Par Heloa, le 26 février 2026

Nourrisson qui ne dort pas la journée : comprendre et apaiser

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Un nourrisson qui ne dort pas la journée joue éveillé sur une couverture

Quand un nourrisson qui ne dort pas la journée enchaîne les yeux grands ouverts, les pleurs de fatigue et les siestes flash, la question arrive vite : est-ce normal, est-ce transitoire, est-ce qu’il y a un souci à chercher ? Entre cycles de sommeil courts, besoin de contact, reflux, surstimulation et horaires difficiles à tenir, les causes se mélangent. L’objectif : repérer ce qui perturbe le repos, ajuster le rythme, et savoir quand demander un avis médical.

Nourrisson qui ne dort pas la journée : quand s’inquiéter (ou pas)

À partir de quand parle-t-on de siestes difficiles ?

On y pense quand, sur plusieurs jours : endormissement très long, réveils au bout de 10–20 minutes, ou bébé épuisé qui lutte. Avant 3–4 mois, la variabilité est fréquente : sommeil morcelé, passages en sommeil léger, micro-réveils plus visibles le jour.

Le vrai piège, c’est l’enchaînement : un nourrisson qui ne dort pas la journée cumule des temps d’éveil trop longs, s’irrite, pleure davantage, glisse vers la sur-fatigue… et dort encore moins.

« Il ne dort pas »… ou il dort par petites touches ?

Parfois, le sommeil diurne existe mais se fragmente : 10 minutes au sein, 15 minutes en voiture, 25 minutes en portage. Cela compte.

Repères :

  • bébé plutôt serein, alimentation efficace, prises de poids correctes, phases calmes : sommeil souvent suffisant ,
  • bébé hypervigilant, pleurs en fin de journée, endormissement d’épuisement : sommeil diurne souvent trop faible ou trop tardif.

Besoins de sommeil : repères par âge

On observe la tendance sur 3–5 jours.

  • 0–3 mois : 14–20 h/24, siestes nombreuses.
  • 4–6 mois : 14–16 h/24, souvent 3 siestes.
  • 6–9 mois : 12–15 h/24, 2–3 siestes.
  • 9–12 mois : 11–14 h/24, souvent 2 siestes.

Rythme circadien : comment le jour/nuit se cale

À la naissance, l’horloge interne est immature. Puis la maturation neurologique + la lumière du matin + des routines répétées aident le corps à différencier jour et nuit.

En pratique : lumière naturelle et vie « normale » le jour , le soir, baisse des stimulations, ambiance plus tamisée. Cela soutient aussi les siestes d’un nourrisson qui ne dort pas la journée.

Pourquoi un nourrisson qui ne dort pas la journée refuse les siestes : causes fréquentes

Fenêtres d’éveil mal ajustées

Trop long : montée de cortisol/adrénaline, bébé fatigué mais excité. Trop court : pression de sommeil insuffisante.

Repères (à moduler) :

  • 0–3 mois : 45–90 min
  • 3–6 mois : 1 h 30–2 h
  • 6–9 mois : 2–2 h 30
  • 9–12 mois : 2 h 30–3 h

Surstimulation : difficile de « redescendre »

Bruits, visites, jeux physiques, transitions trop rapides… Le système nerveux reste en mode alerte. Un sas aide : lumière plus douce, voix basse, quelques minutes de calme.

Besoin de proximité et anxiété de séparation

Le sommeil diurne est souvent plus léger. Bras, portage, présence à côté du lit : beaucoup de bébés en ont besoin.

Vers 6–9 mois, l’anxiété de séparation peut rendre l’endormissement plus sensible. Ce n’est pas une « mauvaise habitude » : c’est une étape du développement.

Inconforts physiques : à vérifier avant tout

  • Faim : recherche de succion, apaisement net après le repas.
  • Reflux gastro-œsophagien : gêne allongée, pleurs après les repas, régurgitations.
  • Gaz / coliques : ventre tendu, agitation.
  • Maladie : nez bouché, fièvre, toux, douleur d’oreille.
  • Poussées dentaires : gencives sensibles, irritabilité.

Si l’inconfort est marqué, nouveau, ou si la courbe de poids inquiète, un examen médical évite de passer à côté d’une cause traitable.

Environnement et sécurité

Lumière vive, bruits imprévisibles, température inadaptée fragmentent les siestes. Souvent, 18–20 °C convient.

Sécurité : sur le dos, matelas ferme, lit dégagé, pas d’oreiller ni couverture lâche, gigoteuse.

Associations d’endormissement

Sein, biberon, tétine, bercement, mouvement : normal, surtout au début. Le point clé : si bébé se réveille en fin de cycle, il peut réclamer la même condition pour repartir. On peut garder ces aides si elles conviennent, ou les transformer progressivement si elles épuisent.

Reconnaître la fatigue et limiter la sur-fatigue

Signes précoces

Bâillements, regard dans le vide, ralentissement, moins d’intérêt, besoin de contact. Souvent, coucher avant les pleurs change la donne.

Signes de sur-fatigue

Pleurs intenses, crispation, agitation, hypervigilance, endormissement long, micro-réveils. La biologie s’en mêle : cortisol/adrénaline maintiennent l’éveil.

Faim, inconfort ou sommeil ?

  • repas = apaisement immédiat : faim probable ,
  • bébé se cambre, grimace, gêne allongée : reflux/gaz/couche/température ,
  • bébé bâille, se désintéresse, râle de façon monotone : sommeil.

Un carnet 3–4 jours (réveils, éveils, repas, siestes, humeur) suffit souvent.

Mettre un rythme de siestes réaliste

Nombre de siestes et transitions

3–6 mois : souvent 3 siestes. 6–9 mois : 2–3. 9–12 mois : 2. Une sieste « saute » quand elle se décale, devient très difficile, ou pousse le coucher trop tard.

Horaires ou fenêtres d’éveil : choisir une boussole

Avant 6 mois, les fenêtres d’éveil guident bien. Après 6–9 mois, des horaires plus stables rassurent, surtout avec un mode de garde. Un mélange fonctionne souvent : plages (matin/début d’après-midi) + ajustements de 10–20 minutes.

Exemples de journées-type

  • 3–6 mois : réveil 7 h, sieste 9 h 30, sieste 13 h 30, petite sieste 16 h 30, coucher 19 h 30.
  • 6–9 mois : réveil 7 h, sieste 9 h 30, sieste 13 h 30, petite sieste optionnelle 16 h 30, coucher 19 h.
  • 9–12 mois : réveil 7 h, sieste 9 h 30, sieste 13 h 30, coucher 19 h.

Si un nourrisson qui ne dort pas la journée fait des siestes très courtes, avancer le coucher du soir aide souvent plus que d’étirer l’éveil.

Favoriser l’endormissement en journée : approches douces

Pré-routine courte, toujours identique

3 à 5 minutes : couche, rideau, phrase répétée, câlin, berceuse. Le cerveau anticipe, l’alerte baisse.

Un environnement propice

Pénombre si utile, ambiance calme, 18–20 °C. Et toujours la sécurité du couchage.

Apaiser avant la sieste

Après stimulation : lecture courte, bercement calme, massage, quelques minutes dans les bras. Ce sas transforme parfois une sieste impossible en endormissement fluide.

Alimentation, reflux : sans jugement

Un bébé qui a faim dort rarement bien. En cas de reflux : garder une position semi-verticale 10–15 minutes après le repas, rot soigné , si douleur importante, refus alimentaire ou mauvaise prise de poids, avis médical.

Mouvement, portage, poussette

Ressource utile. Si c’est la seule façon : sécuriser une sieste « facile » pour éviter l’épuisement, et travailler une autre sieste au lit, par étapes.

Poser bébé sans réveil

Poser quand il est somnolent, lourd, mais pas totalement endormi , descendre lentement , garder les mains 10–20 secondes , relâcher progressivement.

Siestes courtes : comprendre et aider

20–40 minutes : souvent un cycle

Le cycle de sommeil du nourrisson est court (souvent 45–60 minutes). Le sommeil diurne est fragile : lumière, bruits, séparation.

Aider à rallonger

  • coucher un peu plus tôt ,
  • être présent juste avant le réveil habituel (main posée, chuchotement, tétine si utilisée) ,
  • après un réveil à 25–35 minutes, tenter 5–10 minutes de réassurance calme.

Protéger la fin de journée

Si tout est court : sieste de secours (portage/poussette), stimulations réduites en fin d’après-midi, coucher avancé.

Situations fréquentes

À la crèche ou chez la nounou

Apporter des repères : doudou, gigoteuse, berceuse, phrase. Partager les heures approximatives et les signes de fatigue.

Après voyage ou changement de rythme

Recaler avec lumière le matin, calme le soir, et ajustements par paliers de 15–30 minutes.

Pièges courants

Coucher trop tard, tentatives interminables, écrans (frein à la mélatonine), jeux physiques sans transition.

Quand consulter et comment se faire accompagner

Signes d’alerte

Fièvre (avant 3 mois : contact médical sans attendre), douleur évidente, pleurs inconsolables, gêne respiratoire, refus de s’alimenter, stagnation/perte de poids, somnolence inhabituelle, déshydratation (moins de couches mouillées).

Causes médicales possibles

Reflux douloureux, otite, obstruction nasale importante, sifflements, pauses respiratoires, signes neurologiques inhabituels (mouvements anormaux, baisse du tonus, perte de contact). Si c’est nouveau, intense ou atypique : examen clinique.

À qui en parler

Pédiatre ou médecin, puis puéricultrice pour ajuster routine et environnement. Si les difficultés durent, un accompagnement sommeil peut aider après avoir écarté une cause médicale.

À retenir

  • Un nourrisson qui ne dort pas la journée a souvent un sommeil variable, surtout avant 3–6 mois.
  • Fenêtres d’éveil adaptées + signes de fatigue repérés tôt = moins de sur-fatigue.
  • Routine courte, conditions stables (pénombre, bruit régulier, 18–20 °C) : endormissement facilité.
  • Siestes de 20–40 minutes : fréquentes, liées aux cycles.
  • Proximité, anxiété de séparation, acquisitions : perturbations temporaires possibles.
  • En cas de signes d’alerte : avis médical.

Des professionnels peuvent accompagner ces ajustements. Pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants, vous pouvez télécharger l’application Heloa.

Les questions des parents

Le portage et la poussette pour toutes les siestes : est‑ce dangereux ?

C’est une solution fréquente et souvent salvatrice. Pour de courtes siestes, le portage et la poussette sont acceptables. En revanche, privilégiez toujours un couchage plat et ferme pour les siestes longues et la nuit : les inclinaisons prononcées (coques, sièges auto hors voiture) peuvent gêner la respiration. En portage, veillez à la position (menton dégagé, voies aériennes libres) et surveillez la durée. N’hésitez pas à varier les types de sieste pour préserver le confort et la sécurité.

Mon bébé dort mieux le jour que la nuit : que faire ?

C’est fréquent et rassurant : la priorité est la quantité totale de sommeil. Pour favoriser la nuit : renforcer les repères jour/nuit (lumière le matin, calme le soir), éviter des siestes trop tardives ou trop longues qui repoussent le coucher, et installer une petite routine apaisante avant la nuit. Avancez les changements par paliers de 10–20 minutes et observez sur plusieurs jours. Si la situation ne s’améliore pas, un professionnel peut aider à ajuster le rythme.

Comment savoir si mon bébé dort assez sans m’inquiéter ?

Regardez l’ensemble : humeur, capacité à s’alimenter, prises de poids, périodes d’éveil adaptées. Un carnet simple sur 3–4 jours (réveils, siestes, repas, humeur) donne une image claire. Rassurez‑vous : la variabilité est normale, surtout avant 6 mois. Si vous notez signes inhabituels (chute de poids, grande somnolence, difficultés alimentaires), consultez.

Un papa porte en écharpe son nourrisson qui ne dort pas la journée

Pour aller plus loin :

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