blanches/translucides, peu odorantes et sans brûlure ni prurit, c’est généralement rassurant.

Deuxième trimestre : stabilité… et vigilance sur les changements

Souvent, le volume reste élevé mais stable. Le bon repère n’est pas la quantité : ce sont les modifications (odeur, couleur, démangeaisons, brûlures) qui font penser à une infection.

Troisième trimestre : bouchon muqueux et attention aux fuites claires

En fin de grossesse, l’humidité intime augmente encore. Le bouchon muqueux peut se détacher en une fois ou par fragments : glaire épaisse, collante, translucide/beige, parfois striée.

En revanche, une fuite aqueuse, claire, persistante n’entre pas dans la catégorie « pertes blanches enceinte » habituelles : elle doit faire vérifier la poche des eaux.

Faire la différence avec d’autres écoulements (et décider quoi faire)

Leucorrhée vs fuites urinaires

Les fuites urinaires augmentent avec la pression de l’utérus sur la vessie et la sollicitation du plancher pelvien. Elles surviennent souvent :

  • lors d’un rire, d’une toux, d’un éternuement ,
  • en fin de journée ,
  • en petites quantités.

L’odeur d’urine et une teinte plus jaune orientent. Si le doute persiste, un examen simple suffit à clarifier.

Leucorrhée vs liquide amniotique : la situation à faire confirmer

Le liquide amniotique est en général très clair, très fluide, parfois inodore. La fuite peut être continue ou se produire par épisodes. Si vous suspectez une perte des eaux : maternité sans attendre.

L’équipe peut proposer :

  • examen au spéculum ,
  • tests de pH (nitrazine) ,
  • test de cristallisation (« fern test ») ,
  • tests rapides (ex. PAMG-1 selon les maternités) ,
  • échographie pour estimer la quantité de liquide amniotique.

Leucorrhée vs bouchon muqueux

Le bouchon muqueux ressemble à une glaire épaisse et collante. Le perdre ne veut pas forcément dire « accouchement imminent » : cela indique surtout que le col se modifie.

Contactez plus vite si cela s’accompagne de contractions régulières, de saignements importants, ou d’une fuite de liquide clair.

Quand ce n’est pas seulement physiologique : causes fréquentes

Mycose (candidose) : pertes épaisses + démangeaisons

La candidose vulvo-vaginale est très fréquente en grossesse.

Signes typiques :

  • pertes blanches épaisses, grumeleuses ,
  • prurit important ,
  • vulve irritée, rouge ,
  • souvent peu d’odeur.

Le traitement est en général local (ovules/crème antifongique), compatible avec la grossesse. Évitez d’acheter « au hasard » : une vaginose, par exemple, ne se traite pas comme une mycose.

Vaginose bactérienne : odeur de poisson, pertes grisâtres

La vaginose donne souvent des pertes plus fluides, parfois grisâtres, avec une odeur marquée (souvent après rapports). Les démangeaisons peuvent être minimes.

Pendant la grossesse, elle mérite une identification et un traitement par antibiotiques adaptés (local ou général selon la situation), car elle est associée à un risque accru de rupture prématurée des membranes dans certaines formes.

IST et autres infections : parfois peu de symptômes

Certaines IST peuvent modifier les pertes ou irriter le col : chlamydia, gonocoque, trichomonase. Elles peuvent aussi être silencieuses.

Le diagnostic repose sur un prélèvement (souvent PCR) et le traitement est compatible avec la grossesse. En cas d’IST, la prise en charge du partenaire est souvent nécessaire.

Quand consulter, quels examens, quelles prises en charge

Avis rapide vs urgence

Avis rapide (selon consignes, dans la journée ou sous 24–48 h) si :

  • odeur forte, couleur jaune/verte/grise ,
  • démangeaisons, brûlures, douleur à la miction ,
  • pertes mousseuses ou grumeleuses.

Urgence obstétricale si :

  • fuite de liquide clair abondante ou continue ,
  • fièvre, douleurs abdominales importantes, malaise ,
  • saignement rouge vif abondant ,
  • contractions régulières avant terme ,
  • diminution des mouvements du bébé.

Examens possibles

  • examen au spéculum ,
  • prélèvement vaginal (mycose, vaginose, trichomonase, IST) ,
  • mesure du pH vaginal ,
  • analyse d’urines si symptômes urinaires.

Hygiène intime : protéger la peau et la flore

Hygiène douce

  • lavage externe uniquement (vulve), à l’eau tiède ,
  • si besoin, produit doux sans parfum ,
  • pas de douche vaginale, pas d’antiseptique sans avis.

Confort au quotidien

  • sous-vêtements en coton ,
  • éviter les vêtements très serrés et les matières synthétiques ,
  • protections non parfumées, changées régulièrement.

Auto-observation utile

Notez ce qui change : couleur, odeur, texture, quantité, symptômes (prurit, brûlures, douleur, fièvre). Ce sont souvent ces détails qui permettent de traiter rapidement et correctement les pertes blanches enceinte.

À retenir

  • Les pertes blanches enceinte (leucorrhée) sont très fréquentes et ont un rôle protecteur.
  • Elles sont en général blanches/translucides, peu odorantes, sans douleur ni démangeaisons.
  • Odeur forte, couleur jaune/verte/grise, aspect mousseux ou grumeleux, brûlures, prurit, douleur, fièvre : avis médical rapide.
  • Des pertes très liquides et abondantes, surtout en continu, peuvent évoquer une fuite de liquide amniotique : évaluation en maternité.
  • Mycose, vaginose bactérienne et IST peuvent être en cause : prélèvement vaginal et parfois analyse d’urines permettent un traitement compatible avec la grossesse.
  • Des professionnels peuvent accompagner au moindre doute , pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, vous pouvez télécharger l’application Heloa.

Les questions des parents

Perte blanche lait caillé signe de grossesse

Non : des pertes « en fromage blanc » évoquent plutôt une candidose (mycose) — surtout si elles s’accompagnent de démangeaisons et de rougeurs. La leucorrhée physiologique de la grossesse est souvent crémeuse ou translucide, homogène et peu odorante. Si les pertes sont grumeleuses ou gênantes, n’hésitez pas à en parler : un prélèvement permet de confirmer et de traiter en toute sécurité pendant la grossesse.

Pertes blanches grossesse ou règles

Les pertes blanches ne sont pas des règles. Le sang menstruel est rouge à brun et suit un rythme habituel , les pertes blanches sont plutôt continues et non sanguinolentes. En tout début de grossesse, des traces rosées ou du spotting peuvent survenir et prêter à confusion. Si vous observez un saignement inhabituel, persistant ou douloureux, contactez votre professionnel de santé pour un examen.

Perte blanche enceinte 1 semaine

Il est possible de remarquer plus d’écoulements très tôt, dès les premières semaines, sous l’effet des hormones. Mais ce n’est pas un signe fiable de grossesse à lui seul. Les variations peuvent aussi venir d’un rapport, d’une irritation ou d’une infection. Surveillez la couleur, l’odeur et les symptômes associés , en cas de doute ou de changement notable, demandez un avis médical.

Consultation médicale pour vérifier l'aspect des pertes blanches enceinte et la santé du bébé

Pour aller plus loin :

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