Par Heloa, le 21 février 2026

Laryngite bébé : symptômes, gravité et que faire

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Une femme remplit un humidificateur à vapeur froide dans une chambre d'enfant doucement éclairée pour aider à apaiser les symptômes de la laryngite du bébé.

Un bébé qui se réveille en pleine nuit avec une toux rauque, presque « aboyante », et une respiration bruyante… Cela secoue, même quand on a déjà connu des rhumes. La laryngite bébé fait souvent peur parce qu’elle touche une zone étroite des voies aériennes : le larynx. La bonne nouvelle ? La plupart des épisodes sont viraux et s’améliorent vite. La moins bonne ? Il existe des signaux qui imposent de consulter sans attendre.

Laryngite bébé : ce qui se passe dans le larynx

Le larynx, c’est le carrefour entre gorge et trachée. Il protège les voies respiratoires au moment d’avaler, abrite les cordes vocales (d’où la voix rauque), et laisse passer l’air vers les poumons.

Chez le nourrisson, tout est plus fin, plus étroit, plus « réactif ». Une inflammation de la muqueuse peut déclencher un œdème laryngé (gonflement), et l’air circule alors avec difficulté. Parfois, on entend un bruit aigu à l’inspiration : le stridor inspiratoire. Vous vous demandez peut-être si ce bruit est forcément grave ? Non… mais un stridor au repos demande une évaluation rapide.

Laryngite bébé : définition (et différents tableaux)

La laryngite bébé correspond à une inflammation aiguë du larynx, le plus souvent virale. Deux présentations reviennent souvent :

  • Laryngite « simple » : enrouement, toux sèche, gêne modérée.
  • Laryngite sous-glottique (souvent appelée croup) : l’inflammation est située juste sous les cordes vocales, là où le diamètre est naturellement petit. Le stridor et la gêne respiratoire sont plus fréquents.

Plus rarement, d’autres causes peuvent donner un tableau plus sévère (épiglottite, trachéite bactérienne), d’où l’importance des signes d’alerte.

Laryngite bébé, rhume, bronchiolite : comment différencier

Les infections respiratoires chez les tout-petits se mélangent facilement, surtout en hiver. Quelques repères simples :

  • Rhume / rhinopharyngite : nez bouché, écoulement, éternuements. La toux existe, mais pas typiquement « aboyante ».
  • Laryngite bébé : voix rauque, toux sèche aboyante, symptômes souvent plus marqués la nuit.
  • Bronchiolite : atteinte des petites bronches, gêne plutôt expiratoire, sifflements, râles à l’auscultation.

À quel âge survient la laryngite bébé (et quand est-ce plus fréquent) ?

Selon l’âge

  • 0–3 mois : la laryngite bébé est moins fréquente, mais on reste très vigilant. Le calibre des voies aériennes est petit, l’immunité immature : difficulté à boire, fièvre, gêne respiratoire = avis médical rapide.
  • 3–12 mois : infections virales répétées, symptômes parfois impressionnants la nuit.
  • Après 1 an : les tableaux type croup sont plus fréquents (souvent entre 6 mois et 3 ans).

Saisons et climat

Automne et hiver dominent : circulation des virus respiratoires, air plus sec, variations de température qui irritent les muqueuses.

Facteurs du quotidien qui favorisent les épisodes

Quelques « accélérateurs » connus :

  • exposition virale (crèche, fratrie) ,
  • irritants : fumée de cigarette (y compris sur vêtements), sprays, parfums d’intérieur, solvants ,
  • air trop sec ,
  • reflux gastro-œsophagien (RGO) (micro-remontées irritantes, surtout allongé) ,
  • terrain atopique (allergies, eczéma), voies aériennes plus réactives.

Causes possibles de la laryngite bébé

Viral : le scénario le plus courant

Dans la très grande majorité, la laryngite bébé suit un rhume. Les virus souvent impliqués :

  • virus parainfluenza (fréquent dans le croup),
  • VRS,
  • influenza (grippe),
  • adénovirus.

Bactérien : rare, mais à repérer

Plus rare, mais plus sévère :

  • épiglottite (beaucoup moins fréquente grâce à la vaccination Hib),
  • trachéite bactérienne (fièvre élevée, enfant très atteint, gêne importante).

Surinfection

Après un début viral, on y pense si : fièvre qui revient, altération de l’état général, symptômes qui s’aggravent au lieu de s’améliorer.

Reflux et irritation laryngée

Le RGO peut entretenir une inflammation : enrouement qui persiste, toux nocturne prolongée, épisodes répétitifs… et parfois signes digestifs (régurgitations, inconfort après repas).

Corps étranger : le piège à éviter

Début brutal, souvent pendant un repas ou un jeu, toux quinteuse, gêne atypique, parfois sans fièvre : ce contexte impose une évaluation rapide.

Symptômes typiques de la laryngite bébé (souvent nocturnes)

La triade classique :

  • voix rauque (enrouement),
  • toux aboyante (sèche, rauque),
  • parfois stridor.

Stridor : que signifie ce bruit ?

Le stridor est un son aigu à l’inspiration : l’air passe dans un larynx rétréci par l’œdème. Un stridor uniquement quand bébé pleure n’a pas la même portée qu’un stridor au repos.

Tirage et gêne respiratoire : comment les voir

Quand bébé « travaille » pour respirer, on peut observer :

  • creusement entre les côtes (tirage intercostal),
  • creusement au creux du cou (sus-sternal),
  • battement des ailes du nez,
  • respiration plus rapide, agitation… ou au contraire épuisement.

Fièvre, fatigue, alimentation

La fièvre est inconstante dans la laryngite bébé virale, souvent modérée. Le retentissement, lui, est très parlant : bébé boit moins, s’endort vite, s’énerve au sein/biberon. La déshydratation peut arriver vite chez un nourrisson.

Pourquoi la laryngite bébé s’aggrave souvent la nuit ?

Position allongée, muqueuses plus sèches, inflammation qui semble « gonfler » davantage : beaucoup de familles décrivent un réveil brutal, toux aboyante, respiration bruyante.

Signes de gravité : quand appeler en urgence

Face à une laryngite bébé, certains signes ne doivent pas attendre :

  • stridor au repos ou qui s’intensifie ,
  • tirage marqué, respiration très rapide, ailes du nez qui battent ,
  • lèvres bleutées (cyanose), teint gris/pâle ,
  • bébé très somnolent, difficile à réveiller, épuisé ,
  • pauses respiratoires (apnées) ,
  • impossibilité de boire, vomissements répétés avec prises quasi nulles.

Bébé qui bave et refuse d’avaler : alerte majeure

Hypersalivation, refus d’avaler, douleur, fièvre élevée, voix étouffée : on pense à une urgence type épiglottite. Dans ce contexte, ne tentez pas d’examiner la gorge. Appelez le 15 ou le 112.

Quand appeler le 15 / 112 ?

Appelez si : gêne respiratoire au repos, stridor persistant, cyanose, apnées, bébé très somnolent, bave avec refus d’avaler, aggravation rapide, ou impossibilité de boire.

Diagnostic médical : comment c’est évalué

Le diagnostic de laryngite bébé est surtout clinique. Le praticien s’intéresse à :

  • description de la toux (aboyante ?),
  • enrouement,
  • stridor (au repos ou non),
  • horaire nocturne,
  • fièvre,
  • retentissement sur l’alimentation,
  • exposition au tabac/irritants.

L’examen mesure la fréquence respiratoire, recherche le tirage, et contrôle souvent la saturation en oxygène.

Quand des examens sont discutés ?

  • tableau atypique,
  • suspicion de corps étranger,
  • évolution défavorable,
  • épisodes sévères ou très répétitifs (parfois avis ORL, fibroscopie selon décision médicale).

Traitement de la laryngite bébé : maison, médicaments, hospitalisation

Mesures à la maison (si forme légère et après avis médical si besoin)

Objectif : confort, hydratation, limiter l’agitation (qui majore la gêne).

  • Proposer des prises plus petites et plus fréquentes.
  • Maintenir une pièce aérée, température modérée.
  • Éviter l’air trop sec (humidification prudente, sans excès).
  • Position semi-assise si bébé est gêné (toujours en sécurité, sans calage dangereux).

Pour la fièvre/inconfort : paracétamol selon le poids et la notice (ou prescription). Aspirine interdite chez l’enfant.

Croup (laryngite sous-glottique) : traitements médicaux possibles

Si la laryngite bébé est plus marquée (stridor, tirage), le médecin peut proposer :

  • corticoïdes (souvent dexaméthasone en dose unique) pour réduire l’inflammation ,
  • adrénaline nébulisée en structure de soins si gêne importante (effet rapide, surveillance indispensable car les symptômes peuvent réapparaître).

Antibiotiques

Ils n’ont pas d’intérêt dans la laryngite bébé virale typique. Ils sont réservés aux suspicions bactériennes (épiglottite, trachéite) ou surinfection documentée.

Quand une hospitalisation est envisagée ?

  • stridor au repos,
  • tirage important,
  • saturation basse,
  • fatigue respiratoire,
  • déshydratation,
  • doute diagnostique ou suspicion de forme bactérienne sévère.

L’oxygénothérapie est utilisée si l’oxygénation est insuffisante.

Durée, contagion, récidives

Combien de temps dure une laryngite bébé ?

Souvent 3 à 7 jours. La toux aboyante s’améliore fréquemment en 48 heures, même si une toux résiduelle peut persister un peu.

Contagiosité et retour en collectivité

La laryngite bébé étant généralement virale, la transmission se fait par gouttelettes et mains/objets. Retour en crèche quand :

  • plus de fièvre,
  • respiration correcte au repos,
  • alimentation suffisante,
  • enfant en forme pour tenir la journée (et selon règles de la structure).

Laryngites répétées : quand chercher un terrain

Si épisodes fréquents ou sévères, on discute : exposition au tabac, irritants, RGO, terrain atopique, particularité anatomique (laryngomalacie, sténose), prématurité.

Prévenir : gestes simples, effets réels

  • Lavage des mains, mouchoirs jetables, nettoyage des objets partagés (tétines, jouets).
  • Aération quotidienne, limitation des sprays/parfums irritants.
  • Zéro fumée autour de bébé (y compris sur vêtements).
  • Vaccinations à jour, dont vaccination Hib (protection indirecte contre certaines infections graves).
  • Si suspicion de reflux : fractionner, éviter de coucher bébé juste après le repas, en parler au médecin si retentissement.

À retenir

  • La laryngite bébé associe souvent voix rauque et toux aboyante, avec aggravation nocturne possible.
  • Le croup (laryngite sous-glottique) donne plus volontiers stridor et gêne respiratoire, parfois nécessitant corticoïdes, voire surveillance.
  • Urgence si : stridor au repos, tirage important, lèvres bleutées, apnées, épuisement, impossibilité de boire, bave avec refus d’avaler, aggravation rapide.
  • La plupart des formes sont virales : hydratation, air non irritant, paracétamol si besoin, et avis médical si doute.
  • Des ressources existent pour accompagner les parents : vous pouvez aussi télécharger l’application Heloa pour des conseils personnalisés et des questionnaires de santé gratuits pour les enfants.

Les questions des parents

Peut‑on donner des sirops contre la toux à bébé ?

Pour les tout‑petits, beaucoup de sirops ne sont pas recommandés ou n’ont pas prouvé leur efficacité. Vous pouvez privilégier l’hydratation, des prises plus petites et plus fréquentes, et l’air légèrement humidifié. En cas de doute ou si la toux gêne vraiment, n’hésitez pas à demander un avis pédiatrique avant d’administrer un médicament.

Dois‑je continuer d’allaiter si mon bébé a une laryngite ?

Oui, l’allaitement apporte du réconfort et des anticorps utiles. Proposer des tétées plus courtes et plus fréquentes peut aider si la respiration est fatigante. Si bébé refuse le sein ou le biberon, ou s’il montre des signes de détresse respiratoire ou de déshydratation, contactez rapidement un professionnel.

La laryngite laisse‑t‑elle des séquelles sur la voix ou la respiration ?

La grande majorité des laryngites virales guérissent sans séquelle et la voix revient progressivement. En revanche, si l’enrouement persiste plusieurs semaines, si les épisodes se répètent souvent ou s’ils sont sévères, il convient d’en parler au médecin : un bilan (RGO, examen ORL) peut être proposé. Rassurez‑vous, des solutions existent et sont adaptées selon la situation.

Un couple de jeunes parents assis sur un canapé discute de conseils médicaux pour la laryngite du bébé lors d'une téléconsultation sur ordinateur portable.

Pour aller plus loin :

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