Par Heloa, le 13 février 2026

Comment protéger les enfants des écrans ?

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Comment protéger les enfants des écrans ?

Tous les parents sont à la recherche de la recette miracle pour savoir comment protéger les enfants des écrans. Mais revenons un peu en arrière, c’est très progressivement que les écrans sont entrés dans l’histoire. En revanche, c’est seulement depuis une trentaine d’années que la place détenue par les écrans est devenue si importante, avec son cortège d’effets aussi néfastes que pernicieux. Alors comment s’assurer que nous savons protéger les enfants des risques de la dépendances aux écrans ? Alors que ces mêmes  écrans occupent une place particulièrement importante dans nos vies puisque le temps que nous y consacrons est parfois supérieur à celui que nous consacrons à dormir !

Pourquoi faut-il protéger les enfants des écrans ?

Il est paradoxal que ce qui devait nous protéger ait fini par nous enfermer, et c’est bien sous cet aspect-là qu’il faut aborder la question.

Les écrans, lorsqu’ils sont nocifs, le sont la plupart du temps parce qu’ils nous enferment. En dehors des situations qui nécessitent une attention particulière comme l’épilepsie, les problèmes que posent les écrans sont essentiellement liés au temps que nous passons devant eux. Que remplacent-ils d’ailleurs ?

Dans un premier temps, le sommeil est retardé d’une heure en moyenne après l’utilisation d’écrans. Et ce, à condition que l’enfant ne se laisse pas entraîner par un jeu ou un film « addictif » dont il a bien du mal à s’extraire !

À cet égard, de nombreux adultes souffrent de cette addiction aux écrans. Ils décrivent des nuits entières passées à dévorer des séries ou à jouer à des jeux interactifs dont les partenaires habitent à l’autre bout du monde…

Ces moments devant un écran ont également une influence sur la qualité du sommeil. Ils modifient la durée de ses phases et entraînent des phases de sommeil lent et profond moins longues, ce qui se traduit par un sommeil moins réparateur. Donc, outre l’aspect quantitatif (durée du sommeil moins longue), l’utilisation des écrans induit des conséquences qualitatives (sommeil de moindre qualité, moins réparateur).

Que remplacent-ils d’autre ? Chez les enfants, l’apprentissage lors des premières années se fait principalement à travers les cinq sens et les repères temporels. Les structures cérébrales impliquées dans la psychomotricité sont les premières à arriver à maturation. Les 3 premières années sont donc fondamentales. C’est pourquoi les enfants ne devraient pas être exposés aux écrans avant 3 ans : il s’agit là des recommandations internationales.

Concernant le risque de surpoids, là encore les écrans remplacent bien trop souvent un temps qui, à une autre époque, aurait pu être consacré à une activité physique. Par ailleurs, grignoter des sucreries ou boire des sodas sucrés accompagne plaisamment ces longues heures passées devant l’écran…

Le recul pris sur l’épidémie de Covid permet d’avancer les nombreuses conséquences néfastes observées notamment chez l’enfant : prise de poids, troubles de la concentration pouvant induire de moindres performances intellectuelles… La responsabilité de ces deux fléaux incombe clairement à une consommation effrénée d’écrans associée à une bien moindre activité physique.

Mais grignoter devant un écran, pourquoi est-ce si bon ? Sous son apparente simplicité, cette question contient de nombreuses clés de la prévention de l’addiction aux écrans.

Pour ne pas alourdir le propos par une définition précise de l’addiction, voici deux éléments importants :

  • le « craving » (c’est-à-dire le fait de consommer plus d’écrans que l’on ne voudrait, en somme, avoir envie alors que l’on n’a pas vraiment envie) ;
  • et le fait de continuer malgré les conséquences négatives connues.

À ce jour, il n’y a pas de consensus sur l’existence d’addiction aux écrans avant l’adolescence. En revanche, dans les expériences comme celle de « Fortnite lag » (les enfants jouent et le jeu s’éteint subitement), certaines réactions mettent en lumière une perte de contrôle. C’est la première étape avant le « craving », l’apparition de conséquences négatives et l’incapacité de maîtriser sa consommation, trépieds de l’addiction.

Comment protéger les enfants des écrans ? Quels sont les bons usages ?

Le Haut Conseil de Santé Publique rapporte que les enfants de 3 à 6 ans sont devant un écran en moyenne 1 h 30 par jour. Les recommandations préconisent :

  • Pas d’écran avant 3 ans et 5 ans pour les écrans 3D;
  • Pas d’écran dans la chambre ;
  • Pas de télévision au moins une heure avant le coucher (c’est valable aussi pour les adultes !) ;
  • Consacrer davantage de temps aux activités psychomotrices ;
  • Savoir repérer les consommations excessives et les pertes de contrôle.

L’enfant met en place ses repères spatiaux et temporels à travers les 5 sens et les rituels. C’est pourquoi, dans l’idéal, les écrans sont à proscrire. Toutefois, les tablettes avec une fonction ludique peuvent parfois être proposées. Il est recommandé de débuter l’apprentissage de la régulation des écrans par le choix de programmes adaptés.

Voici quelques dates et quelques repères pour simplifier :

Entre 3 et 6 ans :

  • Pas d’ordinateur dans la chambre ;
  • Éviter de laisser l’enfant jouer seul à des jeux qui peuvent vite devenir compulsifs ;
  • Les ordinateurs et consoles doivent rester un support occasionnel de jeu en famille ou d’’apprentissage accompagné.

Entre 6 et 9 ans :

  • La télévision dans la chambre est toujours à éviter ;
  • Des règles claires doivent être établies ;
  • À partir de 8 ans, on peut autoriser un usage accompagné sur l’ordinateur familial (à paramétrer avec les filtres qui conviennent à une utilisation sécurisée).

Entre 9 et 12 ans :

  • Éviter la télévision et l’ordinateur dans la chambre ;
  • Déterminer l’âge à partir duquel l’enfant aura un téléphone mobile.

Après 12 ans : vous pouvez retrouver notre article spécifique ici 

  • L’enfant peut utiliser seul l’ordinateur si ce dernier contient les restrictions et le contrôle parental appropriés;
  • Les connexions nocturnes illimitées dans la chambre doivent être proscrites ;
  • Les questions du harcèlement, du plagiat et de la pornographie peuvent être abordées selon les niveaux de compréhension de l’enfant.

Campagne de prévention de la fondation pour l'enfance : pas d'écran le soir pour les enfants et les adolescents

Ces recommandations permettent de fournir un cadre à une utilisation raisonnée des écrans. Si elles ne sont pas toujours faciles à mettre en œuvre, c’est d’abord parce que votre enfant côtoie d’autres enfants, pour lesquels la réglementation domestique est peut-être plus souple… Mais c’est aussi lié au rapport que nous pouvons nous-mêmes entretenir avec les écrans et à l’exemple que nous donnons à nos enfants.

À cet égard, les très longues stations à la maison en télétravail devant notre ordinateur fournissent un exemple paradoxal aux enfants qui nous regardent. D’où l’intérêt de trouver, si c’est possible, un lieu à part pour s’installer (intitulé « bureau » pour qu’il n’y ait pas d’équivoque !).

Ces recommandations doivent servir de guide et être adaptées aux réalités et aux valeurs éducatives propres à chaque foyer. Si le comportement des enfants change lors de la tentative de mise en place de ces règles, c’est peut-être déjà un symptôme d’une mauvaise utilisation en train de s’installer. Les conséquences sur les comportements que peuvent entraîner les écrans sont parfois difficiles à appréhender et sont souvent source de conflits.

À l’aide des pistes données dans cet article, vous pourrez nourrir votre réflexion et trouver les bons arguments. Prenez le temps d’expliquer à votre enfant les raisons pour lesquelles vous fixez un cadre et des limites, et l’importance de ces règles.

Dr Guedalia Peretz ASSUIED
Pédopsychiatre
Pau

(*) « Projet écrans », Dr Pierre-Emmanuel ROZIER

Cet article est en partenariat avec la Fondation Pour L’enfance

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La Fondation pour l’Enfance est née en 2012 de la fusion de deux fondations : la Fondation pour l’Enfance créée par Anne-Aymone Giscard d’Estaing en 1977, et la Fondation Protection de l’Enfance. Les missions de la « nouvelle » Fondation pour l’Enfance ont été redéfinies en 2012, et sont : la lutte contre les violences faites aux enfants, le développement du parrainage de proximité et la sensibilisation autour des usages du numérique chez les enfants, et en particulier chez les tout-petits.

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En 2026, ils ont créé et lancé un jeu de carte, que vous pouvez télécharger gratuitement ici. Ce jeu de cartes invite parents et enfants à réfléchir ensemble, de manière ludique, à leur usage des écrans et à ouvrir un espace de dialogue Une manière simple et conviviale de se retrouver, loin des écrans, pour partager un moment de qualité en famille, sans tension. D’ailleurs, selon le baromètre « Enfance & Numérique », commandé par la Fondation pour l’Enfance et réalisé par l’Ifop auprès de 953 enfants, 35 % d’entre eux expriment le souhait de vivre davantage de moments sans écran.

 

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